# Les aviateurs fantômes du Norrland

[Voir sur uap.fun](<https://uap.fun/fr/encounters/ghost-fliers-1934/>)

DOSSIER 064 · 1933–1934

Publié: 6 octobre 2026

Pendant l’hiver 1933-1934, des habitants du nord de la Suède se mirent à voir un aéroplane qui n’aurait pas dû être là : des feux filant devant un phare en pleine tempête. L’armée de l’air envoya des Fokker sur skis à la chasse à l’aviateur fantôme ; une équipe de recherche norvégienne gravit une montagne pour un avion écrasé qui se révéla être une pierre. L’armée finlandaise conclut qu’aucune de ses lumières n’avait été un aéroplane.

![Photographie noir et blanc d’un biplan à moteur en étoile posé sur des skis dans une neige épaisse, tandis que six hommes en vêtements d’hiver sombres poussent et retiennent ses ailes et sa queue sur fond de ciel blanc et uniforme.](<https://uap.fun/ghost-fliers-1934-hero.webp>)

Un biplan de reconnaissance Fokker S 6 de l’armée de l’air suédoise, monté sur skis, qu’on aide à décoller de la neige à la base F 4 de Frösön en 1932 : le type d’appareil et l’escadre qui ouvrirent la chasse à l’aviateur fantôme dans les derniers jours de 1933. Photo : photographe inconnu, Flygvapenmuseum, Public Domain Mark, via DigitaltMuseum.

## EN UN COUP D’ŒIL

- **DATE:** De la fin novembre 1933 au début de mars 1934, avec un pic en janvier 1934 ; une seconde vague, plus modeste, pendant l’hiver 1936-1937
- **LIEU:** Le Norrbotten et le Västerbotten, dans le nord de la Suède, de Sorsele et des montagnes de Tärna à la forteresse de Boden et à la vallée de la Torne, avec des signalements du Helgeland au Finnmark en Norvège, ainsi que de Kemi et de la Laponie finlandaise
- **TYPE DE RAPPORT:** Observation de masse
- **RÉSOLUTION:** [Inexpliqué](<https://uap.fun/fr/encounters/?resolution=unexplained>)
- **STATUT DU DOSSIER:** L’état-major suédois a dit oui ; l’état-major finlandais a dit non

## L’histoire

### Un projecteur sur la montagne

L’histoire parut le 12 décembre 1933 dans l’Umebladet, un quotidien conservateur d’Umeå, sur le golfe de Botnie, et deux jours plus tard le journal stockholmois Nya Dagligt Allehanda tenait son récit. Il s’agissait de Gunnar Ågren, garde forestier de la Couronne dans la paroisse de Sorsele, au cœur de la Laponie, où la nouvelle ligne de chemin de fer de l’intérieur n’avait ouvert qu’à l’automne, « un fonctionnaire paroissial de confiance dont nul n’a besoin de douter de la fiabilité », et son histoire, admettait le journal, ressemblait à un roman d’aventures. Pendant la dernière semaine de novembre, il séjournait dans une ferme qu’il possédait à Fjällsjönäs, au bord du lac Fjosokken, tenue par une famille de métayers nommée Eriksson. Un soir, alors que le crépuscule tombait sur les grandes montagnes désertes, il aperçut au loin un aéroplane. Lui et les gens de la ferme le virent descendre lentement sur le champ de neige du plateau du Guvertefjället, y rester une dizaine de minutes, puis s’élever de nouveau, montrant des feux de position et un puissant projecteur dont il éclairait la neige ; il tourna ensuite pendant près d’une heure au-dessus de l’endroit où il s’était posé, le projecteur braqué vers le bas, avant de filer vers le nord le long de la voie ferrée. Les gens de Fjällsjönäs le virent chaque soir à la même heure pendant une semaine. La 4e escadre de l’armée de l’air, à Östersund, déclara n’avoir mené aucun exercice dans les montagnes du Västerbotten, et l’avion sanitaire de Boden n’était pas passé au-dessus des monts de Sorsele. Le 13 décembre, l’Umebladet avait les propres mots du garde : il avait revu la lumière la veille au soir, à cinq heures vingt, par temps brumeux, « une forte lueur » au loin vers la montagne, qui se déplaçait vite et tournait comme les autres soirs. Il ne pouvait affirmer avec certitude que c’était un aéroplane, ne l’ayant jamais vu qu’après la tombée de la nuit, mais « quelqu’un a avancé la théorie que ce serait une sorte de corps céleste, et c’est tout à fait absurde, qu’une telle chose tourne là-haut jour après jour ». Fjällsjönäs, concluait le journal, était soudain devenu le centre de l’intérêt de la presse. Le chef de la police du district voisin de Stensele, Liedén, déclara bientôt au Västerbottens-Kuriren que les premières observations remontaient au 17 novembre et que la lumière volante avait été vue « dans presque toutes les paroisses de Laponie, à Arvidsjaur, à Malå, à Vilhelmina, à Dorotea », ainsi qu’à Åsele, Tärna, Sorsele et Stensele ; à la mi-décembre, note l’historien suédois des ovnis Clas Svahn, son collègue de Sorsele affirmait que l’objet du Fjosokken devait être une aurore boréale, puisqu’on n’avait entendu aucun moteur. À Stockholm, le météorologue d’État, le Dr B. Rolf, proposa un autre candidat le 23 décembre. « Est-ce Vénus qui joue les contrebandiers d’alcool ? » demandait le titre ; à cette époque de l’année, expliquait-il, la lumière de la planète pouvait être d’un éclat inhabituel, et « on peut très bien croire qu’elle sautille et qu’elle danse ».

Sources: [Mystiskt flygplan över Lapplandsfjällen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1719836?page=1>) · [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Spökflygaren i Norrland](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836245?page=8>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Er det Venus som leker spritsmugler?](<https://www.nb.no/items/5dde959be6c2dbeefe3b66f59e99a2f0>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>)

![Photographie sépia d’une foule en pardessus et chapeaux rassemblée sur un quai de gravier devant une gare en bois sombre à un étage, avec un petit kiosque octogonal à gauche, un haut mât de signalisation et deux voies ferrées au premier plan.](<https://uap.fun/ghost-fliers-1934-sorsele-station.jpg>)

La gare de Sorsele le 30 septembre 1933, jour de l’ouverture du tronçon Arvidsjaur–Sorsele de la ligne de l’intérieur ; c’est dans le petit kiosque à gauche que se trouvait Olof Hedlund trois mois plus tard, quand un monoplan gris resta suspendu au-dessus de la gare avant l’aube. Photo : photographe inconnu, Järnvägsmuseet, Public Domain Mark, via DigitaltMuseum.

[Source de l’image](<https://digitaltmuseum.se/021018146959>)

[Public Domain Mark · Järnvägsmuseet](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### Les contrebandiers et le pilote de l’avion sanitaire

La première théorie fut l’alcool. La contrebande d’eau-de-vie à travers le golfe de Botnie était un commerce florissant, mené depuis des navires-mères vers les côtes suédoise et finlandaise, et les garde-côtes finlandais entretenaient un avion à Vaasa pour traquer les trafiquants. Deux jours après l’article de l’Umebladet, le seul aviateur en activité dans l’extrême nord, le sergent Gunnerfeldt, de l’avion sanitaire de Boden, livra à la presse son premier avis d’expert, puis, une semaine plus tard environ, un mémorandum : un avion de contrebandier pouvait transporter sa cargaison de la côte norvégienne, à Nordranen, jusqu’à Storuman, « 16 milles suédois, environ une heure de vol » (un mille suédois vaut dix kilomètres), pour un coût de fret d’« environ 90 öre le kilo », un peu moins d’une couronne. Le mémorandum fut longuement cité au Riksdag, le Parlement suédois, trois ans plus tard, par le social-démocrate Elof Lindberg, d’Umeå, qui fit remarquer que presque aucun journal n’avait reconnu l’autorité du sergent, que les reconnaissances de l’armée de l’air elle-même avaient vite montré l’inanité de sa théorie des atterrissages, et que Gunnerfeldt s’y était néanmoins obstiné « et avait fini par rallier à sa cause le commandant militaire, le général de division Reuterswärd ». L’avion sanitaire lui-même, un Junkers sur skis, figure dans les dossiers militaires parmi les choses que des témoins avaient prises pour l’intrus ; la veille de Noël, il effectua deux vrais vols, décollant à neuf heures et quart du soir dans une tempête de neige au-dessus d’Överkalix, où des feux de camp balisaient le terrain, pour aller chercher un garçon de dix ans blessé par un coup parti accidentellement d’un Browning.

Sources: [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Ett mystiskt flygplan över Kalixtrakten](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836201?page=3>) · [En spennende flyvning](<https://www.nb.no/items/95f9dd1180209f4a09d0cd9aea8de368>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>)

![Photographie noir et blanc de soldats à skis, sac au dos et bâtons en main, debout à côté d’un monoplan Junkers en tôle ondulée monté sur skis et marqué de trois couronnes dans une cocarde, sur un champ de neige devant une colline boisée.](<https://uap.fun/ghost-fliers-1934-ambulance-plane.jpg>)

Des soldats à skis auprès d’un avion sanitaire Junkers W 34 de l’armée de l’air suédoise, photographiés entre 1934 et 1945. L’avion sanitaire de Boden était le seul appareil qui volait normalement dans l’extrême nord pendant l’hiver 1933-1934, et son pilote, le sergent Gunnerfeldt, rédigea le premier mémorandum sur l’aviateur fantôme. Photo : photographe inconnu, Flygvapenmuseum, Public Domain Mark, via DigitaltMuseum.

[Source de l’image](<https://digitaltmuseum.se/0210111481304>)

[Public Domain Mark · Flygvapenmuseum](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### La veille de Noël au-dessus de Kalix

La veille de Noël, entre cinq et six heures de l’après-midi, un appareil arriva du golfe de Botnie, passa au-dessus de Skagsudden, sur la côte de Kalix, et poursuivit vers l’ouest, « portant un projecteur dont le faisceau balayait le paysage », selon la dépêche de l’agence de presse finlandaise envoyée de Luleå. De l’île de Storön, au large de Kalix, on signala un avion antérieur, qui avait traversé d’est en ouest tard dans la soirée du 2 décembre (certains journaux de langue finnoise imprimèrent par erreur le 23 décembre), et le Norrbottens-Kuriren en exhuma de plus anciens : un avion de l’État finlandais au-dessus de la côte à midi, à la mi-octobre, un appareil vu filant vers l’est par le personnel du phare de Malören le 7 novembre. La population, disait la dépêche de Luleå, était convaincue que ces visites avaient à voir avec la contrebande d’alcool depuis les navires du golfe. De l’autre côté de la frontière, on essayait la même explication sur le sol norvégien. Le 28 décembre, le chef de la police de Mosjøen, Ole Tobias Olsen, déclara à l’Aftenposten qu’un aéroplane avait visité Lyngvær, un lieu isolé sur l’une des îles les plus éloignées du Helgeland, « connu comme un vieux nid de contrebandiers », au moins trois fois en décembre, le 12, le 14 et pendant les fêtes de Noël ; le shérif de Vik partit pour l’endroit à bord d’un garde-côte des douanes, fut repoussé par une tempête et, une fois arrivé, ne trouva rien. Le vendredi 29 décembre, vers six heures du soir, des habitants de Joesjön, à Tärna, virent la lumière franchir la frontière en direction de Hattfjelldal, et cette nuit-là le shérif de Hattfjelldal et sa femme virent des lumières passer haut au-dessus d’une montagne, vers Vik. Dans les derniers jours de décembre, le gouvernement commença à préparer des mesures à Stockholm, et la 4e escadre aérienne d’Östersund reçut l’ordre télégraphique de se mettre en rapport avec la police. Le 30 décembre, deux automobilistes, sur la route à Muorjevaara, à l’est de Gällivare, virent l’appareil passer à 50 ou 60 mètres, « tout à fait distinctement ». Et le 2 janvier, le Washington Times apprit à ses lecteurs que les aviateurs de l’armée suédoise avaient reçu l’ordre de pourchasser un mystérieux aéroplane aperçu depuis plusieurs semaines au-dessus de la Laponie, et entendu dernièrement volant vers la Norvège dans une violente tempête de neige. « On pense qu’il s’agit d’un contrebandier. »

Sources: [Ett mystiskt flygplan över Kalixtrakten](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836201?page=3>) · [Luulajan tullinhoitaja syyttää merivartiostomme koneita aiheettomasti](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1831215?page=4>) · [Det mystiske fly har besøkt Lyngvær](<https://www.nb.no/items/28ce39bf732a4fd5f01fbbfc5f443971>) · [Spökflygaren i Norrland](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836245?page=8>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 2](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/91.FSR_djvu.txt>) · [Major von Porat rapporterer til general Virgin](<https://www.nb.no/items/72d9ddd559c54fc062a085748a0c2c58>) · [Swedish Army Fliers Hunt Mystery Plane](<https://www.loc.gov/resource/sn84026749/1934-01-02/ed-1/?sp=5>) · [Svar å interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O8.text>)

### Un monoplan gris au-dessus de la gare

Le plus circonstancié des premiers signalements vint de Sorsele, au Nouvel An. Olof Hedlund, un jeune employé de la société des kiosques de Vilhelmina, était allé tard dans la nuit vérifier le stock d’imprimés du kiosque de la gare de Sorsele. « Pendant que j’étais là-dedans, raconta-t-il au journal d’Oslo Dagbladet, j’entends soudain un bruit étrange qui semblait venir d’en haut, du ciel. » Au-dessus du bâtiment de la gare planait un grand aéroplane dont il distinguait nettement la silhouette, bien plus grand que les appareils militaires qu’il avait vus là-haut, avec une seule aile et une cabine entièrement fermée ; il n’avait pas de roues, « soit des flotteurs, soit des skis », et « des silencieux étonnamment bons », si bien qu’il ne faisait presque aucun bruit. Il était trois heures et demie du matin. Le Västerbottens-Kuriren ajouta qu’il était gris et dépourvu de toute marque d’identification, et qu’il avait plané au-dessus de Sorsele moteur coupé, au clair de lune ; les dépêches finlandaises le décrivirent comme un grand monoplan gris sur skis ou flotteurs, sans la moindre lettre, et le résumé de Keel ajoute qu’il fit trois fois le tour de la gare avant de repartir vers le nord le long de la voie ferrée. Hedlund, notait le reporter de Dagbladet, avait fait son service militaire dans l’aviation et « devrait savoir de quoi il parle ». Mais un policier qui lui parla le lendemain affirma que l’homme n’avait alors pas soufflé mot d’un quelconque avion mystérieux, et le préposé de la gare, Emil Strand, n’avait rien remarqué. Lindberg disséqua plus tard l’histoire au Riksdag : l’employé de service cette nuit-là, qui en avait passé une bonne partie dehors, dans la cour, n’avait ni vu ni entendu d’appareil, et le commis des postes qui avait rencontré le gérant du kiosque juste après sa prétendue visite d’un quart d’heure avait parlé avec lui de choses et d’autres « sans laisser entendre d’un seul mot qu’il avait eu la chance d’être le premier à avoir réellement vu l’aviateur fantôme en chair et en os » ; ce n’est que plus tard dans la matinée qu’il avait éprouvé le besoin de le proclamer. « Qu’on l’ait d’abord gobé à Boden, c’est pourtant chose connue. » On le goba aussi à Östersund. Le 2 janvier, le major Gösta von Porat, de la 4e escadre aérienne, rapporta au chef de l’armée de l’air, le général Eric Virgin, que plusieurs personnes avaient vu l’appareil et la lueur de son projecteur à diverses reprises, parmi elles deux anciens appelés de sa propre escadre ; l’avion était manifestement venu de Norvège et avait survolé les lacs, en particulier le Storuman, à l’intérieur d’un triangle délimité par Tärna, Stensele et Sorsele, et il comptait envoyer trois avions dès que l’administration du comté en ferait la demande. « Selon toute apparence, ce doit être un avion qu’on a vu dans les montagnes du désert », déclara Virgin à Dagbladet ; il avait douté de son existence aussi longtemps qu’il l’avait pu. Une recherche depuis Östersund, à 400 kilomètres à l’intérieur des terres sauvages, serait « une affaire importante et coûteuse », exigeant des dépôts d’essence et d’huile dans les montagnes, et la base de l’avion se trouvait « sûrement du côté norvégien ».

Sources: [Olof Hedlund forteller om spøkelsesflyet over Sorsele](<https://www.nb.no/items/33ec11dfe69fc10ae90e8dcc41995d24>) · [Frk. Gidsken Jakobsen om spøkelsesflyene](<https://www.nb.no/items/e25f4bebe7eee4aedaca74f92ddaa11d>) · [Major von Porat rapporterer til general Virgin](<https://www.nb.no/items/72d9ddd559c54fc062a085748a0c2c58>) · [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 2](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/91.FSR_djvu.txt>)

### Une pluie de signalements

« Les signalements affluent aussi drus que les gouttes d’une averse », écrivit le Norrbottens-Kuriren le 8 janvier 1934, et Svahn dit que certains jours il en arriva plus d’une centaine. À Luleå, on prit le moteur de l’autobus de Karlsvik pour un aéroplane ; un homme de Notviken prit un signal de chemin de fer pour un avion fantôme volant à basse altitude ; le 10 janvier, la rumeur qu’un appareil s’était posé à Sunderbyn envoya sur place une caravane de voitures. Des touristes à Gällivare, des chasseurs de Malmberget et un chauffeur de Luleå signalèrent tous, le même jour, un monoplan gris clair très rapide, d’une envergure remarquable et sans marques. Le 9 janvier, peu avant six heures du soir, Viktor Rhén et deux amis, à Liikavaara, observèrent « une étoile en mouvement, qui montait et descendait dans l’espace au-dessus des montagnes à l’ouest » ; au bout de cinq minutes environ, elle fit demi-tour, et ils furent certains qu’il devait s’agir d’un aéroplane, bien qu’« on n’entendît aucun bourdonnement de moteur à cause de la grande distance ». Dans près de neuf signalements sur dix, note Svahn, il faisait si sombre qu’on ne voyait que « les feux de position et les projecteurs ».

Sources: [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>)

### Rouge et vert au-dessus de Holmögadd

Le plus frappant des signalements côtiers vint du phare de Holmögadd, à l’entrée du détroit du Kvarken. À huit heures moins trois, le soir du 6 janvier, tel que Lindberg le reconstitua plus tard d’après le récit même du gardien, le gardien Ruthqvist vit une lumière étrange se diriger vers le phare, appela son personnel et sa famille, et en une demi-minute sept personnes observaient deux lumières, l’une rouge, l’autre verte, qui approchaient rapidement. Il soufflait une véritable tempête et le ressac grondait si fort qu’on n’aurait pu entendre aucun moteur, même juste au-dessus de soi. Les lumières passèrent à environ 600 mètres au large, à quelque 400 mètres d’altitude, et plongèrent brusquement à 150 mètres au large des îlots de Valsöarna. Puis elles remontèrent et, à 20 h 02 précises à la montre du gardien, disparurent vers l’est-nord-est au-dessus de la mer, en direction de la Finlande. Au même moment, le garde-côte Nyman, à Holmön, vit une étrange lumière rouge en direction du phare, « tout à fait comme la lueur d’un pot d’échappement », et des gens de Täfteå, sur le continent, la virent aussi. Les garde-côtes finlandais furent alertés et postèrent des guetteurs dans chaque station de la côte d’Ostrobotnie. Personne n’y vit rien dans la neige. L’aviateur revint le soir du mardi 9 janvier. Vers 21 h 40, le gardien Sandberg vit les feux rouge et vert foncer au-dessus du Kvarken occidental, à une cinquantaine de mètres au-dessus de l’eau, droit sur la tour éclairée, et rameuta toute la station ; tous les sept regardèrent l’appareil virer au nord-est en passant devant Gaddströmmen, monter à une centaine de mètres, faire un virage serré à sept ou huit milles marins au large et revenir droit sur le phare. Puis il se mit à tourner autour de l’île de Grossgrundet, « tour après tour », pendant près d’une heure. « Il était clair que l’aviateur cherchait quelque chose », rapporta Lindberg, bien qu’on ne pût voir depuis la tour ni navire ni signal. Dans les virages, les deux feux d’aile se fondaient en un seul, et les gardiens crurent distinguer une « lumière intérieure », le tableau de bord éclairé devant le siège du pilote ; le vent, de cinq mètres par seconde, soufflait exactement dans l’axe de la course de l’appareil, si bien qu’on n’entendait aucun moteur. Enfin il monta en spirale serrée jusqu’à environ 1 500 mètres, vira à l’est et s’éloigna au-dessus du Kvarken vers 22 h 55, une heure et quart après son arrivée.

Sources: [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Spökflygaren på väg mot Finland i fredags · Svenskt plan förolyckat](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924220?page=1>) · [Spökflygaren · Gidsken Jakobsen och löjtnant Nissinen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836373?page=4>)

![Détail d’une page de journal jaunie aux grands titres noirs en suédois annonçant que l’aviateur fantôme se dirigeait vers la Finlande vendredi, qu’il avait été observé depuis le phare de Holmö et que les garde-côtes, alertés, n’avaient rien vu dans la neige, avec en dessous un titre plus petit sur un avion suédois accidenté.](<https://uap.fun/ghost-fliers-1934-svenska-pressen.jpg>)

La une de Svenska Pressen, à Helsinki, le lundi 8 janvier 1934 : l’aviateur fantôme aperçu depuis le phare de Holmö, cap sur la Finlande, et, en dessous, un avion de l’armée suédoise lancé à sa poursuite, accidenté sur un lac à Tärna. Texte de presse anonyme publié en 1934, tombé dans le domaine public en Finlande, via les collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande.

[Source de l’image](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924220?page=1>)

[Public domain by age · National Library of Finland](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/terms>)

### La chasse

L’armée de l’air suédoise de 1934 était petite, équipée de biplans, et ne possédait aucune base dans le nord. L’historien de l’aviation Jan Waernberg, qui dépouilla les dossiers dans les années 1990, découvrit que les premières reconnaissances furent menées par deux, puis quatre, biplans Fokker S 6 de la 4e escadre aérienne (F 4), venus de Frösön, près d’Östersund, et montés sur skis, rejoints par le Viking, un avion léger appartenant au journal Stockholms-Tidningen, dont l’équipage vit la lumière à Vilhelmina, décolla à sa poursuite et la perdit. En janvier, quelques avions de la 1re escadre de Västerås furent transférés à Umeå et à Holmsund, sur la côte. Ce fut un vol impitoyable. Eric Hemtke, observateur à la place arrière d’un S 6, fut rappelé de sa permission de Noël avec une précipitation qu’il ne connut plus jamais, disait-il, « pas même pendant la Seconde Guerre mondiale » ; il neigeait, il faisait moins 18, et son avion s’écrasa lors de sa première mission, le pilote et l’observateur en réchappant « par pur miracle ». Quand son commandant se posa sur un lac pour demander à une ferme où ils se trouvaient, les occupants refusèrent d’ouvrir la porte « par peur de l’aviateur fantôme », prenant les aviateurs en peaux d’ours, parachutes et masques pour la chose elle-même. Le dimanche 7 janvier, l’un des trois avions d’Östersund, qui s’était posé sur un lac à Tärna, capota en tentant de redécoller de la glace. Svenska Pressen, d’après Dagens Nyheter, rapporta qu’il était monté dans une violente bourrasque de neige qui avait plaqué une aile vers le bas à cinquante mètres et l’avait retourné sur le dos, l’appareil « complètement détruit » et l’équipage presque indemne ; un journal norvégien écrivit qu’il s’était couché sur le flanc sur la glace, avait brisé une aile et envoyé le pilote à l’hôpital de Tärna. Il repartit pour Umeå sur un camion. Waernberg compte six accidents en tout. Le 11 janvier, le ministre de la Défense, Ivar Vennerström, résuma le rapport secret de l’armée de l’air : le chef de la 4e escadre avait conclu le 10 janvier qu’aucune base aérienne secrète décelable depuis les airs n’existait dans les zones fouillées, qu’aucun signalement d’aviateurs inconnus n’était parvenu au ministère depuis la zone de la forteresse de Boden ou toute autre zone interdite, et les autorités finlandaises disaient n’avoir reçu aucun signalement. Le ministre ne voyait aucune raison de prendre d’autres mesures. Le 20 janvier, l’Aftenposten rapporta que l’armée de l’air suédoise comptait mettre bientôt fin aux recherches s’il ne se passait rien de nouveau ; qu’il y eût eu deux avions mystérieux était « considéré comme établi », mais depuis que les autorités suédoises avaient commencé leur travail intensif, « les aéroplanes ne se sont plus montrés ».

Sources: [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) · [Spökflygaren på väg mot Finland i fredags · Svenskt plan förolyckat](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924220?page=1>) · [Svensk militærfly havarert i Tärna](<https://www.nb.no/items/d6501fd749662df4907de348174a3b6a>) · [Spökflygaren. Svenska flygvapnets rapport](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836368?page=5>) · [Det svenske flyvevåben akter å slutte eftersøkningen](<https://www.nb.no/items/6df524575a60f164d9c8e5467032bc1f>) · [Olof Hedlund forteller om spøkelsesflyet over Sorsele](<https://www.nb.no/items/33ec11dfe69fc10ae90e8dcc41995d24>)

### La suggestion collective du général Virgin

Virgin, officier de l’armée de terre âgé de 57 ans qui dirigeait la jeune armée de l’air depuis 1931, changeait de ligne d’une semaine à l’autre. Le 10 janvier, il déclara à l’Örnsköldsviks-Posten qu’il ne croyait pas à l’hypothèse d’expériences russes, « bien que je doive admettre que nous ne savons pratiquement rien de ce dont il s’agit réellement », ni d’ailleurs à un contrebandier d’alcool. « Il est également clair pour moi qu’il doit s’agir de plus d’un appareil, mais de quoi il retourne, je n’ose me prononcer. Les avions doivent avoir un dépôt, et celui-ci se trouve, à mon avis, hors du pays, mais ne peut être en Russie » : peut-être, admit-il quand on le lui demanda, sur la côte norvégienne ou quelque part dans le golfe de Finlande. Le lendemain, à Härnösand, il déclara qu’on pouvait tenir pour établi qu’un avion étranger avait été vu au-dessus du Västerbotten quelque temps auparavant, ce qui n’avait en soi rien de remarquable, puisqu’un appareil dûment immatriculé avait parfaitement le droit de survoler le territoire suédois, sauf les fortifications. Le reste lui paraissait curieux : « que cette illusion collective d’apparitions de machines volantes ait pu naître sur la foi des lumières plus ou moins mystérieuses que les gens ont cru voir dans le ciel. L’ensemble doit être qualifié de climat de panique d’une ampleur inhabituelle et de suggestion collective. » Svahn en donne le texte plus complet : « Il doit être clair pour tout le monde que ce serait pur enfantillage, pour un aviateur qui aurait quelque chose à cacher, de se montrer sans cesse au-dessus de lieux densément peuplés, projecteur et feux bien visibles. Un contrebandier d’alcool ou un espion se comporterait-il vraiment ainsi ? » La presse se divisait déjà selon les partis. Anders Liljegren, qui lut plus tard une douzaine de journaux suédois sur tout l’hiver, constata que la presse de droite montait les incidents en épingle et accusait les Russes, tandis que la gauche penchait vers le scepticisme ou accusait les Allemands. À la mi-janvier, l’envoyée soviétique à Stockholm, Alexandra Kollontaï, démentit les rumeurs, son collègue d’Helsinki, Boris Stein, qualifia l’affaire de « sensation journalistique fabriquée », et au début de février l’agence Tass déclara « provocatrices » les affirmations des journaux finlandais sur des avions soviétiques, puisque « il va sans dire qu’aucun avion soviétique russe n’a survolé le territoire norvégien, suédois ou finlandais ». Le communiste Hilding Hagberg, de Luleå, révéla au Riksdag le 2 février d’où venait l’histoire russe : un journaliste de l’Umebladet, qui était aussi le correspondant local de TT, l’agence de presse suédoise, avait écrit une ligne sur des aviateurs russes pour plaisanter au bureau, et l’avait vue partir par accident en une du Västerbottens-Kuriren. « Me voilà dans le pétrin », lui avait dit l’homme.

Sources: [Spökflygaren · Gidsken Jakobsen och löjtnant Nissinen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836373?page=4>) · [En sällsynt utbredd panikstämning och en massuggestion](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836359?page=3>) · [Spökflygarna höra icke hemma i Ryssland anser general Virgin](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1887981?page=3>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Spökflygaren under militär observation](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924306?page=1>) · [Tass dementerer](<https://www.nb.no/items/90f199e8cf5bd9a2b684f41fc6a759e4>) · [Svar å interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O8.text>) · [Eric Virgin (militär)](<https://sv.wikipedia.org/wiki/Eric_Virgin_(milit%C3%A4r)>)

![Portrait officiel en noir et blanc, en studio, d’un homme d’âge mûr aux cheveux gris plaqués en arrière, en uniforme sombre croisé orné d’une rangée de rubans, regardant légèrement vers la gauche avec un léger sourire.](<https://uap.fun/ghost-fliers-1934-virgin.jpg>)

Le général de division Eric Virgin, chef de l’armée de l’air suédoise de 1931 à juin 1934, qui qualifia l’aviateur fantôme de « climat de panique d’une ampleur inhabituelle et de suggestion collective » le 12 janvier 1934. Portrait encadré, photographe inconnu, Flygvapenmuseum, Public Domain Mark, via DigitaltMuseum.

[Source de l’image](<https://digitaltmuseum.se/021016538137>)

[Public Domain Mark · Flygvapenmuseum](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### Au-dessus de la zone interdite

Puis l’aviateur se rendit à Boden. La forteresse, un anneau de forts sur les collines dominant le fleuve Lule, était le cœur stratégique du nord, et l’espace aérien au-dessus d’elle était fermé à tout appareil. Vers le 20 janvier, comme le Premier ministre l’expliqua plus tard au Riksdag, arrivèrent les premiers signalements de survols de la zone interdite, et avec eux, selon les mots de Lindberg, le vol fantôme « devint une affaire militaire » où « le point de vue de l’espionnage dominait » ; le dimanche 21, les frères Grahn, marguilliers à Vindeln, observèrent en plein jour ce que l’un d’eux appela le plus grand appareil qu’il eût jamais vu, gris et apparemment doté de deux ailes, et à Haparanda le chef des douanes, Ström, affirma qu’il ne faisait aucun doute qu’un aviateur fantôme avait tourné au-dessus de la ville, son moteur « si bruyant qu’il pénétrait jusque dans les pièces ». À midi, le lundi 22 janvier, « une trentaine d’hommes de la garnison de Boden », rentrant d’un exercice, virent un appareil volant très haut qu’ils prirent pour l’aviateur fantôme et dont ils étaient sûrs qu’il n’était pas suédois ; le commandant de la forteresse balaya l’affaire comme un on-dit. Mais son supérieur, lui, n’en fit rien. Les 26 et 27 janvier, le commandant militaire du Haut-Norrland, le général de division Pontus Reuterswärd, un fantassin de 62 ans qui avait lui-même commandé Boden jusqu’à l’année précédente, déclara au Norrbottens-Kuriren et à la presse finlandaise que « des aéronefs ont été observés par des personnes dignes de foi, militaires aussi bien que civiles, de sorte qu’on peut considérer comme établi que des vols ont réellement eu lieu dans la zone interdite », que seuls des avions plus rapides que les intrus pourraient tenir la zone dégagée, et que, faute de moyens, aucune action efficace n’avait été possible. La garnison se mit en alerte. Sven Karlsson, alors jeune sous-officier au régiment d’artillerie A 8 de Boden, raconta à Svahn en 1989 comment le colonel Lagerfeldt lui ordonna de mener une patrouille de six appelés sur sept kilomètres à skis jusqu’au sommet du Degerberget pour servir un projecteur de 90 centimètres, chaque patrouille arrivant au crépuscule, peu après une heure de l’après-midi, et étant relevée un jour plus tard. « Quand on était là-haut, il était facile de voir toutes sortes de choses », dit-il ; les soldats prirent plus d’une fois la Grande Ourse pour quelque chose de mystérieux. « Mais il arrivait aussi qu’on entende un bruit d’avion. En général, ils allaient de l’est ou du sud-est vers le nord-ouest. Mais nous n’avons jamais vu les avions eux-mêmes. » Il entendit des moteurs quatre ou cinq fois ; une sonnette retentissait en bas dans l’abri creusé dans la roche, et le temps qu’il monte en courant, en bottes et en fourrure, le bruit avait disparu. Le jour même de la déclaration de Reuterswärd, le chef de la droite, l’amiral Arvid Lindman, adressa une interpellation au Premier ministre : « L’opinion publique exige la clarté et veut voir son inquiétude apaisée. » Le 30 janvier, à la demande de Reuterswärd, des chasseurs reçurent l’ordre de gagner Boden, des Bristol Bulldog de la 1re escadre de Västerås, quatre selon le Premier ministre, trois selon les dépêches. Une chaîne de postes d’observation terrestres fut organisée à travers le Norrbotten et le Västerbotten, des unités d’interception radio furent amenées du sud, et les attachés militaires dans les capitales voisines reçurent l’ordre de recueillir tout ce qu’ils pourraient.

Sources: [30 man i Boden se spökflyg](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1719759?page=1>) · [Mystisk fyrbåk av snö · Brinnande fallskärm över Siljan · Tullförvaltare Ström i Haparanda](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836387?page=1>) · [Kenraalimajuri Reuterswärd: lennot kielletyllä alueella toteennäytetty](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1896590?page=3>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O6.text>) · [Svar å interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O8.text>) · [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Pontus Reuterswärd](<https://sv.wikipedia.org/wiki/Pontus_Reutersw%C3%A4rd>)

![Photographie noir et blanc d’un chasseur biplan monoplace portant des cocardes à trois couronnes et le numéro 1217 sur le fuselage, posé sur l’herbe devant un hangar à toit cintré, avec un second biplan derrière lui.](<https://uap.fun/ghost-fliers-1934-bulldog.jpg>)

Un Bristol Bulldog, le J 7 suédois, numéroté 1217, avec un Phönix Dront derrière lui, à F 1 Västerås, vers 1932-1935. Des Bulldog de Västerås reçurent l’ordre de gagner Boden le 30 janvier 1934, dans une région qui ne disposait ni de chasseurs ni de base aérienne. Photo : photographe inconnu, Flygvapenmuseum, Public Domain Mark, via DigitaltMuseum.

[Source de l’image](<https://digitaltmuseum.se/0210113294574>)

[Public Domain Mark · Flygvapenmuseum](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### Des lumières au large de Kemi

La Finlande avait ri la première. Dans le Hufvudstadsbladet du 11 janvier, l’aviateur Väinö Bremer, capitaine, relayant les propos du lieutenant Nissinen, chef de l’aviation des garde-côtes, selon qui les pilotes n’avaient jamais été vus en Finlande, exposait les difficultés : un avion terrestre ne pouvait pas se poser sur un tel terrain, un hydravion ne pouvait pas amerrir sur des lacs gelés, les skis restaient la seule possibilité, et même alors il était « absolument incompréhensible » que personne n’eût trouvé leurs terrains d’atterrissage ou leurs dépôts d’essence. « La seule possibilité serait tout simplement que les machines aient été lancées depuis un navire-mère équipé d’une catapulte. » Trois jours plus tard, le lieutenant-colonel A. J. Svensson, de l’état-major général, jugeait que l’explication la plus vraisemblable était celle d’aviateurs venus de l’ouest, opérant « avec un porte-avions au large, dans l’Atlantique », tandis que des aviateurs japonais installant des dépôts d’essence secrets étaient « tout à fait improbables ». Puis, le mardi 23 janvier, à six heures et quart du soir, une lumière apparut en mer au large de Kemi, tout au fond du golfe : d’abord seulement la lueur d’un échappement, puis, à mesure que les yeux s’habituaient, toute la silhouette d’une machine, qui croisa devant la ville pendant environ une demi-heure, toujours au-dessus de la mer, avant de s’évanouir vers le sud. Les rédacteurs du Pohjolan Sanomat l’observèrent depuis les lucarnes des combles de leur propre immeuble, en compagnie de deux notables de passage, le conseiller Antti Junes et l’agronome Heikki Lampén, et un inspecteur des frontières vérifia auprès des Suédois qu’il ne s’agissait d’aucun de leurs appareils. Le même soir, une machine portant les mêmes feux fut aperçue très haut au-dessus de l’église d’Övertorneå, en route vers Boden, et une autre à Pello, dans la commune de Turtola, passant du côté suédois : « des aviateurs fantômes ont donc été vus au même moment à Kemi, à Övertorneå et à Turtola ; ils doivent donc être trois ». Le colonel Tauno Ilmoniemi, commandant du district militaire d’Ostrobotnie du Nord, se rendit à Kemi ; les avions n’avaient été vus que par la police locale et les gardes-frontières, dans l’obscurité, fit-on savoir à la presse, et le chef de l’état-major général, Lennart Oesch, laissa entendre que la garde-frontière avait reçu depuis longtemps l’ordre de surveiller le ciel, tout en refusant de donner son propre avis.

Sources: [Spökflygaren · Gidsken Jakobsen och löjtnant Nissinen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836373?page=4>) · [De mystiska flygarna icke setts till i Finland](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924186?page=1>) · [Salaperäinen lentokone Kemin edustalla](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1831213?page=4>) · [Spökflygare ha alltså samtidigt setts i Kemi, Övertorneå och Turtola](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836325?page=3>) · [Spökflygaren under militär observation](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924306?page=1>)

### La balise sur la glace

Le 26 janvier, des pêcheurs de Maksniemi découvrirent sur la glace, à un demi-kilomètre au large de Ruumiskari, une balise : une tour de neige haute d’un mètre, durcie par le gel, surmontée d’une lanterne-tempête à laquelle on avait soudé un bidon d’alcool de dix litres en guise de réservoir de pétrole. Visible à quelque dix kilomètres en mer, elle avait brûlé jour et nuit du 11 au 14 janvier, jusqu’à épuisement du combustible, et des traces de skis et de pas menaient vers la terre ferme. On ne sut jamais qui l’avait construite. Le 3 février, Ilmoniemi organisa une reconstitution : à 19 h 35, un Fokker de l’armée suivit au large de Kemi le même trajet que l’aviateur fantôme le 23 janvier, trois fois de suite, feux allumés, et Junes, les trois rédacteurs et les autres témoins déclarèrent que les lumières étaient « exactement les mêmes que le 23 janvier, quoique un peu plus faibles ». Le colonel en conclut qu’« une machine volante inconnue s’est réellement déplacée au-dessus de Kemi » ce soir-là, tandis que le bruit de moteur entendu à Karihaara le 31 janvier « provenait manifestement de l’un de nos propres appareils ». Le 10 février, Oesch déclarait, dans une mise au point reprise par le journal de Kemi, que la plupart des signalements du Nord s’étaient révélés faux, que certains faisaient penser à un avion inconnu, et que les seuls cas plus solides étaient ceux de la frontière orientale, où l’on avait vu la silhouette d’un appareil et clairement entendu ses moteurs, « d’où l’on peut conclure que ces machines étaient soviétiques russes », même si, ajoutait-il, on ne pouvait pas encore en être tout à fait certain, même pour celles-là.

Sources: [Mystisk fyrbåk av snö · Brinnande fallskärm över Siljan · Tullförvaltare Ström i Haparanda](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836387?page=1>) · [Överste Ilmoniemi meddelar: spökflygningen över Kemi rekonstruerad](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836369?page=6>) · [Kenraali Oeschin lausunto kummituslentäjistä · Fagerfjäll](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1892682?page=1>)

### Le serpent de mer des airs

La Norvège, avec sa longue côte découpée de fjords et d’îles, connut la plus riche moisson de signalements, et sa presse baptisa la chose « le serpent de mer des airs ». Deux voix donnèrent le ton dès le début. Hjalmar Riiser-Larsen, l’aviateur polaire, rappela dans le Morgenbladet du 3 janvier qu’en 1915 des habitants du Trondheimsfjord avaient été « si absolument sûrs d’avoir vu un avion » qu’il avait enquêté, pour découvrir deux petits garçons sortis se promener un soir d’automne avec une lanterne. « Les gens voient tellement de choses incroyables dans le ciel », dit-il ; les observations signalées se situaient toutes sur une même latitude, ce qui évoquait une planète, et il serait étrange qu’une machine en mission illicite continue de se montrer tous feux allumés. Gidsken Jakobsen, l’aviatrice de Narvik, soutint le contraire. « Vous me demandez si je crois à l’existence de l’aviateur fantôme ? Oui, vous pouvez en être sûr ! » déclara-t-elle par téléphone au Hufvudstadsbladet. Il n’y en avait pas un mais plusieurs, au moins quatre, des aviateurs russes ou peut-être japonais « qui répandent de la propagande communiste ou qui espionnent », et elle avait demandé au gouvernement de mettre en mouvement ses troupes aériennes ; cinq jours plus tôt pourtant, au journal Helgeland, elle avait parlé de deux grands Junkers, l’un sur skis et l’autre sur flotteurs, en regrettant que son propre appareil attende des pièces d’Allemagne. Autour de Rørvik et des îles Vikna, on signala l’avion posé sur la mer : à Kvaløy pendant un quart d’heure le 11 janvier, ses deux feux de position allumés, à Sleipskjær la même nuit, à Kvalpsundet et à Oksbosen, dans le Flatanger, un jour ou deux plus tard ; le garde-côte des douanes Ørnen s’échoua en le poursuivant, et le Nordland se mit à faire eau dans une tempête sur le Folla. Le capitaine du vapeur côtier Dronning Maud rapporta que ses passagers avaient plusieurs fois été certains de voir l’aviateur fantôme pendant la remontée depuis Trondheim, une lumière qui semblait monter et descendre en se balançant : les officiers relevèrent chaque fois sa position, et c’était chaque fois Vénus. Le seul récit rapproché de toute la vague vint de Tromsø, à la fin de janvier. Le patron du cargo Tordenskjold, Sigvard Olsen, et le matelot Lars Olsen racontèrent qu’au milieu de la nuit, dans le Malangen extérieur, alors qu’ils avaient quitté Tromsø pour Kabelvåg, un grand avion avait foncé droit sur eux et plané au-dessus du navire « tandis que de puissants projecteurs balayaient le pont, et qu’il faisait clair comme en plein midi ». C’était une grosse machine grise, dit le patron, très semblable au Latham, l’hydravion d’Amundsen. À l’avant, il vit un homme, sans doute le pilote, vêtu d’un coupe-vent clair à capuche et de grosses lunettes. « La machine ne portait aucune marque ; ils l’avaient spécialement cherchée. » Elle fila en remontant le fjord, et plus tard au cours du voyage, entre Brettesnes et Svolvær, un grand navire peint en blanc, semblable à un yacht, qui manœuvrait en marche arrière dans le fjord, gagna le large à l’approche du Tordenskjold. Les deux hommes étaient prêts à en jurer, et le Nordlys, qui interrogea de nouveau le patron, conclut que « l’avion mystérieux est autre chose que des visions » était désormais « au-dessus de tout doute ». Dans la dernière semaine de janvier, le ministère de la Défense envoya vers le nord, à bord d’un navire des douanes, un lieutenant de vaisseau, Kjær, comme expert ès aviateurs fantômes, avec ordre à tous les chefs de police, de Molde au Finnmark, de lui faire rapport.

Sources: [Riiser-Larsen om de mystiske fly](<https://www.nb.no/items/97a7677bfa627a7ebff0deaeb787a1a4>) · [Frk. Gidsken Jakobsen om spøkelsesflyene](<https://www.nb.no/items/e25f4bebe7eee4aedaca74f92ddaa11d>) · [Spökflygaren · Gidsken Jakobsen och löjtnant Nissinen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836373?page=4>) · [Den mystiske flyvemaskin gikk ned på sjøen ved Kvaløy](<https://www.nb.no/items/0f4db18a0d6fd0e8d45e86d0e69f615a>) · [Passasjerene på «Dronning Maud» så spøkelsesfly](<https://www.nb.no/items/d705d044054bedc42aee3b783bf1dfde>) · [Spøkelsesflyet holdt på å renne «Tordenskjold» i senk](<https://www.nb.no/items/ecc412b0e7877f95e19df8b5d5f26a51>) · [At det mystiske fly er annet enn syner må nu være hevet over enhver tvil](<https://www.nb.no/items/c6a3478b404a69de65cf2010c1e7c47e>) · [Strålkastarljuset från spökflygaren på ett norskt fraktfartyg](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836384?page=1>) · [Spøkelsesflyene](<https://www.skeptica.dk/?p=576>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 3: The Landings](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/97.FSR_djvu.txt>)

### Le débat au Riksdag

Le 2 février 1934, le Premier ministre Per Albin Hansson répondit à Lindman devant la seconde chambre du Riksdag, le Parlement suédois. « Que des vols du genre de ceux mentionnés dans l’interpellation aient réellement eu lieu n’est pas encore pleinement établi », dit-il. « Certaines des informations parues à ce propos ne méritent sans doute aucune attention. Dans certains cas, l’observateur s’est manifestement trompé, et dans d’autres cas aussi, l’imagination semble avoir eu la bride trop libre. D’autres rapports, en revanche, sont de nature à mériter crédit et attention. » Il exposa ce qui avait été fait : une planification dès les derniers jours de décembre, une reconnaissance aérienne d’abord au-dessus de la Laponie du Västerbotten, puis du bas pays et d’une partie du golfe, dont on pouvait conclure qu’il n’existait aucune base ni aucun dépôt pour des avions étrangers sur les terres du Västerbotten, le long de la côte ou au large dans le golfe ; une surveillance aérienne au sol partout où le prétendu aviateur fantôme avait été vu, elle aussi négative ; une garde renforcée à Boden ; les avions envoyés sur place le 30 janvier. « Certaines autres mesures prises ou envisagées ne devraient pas être rendues publiques. » Aucune des sentinelles de Boden n’avait encore rien vu, ajouta-t-il ; les signalements de la forteresse reposaient sur des civils et sur « la moitié d’une troupe qui était en exercice ». Lindman réclamait des appareils d’écoute, des projecteurs et, s’il le fallait, des tirs. Karl Kilbom, du Parti socialiste, ne voyait dans l’affaire « que du vol fantôme » ; s’il s’agissait de vol fantôme politique, il ne voulait pas l’affirmer de façon définitive, « mais si c’est le cas, tant pis », un nouvel avatar de la peur des affûteurs de scies, la panique d’avant-guerre autour d’espions russes déguisés en affûteurs ambulants. Il se moqua de l’affaire de Leksand, où un objet en flammes semblable à un parachute était tombé sur le lac Siljan, laissant du papier de couleur, de l’étoupe de coton et une odeur de pétrole : « toute une bombe incendiaire en papier de soie », selon son expression, œuvre d’un dentiste du pays. Hagberg, qui rappela que le Nya Dagligt Allehanda avait démasqué le dentiste le dimanche, qualifia l’affaire de farce jouée au peuple suédois, « exploitée sans scrupule » pour obtenir une aviation plus forte. Le lendemain matin, au-dessus des caricatures des quatre orateurs, le Dagens Nyheter titrait : « Les vols fantômes pas pleinement établis. »

Sources: [Svar å interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O8.text>) · [Mystisk fyrbåk av snö · Brinnande fallskärm över Siljan · Tullförvaltare Ström i Haparanda](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836387?page=1>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>)

### L’avion du Fagerfjell

L’épisode isolé le plus étrange fut norvégien. Dans l’après-midi du 6 février 1934, un message sensationnel parvint à Tromsø depuis Målselv : une machine volante de nationalité étrangère s’était écrasée sur le Fagerfjell. Le lensmann de Moen, Valderhaug, expliqua qu’un certain Hans Jørgensen, de Fugleli, avait vu un avion sur la montagne la veille au soir, le lundi 5 février, qu’il l’avait dit à d’autres, et qu’eux aussi l’avaient vu ; aux jumelles, deux hommes semblaient s’affairer à côté. Parmi les témoins, selon les journaux, figurait un vieux lieutenant qui habitait Fugleli. Le mardi matin, l’avion était toujours là et fit deux tentatives de décollage, toutes deux manquées ; on n’avait entendu aucun moteur le lundi, mais une tempête de neige faisait rage, et le mardi une femme qui nourrissait les bêtes à la ferme de Mårtensson en entendit un venant de la montagne. Le lensmann fit monter huit hommes connaissant le terrain avec son adjoint et rendit compte au colonel Faye, du régiment de Tromsø, qui alerta le général Johannessen, de la 6e division, à Harstad. La première équipe ne trouva rien ; cette nuit-là, quatre personnes à Målsnes virent un avion portant deux feux s’éloigner vers le sud-est, « tout droit depuis le secteur du mont Fager ». Trois autres équipes montèrent le lendemain, et le Tidens Tegn rapporta qu’une patrouille avait trouvé dans la neige deux traces parallèles, longues d’environ 75 mètres et larges de 80 centimètres, entourées d’empreintes de pas, à 300 ou 400 mètres de l’endroit où l’avion avait été vu. Le lieutenant Kjær prit le commandement. Riiser-Larsen, interrogé, jugeait probable qu’un avion allemand se fût posé. Puis tout s’effondra. L’agence de presse finlandaise annonça le 8 février que les hommes sur place avaient conclu qu’aucun avion ne pouvait décoller de cet endroit et que les traces dans la neige étaient l’œuvre des rafales de la tempête. Le 10 février, l’Adresseavisen citait, au téléphone, l’un des chercheurs : « l’avion mystérieux sur le plateau était une pierre ! » Per Brøyn, écrivant en 1989 pour un bulletin ovni norvégien, donne à cette pierre six mètres de long et quatre de haut ; Svahn, qui a consulté les dossiers de l’état-major général norvégien aux Archives nationales (Riksarkivet) d’Oslo, note que celui-ci soupçonnait lui aussi les Allemands.

Sources: [Fremmed flyvemaskin styrtet ned på Fagerfjellet i Målselv](<https://www.nb.no/items/4c4255e520da209ed8f8cc3b0a9e2f5e>) · [Der sendes nye ekspedisjoner idag](<https://www.nb.no/items/4f53780588aa056fd3cf8e038af0ff8f>) · [En flyvemaskine av ukjent nasjonalitet](<https://www.nb.no/items/616e7f499308828c6a3b67cc6ffda492>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 3: The Landings](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/97.FSR_djvu.txt>) · [Kenraali Oeschin lausunto kummituslentäjistä · Fagerfjäll](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1892682?page=1>) · [Spøkelsesflyene](<https://www.skeptica.dk/?p=576>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>)

### Classé sans suite

À la mi-février, les signalements se raréfiaient. Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Antti Hackzell, déclara à la presse le 14 février que les experts tenaient désormais ces récits pour des « produits de l’imagination et des illusions d’optique » causés par des sons et des lumières, mirages ou aurores boréales, « assez abondants dans ces régions septentrionales », et le 9 mars l’état-major général finlandais clôtura son enquête : la plupart des signalements s’étaient révélés « totalement dénués de fondement », certains laissaient ouverte la possibilité qu’une machine fantôme ait rôdé, mais aucune confirmation n’avait été obtenue ; si des aviateurs avaient évolué dans la région, « ils devaient être très habiles et disposer de très bonnes machines » ; les autorités pensaient que tout se ramenait à une suggestion collective. « En ce qui concerne l’état-major général, écrivit le Hufvudstadsbladet, les aviateurs fantômes ont donc eu des funérailles officielles. » La Suède l’avait précédé. Le 3 mars, l’armée de l’air rappela ses chercheurs et, selon les termes relayés à Helsinki, « classa définitivement le problème au motif qu’“il n’y a jamais eu de aviateur fantôme” ». Vingt-quatre avions militaires avaient participé, vingt-deux avions terrestres et deux hydravions ; chaque parcelle du Norrland avait été survolée, les aviateurs avaient parlé avec les gens qui affirmaient avoir vu l’aviateur fantôme, et tous, interrogés plus tard, « finissaient par dire qu’ils ne pouvaient affirmer avec une entière certitude que ce qu’ils avaient vu était bien un avion ». La dernière contribution suédoise fut un canular : à la mi-avril, une lumière mystérieuse au-dessus de Skellefteå tomba à Stavaträsk et fut ramassée par un écolier ; c’était un ballon de caoutchouc d’environ un mètre de diamètre, sous lequel pendaient au bout d’une ficelle une lampe électrique et sa pile.

Sources: [Utrikesminister Hackzell: fantasiprodukter och synvillor](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836440?page=3>) · [Spökflygarna ha fått en officiell begravning](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836403?page=1>) · [Ruotsin ilmavoimat lopettaneet kummituslentäjän etsinnät](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1831122?page=8>) · [I Sverige ha spökflygarna avskrivits](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836435?page=1>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>)

### Une insulte à la nation

La Norvège ne renonça pas si facilement. Le général Johannessen déclara à l’Aftenposten le 9 mars qu’« il pourrait bien y avoir quelque chose dans ces signalements » ; sa division enregistrait encore, dans la première semaine de mars, des bruits de moteur au-dessus du Varanger, du Porsanger, des Vesterålen, de Bardu, des Lofoten et de Målselv, et le lieutenant Kjær, rentrant après quelque sept semaines dans le Nord, dit qu’il n’y avait aucune raison de douter de certains témoins qui avaient à la fois vu l’avion et entendu son moteur. Le journal d’Oslo Tidens Tegn fit fonctionner ses propres postes d’écoute radio et affirma avoir capté de mystérieux signaux contenant les mots « Odessa » et « Sébastopol ». Le 30 avril, le chef d’état-major norvégien, le colonel Ruge, indiqua que les signalements de l’hiver étaient encore à l’étude ; selon la 6e division, des vols semblaient avoir eu lieu, mais par qui, on ne pouvait l’établir. Le même jour, à Luleå, Reuterswärd rendit publique sa propre conclusion, consignée deux jours plus tôt dans un mémorandum secret de dix-sept pages adressé au ministre de la Défense, un document qui, quand Liljegren le lut en 1978, ne cachait rien de la conviction de son auteur que les Russes étaient responsables. Une étude comparative des signalements montrait, dit le général, « qu’il ne peut faire aucun doute qu’au cours du mois de janvier, c’est-à-dire avant l’organisation de la surveillance aérienne militaire, un trafic aérien non autorisé a été observé à grande échelle dans toute la région militaire, y compris dans la zone interdite au trafic aérien autour de la forteresse de Boden » ; qu’il se fût poursuivi après la mise en place de la surveillance, on ne pouvait l’établir avec certitude. « Il est absurde, déclara-t-il, de vouloir expliquer l’affaire par des illusions d’optique. On ne peut nier qu’un survol de la Suède insultant pour la nation a eu lieu. » Virgin, qui avait parlé de suggestion collective, était parti avant la fin du mois : le 4 mai, le gouvernement lui accorda sa démission à compter du 1er juin (il devint ensuite conseiller du gouvernement abyssin), et le colonel Torsten Friis prit la tête de l’armée de l’air. Les unités d’interception radio, découvrit Waernberg, avaient capté d’étranges messages codés localisés dans la région de Mourmansk, sans qu’aucun lien avec les vols fût jamais prouvé ; les vols fantômes, écrivit-il, furent le point de départ du renseignement électromagnétique suédois. Cet automne-là, la Commission de défense de 1930 reçut à Boden un exposé secret (Lindberg, qui en était membre, y vit les documents de l’état-major militaire), et en 1936 elle vota le renforcement de l’armée de l’air, une décision que l’aviateur fantôme contribua beaucoup à façonner, selon Liljegren. En 1939, la Suède commença à construire son escadre la plus septentrionale, la F 21 à Luleå. L’un de ses premiers commandants fut Gösta von Porat, qui avait pourchassé l’aviateur fantôme depuis Östersund ; avant de prendre sa retraite en 1946, il avait assisté à une autre invasion d’objets inconnus au-dessus du Norrbotten : les fusées fantômes.

Sources: [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [General Johannessen: det kan jo være noget i meldingene](<https://www.nb.no/items/37874868c04a02d893ef3927354c6fbf>) · [6. divisjon: motordur over Varanger, Porsanger, Vesterålen, Bardu, Lofoten og Målselv](<https://www.nb.no/items/2e0566766127739c2d03066f041d4b49>) · [Premierløitnant Kjær om undersøkelsene](<https://www.nb.no/items/a55dd884c558a1b9c3b04092db66d1b1>) · [Spökflygarna verklighet, tror svensk general](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836871?page=1>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Generalmajor Virgin beviljad avsked](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836842?page=5>) · [Eric Virgin (militär)](<https://sv.wikipedia.org/wiki/Eric_Virgin_(milit%C3%A4r)>) · [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) · [Interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/protokoll/1937-andra-kammaren-nr-10_dy9o10/html/>)

### Deux états-majors, deux verdicts

L’état-major général suédois travailla sur le dossier pendant plus d’un an. Son chef, le général de division Oscar Nygren, adressa ses conclusions au ministre de la Défense dans une lettre datée du 8 juillet 1935, dont le ministère communiqua l’essentiel à la presse. « L’enquête menée, y lisait-on, a abouti au résultat qu’il doit être considéré comme établi que des vols d’aéronefs dont la nationalité n’a pu être déterminée ont eu lieu au cours de l’hiver 1933-1934 au-dessus du nord de la Scandinavie, sur le territoire suédois comme sur le territoire norvégien. Les vols ont très probablement eu lieu à grande altitude et surtout au-dessus de régions très faiblement peuplées. Ce n’est qu’en certains endroits propices à l’orientation que les aviateurs semblent être descendus, pour se repérer ou pour quelque autre raison, à une altitude assez basse pour attirer l’attention. » Les vols avaient dans une certaine mesure le caractère de circuits d’étendue variable ; dans certains cas, plusieurs appareils avaient volé en même temps au-dessus de régions différentes ; et certaines circonstances laissaient penser qu’ils avaient, au moins par moments, opéré depuis des navires au large de la côte norvégienne. Sur les 96 signalements suédois, dit le ministre de la Défense au Riksdag en 1937, douze seulement avaient été jugés pleinement crédibles, 46 si l’on ajoutait les rapports dignes de foi des voisins. La 6e division norvégienne aboutit au même point : en décembre 1936, son commandant, le général Erichsen, déclara que l’existence d’avions mystérieux était « au-dessus de tout doute ». La Finlande parvint à la conclusion inverse. Lors d’une conférence de presse à Helsinki le 4 janvier 1937, après un second hiver de signalements, l’état-major général présenta ses statistiques pour la période du 14 décembre 1933 au 19 février 1934 : parmi les phénomènes lumineux, 37 s’expliquaient par des étoiles, des planètes, des phares de voiture et autres, dix restaient inexpliqués sans être des avions, et dix étaient trop vagues pour être jugés ; parmi les bruits, seize étaient naturels, treize venaient des propres avions de l’armée, six d’avions militaires suédois, onze étaient vagues, trois provenaient de motos de course et cinq restaient inexpliqués. « Pas un seul des phénomènes lumineux observés ne provient d’un avion », concluait l’état-major, tandis que pour les bruits, aucune conclusion absolument certaine ne pouvait encore être tirée. Le docteur Vilho Väisälä, de la station de cerfs-volants de l’institut météorologique à Ilmala, fit un exposé sur les halos, les lueurs d’éclairs reflétées à travers les trouées des nuages, les aurores boréales et les étoiles filantes, et raconta l’histoire d’une dame qui avait observé Vénus en la prenant pour un ballon-sonde, et celle d’une personne qui avait vu un ballon-sonde se changer en zeppelin « qui arborait même les couleurs allemandes à l’arrière ». Pour vérifier comment un véritable intrus serait perçu, l’armée de l’air finlandaise avait fait voler en secret ses propres avions au-dessus des districts de l’aviateur fantôme afin de l’imiter. « L’effet a été écrasant, déclara l’état-major. Les avions ont été immédiatement observés, leur bruit a été entendu distinctement et pendant de longues minutes », et ils s’étaient révélés bien plus faciles à repérer et à localiser que les avions fantômes. Un fût d’essence censément caché pour l’aviateur fantôme se révéla être un tonneau d’eau de sauna, et des traces d’avion avaient été creusées par un traîneau de bûcherons.

Sources: [Interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/protokoll/1937-andra-kammaren-nr-10_dy9o10/html/>) · [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Norsk general erkänner spökflygets existens](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211789?page=7>) · [Generalstabens undersökning av spökflyget](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211828?page=8>) · [Spökflyget inför pressen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1954265?page=1>) · [Kummituslentokoneita ei ole olemassa, osoittavat tutkimukset](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1983425?page=5>) · [Kummituslentäjiin eivät viranomaisemme usko](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1128519?page=4>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Kummituslennot Lapissa ja muualla Suomessa 1933–1937](<https://kalevimikkonen27.blogspot.com/2026/03/kummituslennot-lapissa-muualla-suomessa.html>)

### Le second hiver et la Vénus de Lindberg

Ce verdict finlandais tomba en pleine nouvelle vague. L’aviateur fantôme était revenu pendant l’hiver 1936-1937, à plus petite échelle. Deux ouvriers de Byske signalèrent une machine volante à double plan que les gens du pays identifièrent comme un pygargue. À Boden, un commandant, un capitaine, un adjudant-chef, deux policiers de la forteresse et un agent de police virent une lumière et entendirent un moteur, et le sergent Gunnerfeldt fut envoyé en l’air pour reconstituer la scène. En février 1937, Reuterswärd écrivit au ministre que l’activité aérienne étrangère des derniers mois « peut être considérée comme établie », et déclara à l’Aftonbladet le 12 février que plus d’un tiers de la Suède était exposé à un ennemi venu des airs et qu’« il est absurde de vouloir expliquer l’affaire par une illusion d’optique ». On déploya des projecteurs et des appareils d’écoute dans le Nord ; on ne trouva rien, et les signalements cessèrent. Le 13 février 1937, Elof Lindberg, d’Umeå, se leva au Riksdag pour réclamer une enquête impartiale. Il cita le général Oesch, qui avait déclaré à un journal suédois quelques jours plus tôt que les lumières finlandaises « se sont révélées être des étoiles, des phares de voiture et ainsi de suite, et les bruits provenaient de moteurs de voitures ou de bateaux », dans certains cas de fils téléphoniques, et que les seuls avions formellement identifiés étaient ceux d’aviateurs russes qui avaient franchi par erreur la frontière orientale de quelques kilomètres. Le 18 mai, Lindberg répondit au ministre par un discours qui occupe la plus grande partie de quinze pages du procès-verbal imprimé, la dissection contemporaine la plus approfondie des signalements. « Les comptes rendus des journaux ont stimulé l’intérêt pour les études astronomiques, dit-il, et l’on a découvert des choses étranges en divers endroits. La planète Vénus se trouvait au-dessus de l’horizon et produisait, en raison des conditions atmosphériques, les sensations lumineuses les plus singulières. » Un collègue député, Jacobson, de Vilhelmina, avait observé avec une centaine d’autres personnes une lumière que beaucoup étaient convaincus être un avion, « et ce n’est que lorsque quelques personnes montèrent à l’étage d’une maison et éteignirent les lumières qu’elles comprirent que c’était une planète qui jouait à l’aviateur fantôme ». Il passa en revue le gérant de kiosque de Sorsele et le cheminot de Lubboträsk, qui avait suivi deux avions volant bas pendant un quart d’heure par une nuit couverte et expliqué que leurs feux se reflétaient sur la neige (« Je connais aussi bien Vénus que Jupiter, avait dit l’homme aux journalistes, mais cette nuit-là le ciel était couvert »). Il relia les lumières de Holmögadd à un contrebandier d’alcool battant pavillon allemand, venu de Kiel et saisi dans les glaces par les douanes finlandaises le 28 décembre 1933, avec 3 000 litres encore à bord, alors que l’essentiel d’une cargaison estimée à 20 000 litres avait déjà été débarqué côté suédois : un homme avait été arrêté à Långroudden juste après Noël avec de l’alcool provenant du navire, et l’équipage avait déclaré que 3 000 litres étaient destinés à Täfteå, précisément là où l’on vit les lumières mystérieuses quelques jours plus tard. Le verdict finlandais, soutint-il, obligeait à rayer les signalements finlandais des 46 ; sur les 96 signalements suédois, 84 s’étaient déjà révélés peu fiables. Lindberg conclut en souhaitant « que la planète Vénus achève son orbite » et qu’une enquête objective soit menée « sur cette affaire à l’origine tragi-comique, mais désormais si lamentable », dont la seule réalité pourrait bien se révéler être un avion de repérage de contrebandiers. Le ministre refusa une nouvelle enquête.

Sources: [Interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/protokoll/1937-andra-kammaren-nr-10_dy9o10/html/>) · [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Generalstabens undersökning av spökflyget](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211828?page=8>)

### Keel, les quatre cartons et les historiens de l’aviation

L’aviateur fantôme dormit pendant une génération. En 1970 et 1971, John Keel, travaillant à partir des copies manuscrites de quatre journaux suédois réalisées par Åke Franzén et des coupures de presse américaine rassemblées par Lucius Farish, publia dans la Flying Saucer Review une série en quatre parties qui recensait plus d’une centaine de signalements et soutenait que « la vague d’avions mystérieux de 1934 était impossible », puisqu’aucune nation n’avait les appareils, le savoir-faire ou le mobile pour voler à l’aveugle dans les blizzards arctiques, projecteurs allumés. Quand Keel se rendit en Suède en 1976, le ministère de la Défense lui assura qu’il n’existait aucune archive de l’enquête des années 1930. Anders Liljegren les retrouva l’année suivante. L’archiviste militaire confirma l’existence de quatre cartons de documents secrets étiquetés « Spökflygaren » (l’aviateur fantôme) dans les fonds du commandement militaire du Haut-Norrland, trois datés de 1934 et un de 1937, et le 1er septembre 1977 le ministre de la Défense, Eric Krönmark, l’autorisa à les consulter. En septembre 1978, il passa deux jours sur environ un millier de feuillets : un quart de remplissage militaire de routine, trois quarts de procès-verbaux d’interrogatoires de police et de l’armée, souvent minutieux, avec cartes et dépositions signées, où bien des observations trouvaient leur solution (« planètes et étoiles ; l’avion-ambulance ou quelque aviateur connu ; ballons farceurs ; phares de voiture, et même quelques canulars ») et où « dans un très grand nombre de cas, aucune réponse n’a été trouvée ». Le haut commandement autorisa la publication en novembre 1979. Depuis, un folkloriste de Göteborg, Jan Wall, a rassemblé plus d’un millier de témoignages écrits de l’époque et conclu que les douze meilleurs cas manquent de preuves substantielles ; Waernberg a documenté la traque menée par l’armée de l’air ; et des historiens suédois de l’aviation se disputent depuis une décennie, dans la revue de leur société, pour savoir si les pilotes étaient des bombardiers soviétiques partis d’Alexandrovsk et de Kandalakcha ou des hydravions de la marine allemande testant la radionavigation et la photographie de nuit. Côté soviétique, Ingemar Strandberg se souvenait que son père, une nuit d’hiver de 1934, l’avait soulevé jusqu’à une fenêtre, à Boden, alors qu’il avait six ans, pour lui montrer un énorme monoplan quadrimoteur aux deux flammes d’échappement d’un blanc bleuté passer en rugissant au-dessus de la maison. Svahn, après avoir étudié les dossiers norvégiens, penche pour des vols d’espionnage allemands effectués par des hydravions Heinkel He 60 depuis le croiseur Leipzig, au large du nord de la Norvège, « combinés à une large part de pure psychose de guerre » ; Waernberg objecte que les indices allemands arrivent « un an trop tard », à l’été 1934 ; Liljegren accorde à la théorie soviétique « trois points sur quatre ». En 2007, l’historien finlandais Erkki Hautamäki y a ajouté des bombardiers soviétiques répétant une attaque contre la Suède. Comme l’écrivait Liljegren en 2001, personne n’a encore trouvé, dans une archive russe ou allemande, les ordres d’opération des vols fantômes.

Sources: [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 1](<https://archive.org/details/the-flying-saucer-review-ultimate-collection>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 2](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/91.FSR_djvu.txt>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Ghost Fliers and Rockets: Study Projects](<https://archive.org/details/AFU_1995_38>) · [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Ny teori om spökflygarna](<https://www.kuriren.nu/nyheter/boden/artikel/ny-teori-om-spokflygarna/r44ze68r>)

![Détail d’une carte en couleurs de 1904 du comté de Norrbotten montrant la côte du golfe de Botnie depuis Piteå, au-delà de Luleå et de Boden, jusqu’à Kalix, Haparanda et le fleuve Torne, avec des collines ombrées, des lacs épars et des limites de paroisses en rouge.](<https://uap.fun/ghost-fliers-1934-map.jpg>)

Le théâtre des signalements de janvier 1934 sur la carte du comté de Norrbotten au 1:400 000 de l’état-major général (1904) : Boden et Luleå en bas à gauche, Kalix au milieu de la côte, Haparanda et la frontière finlandaise sur le fleuve Torne à droite, et en bas le golfe de Botnie, gelé cet hiver-là. Generalstabens Litografiska Anstalt, Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.

[Source de l’image](<https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Karta_%C3%B6fver_Norrbotens_l%C3%A4n,_utarbetad..._af_A.B._Bystr%C3%B6m..._-_btv1b530617756.jpg>)

## Les preuves

### Ce qui subsiste

Les Archives militaires suédoises conservent les quatre cartons du commandement de la Haute-Norrland, quelque 1 000 à 1 700 pages d’interrogatoires de police, de cartes, de déclarations sous serment, d’ordres et le mémorandum de Reuterswärd ; les Archives nationales de Norvège (Riksarkivet), à Oslo, détiennent le dossier de l’état-major général norvégien, dont une liste secrète suédoise de 96 observations allant de septembre 1933 au 23 février 1934 ; les statistiques de l’état-major général finlandais furent lues lors de sa conférence de presse de 1937. Les procès-verbaux du Riksdag des 27 janvier et 2 février 1934 et des 13 février et 18 mai 1937, avec la conclusion de l’état-major général du 8 juillet 1935 qui y est citée, sont intégralement en ligne. La presse norvégienne de cet hiver-là, d’Aftenposten et Dagbladet jusqu’à Nordlys à Tromsø et aux hebdomadaires du Helgeland, peut être consultée à la Bibliothèque nationale de Norvège, et la presse suédophone de Finlande à la Bibliothèque nationale de Finlande ; celle-ci relayait jour après jour les dépêches suédoises, dont les déclarations de Virgin et de Vennerström et l’abandon de l’affaire par l’armée de l’air en mars. Les journaux suédois de l’hiver ne sont pas librement consultables en ligne et ne sont guère connus qu’à travers ces relais, le condensé que Keel tira des copies de Franzén, les dossiers de coupures de Liljegren et la lecture de Svahn. Les Archives for UFO Research de Norrköping conservent sur papier et sur microfilm des documents d’archives suédois, norvégiens et finlandais, et les bulletins de l’AFU de 1982 à 2001 sont sur l’Internet Archive.

Sources: [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Generalstabens undersökning av spökflyget](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211828?page=8>) · [I Sverige ha spökflygarna avskrivits](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836435?page=1>)

### Comment les détails ont voyagé

Même le commencement se déplace. Les premières observations datent du 17 novembre selon le chef de la police de Stensele, de la dernière semaine de novembre à Fjosokken selon le garde forestier, de la veille de Noël à Kalix selon Keel, et de septembre 1933 selon la liste secrète suédoise. L’avion de Storön est daté du 2 décembre dans la dépêche de Luleå et du 23 décembre dans certaines de ses reprises en finnois. La rencontre du Tordenskjold a lieu dans la nuit suivant le mardi 23 janvier dans le télégramme de Tromsø, et le 19 janvier dans la chronologie norvégienne. Les lumières de Holmögadd apparaissent le vendredi 5 janvier vers vingt heures trente dans Svenska Pressen, et le 6 janvier de 19 h 57 à 20 h 02 dans la reconstitution de Lindberg ; l’heure entière passée à tourner au-dessus de Grossgrundet tombe le lundi 8 chez Keel et le mardi 9 chez Lindberg. L’accident de Tärna, le 7 janvier, laisse l’équipage presque indemne dans la version suédoise et envoie le pilote à l’hôpital dans la version norvégienne. Les avions perdus par l’armée de l’air sont deux chez Keel, « plusieurs » chez Svahn et six chez Waernberg ; Hansson déclara au Riksdag que quatre appareils avaient reçu l’ordre de rejoindre Boden, et les dépêches en annonçaient trois. La lettre de l’état-major général est datée du 8 juillet 1935 dans la réponse du ministre de la Défense, mais Lindberg la plaçait en juillet 1936. Les décomptes vont de 96 signalements suédois, 234 norvégiens et 137 finlandais chez Waernberg à 207 norvégiens dans une étude norvégienne récente et 112 finlandais pour la période retenue par l’état-major général lui-même, et les 46 signalements « crédibles » sont souvent pris à tort pour un décompte d’avions réels. Le verdict de Reuterswärd existe sous la forme d’un mémorandum secret du 28 avril dans les archives et d’une déclaration à la presse du 30 avril dans les journaux, si bien que la date dépend de ce qu’un auteur a travaillé sur les archives, comme Liljegren, ou sur la presse, comme Keel. L’appareil du Tordenskjold est un hydravion gris du genre Latham, avec un seul homme à lunettes, dans un télégramme de Tromsø, et un biplan gris clair à deux hélices aux hublots de cabine éclairés dans un autre ; le pilote porte un coupe-vent à capuche dans l’un et un bonnet de fourrure clair dans la dépêche finlandaise. Fagerfjell est daté du 5 février dans la presse norvégienne et finlandaise et du 6 février chez Svahn ; Kjær fut nommé le 23 janvier selon un récit norvégien et le 26 janvier selon un autre. Keel fait de von Porat le chef de l’armée de l’air ; il commandait le 4e corps aérien. Le zeppelin finlandais naquit d’une anecdote du docteur Väisälä, celle d’un ballon-sonde qu’une guetteuse avait vu se changer en dirigeable allemand ; le Hufvudstadsbladet la fondit avec l’histoire de Vénus pour en faire une employée d’Ilmala qui aurait vu un zeppelin pavoisé alors que ses jumelles étaient braquées sur Vénus, et Svahn suivit cette version. Quant au témoin de Sorsele, c’est le même homme dans toutes les versions, un employé de kiosque nommé Hedlund, dont la source de Keel fit « un homme fiable et de bonne réputation » et Lindberg un amateur de sensations.

Sources: [Spökflygaren i Norrland](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836245?page=8>) · [Mystiskt flygplan över Lapplandsfjällen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1719836?page=1>) · [Ett mystiskt flygplan över Kalixtrakten](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836201?page=3>) · [Spökflygaren på väg mot Finland i fredags · Svenskt plan förolyckat](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924220?page=1>) · [Svensk militærfly havarert i Tärna](<https://www.nb.no/items/d6501fd749662df4907de348174a3b6a>) · [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 1](<https://archive.org/details/the-flying-saucer-review-ultimate-collection>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 2](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/91.FSR_djvu.txt>) · [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) · [Svar å interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O8.text>) · [Interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/protokoll/1937-andra-kammaren-nr-10_dy9o10/html/>) · [Spökflygarna verklighet, tror svensk general](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836871?page=1>) · [Spøkelsesflyet holdt på å renne «Tordenskjold» i senk](<https://www.nb.no/items/ecc412b0e7877f95e19df8b5d5f26a51>) · [Kenraali Oeschin lausunto kummituslentäjistä · Fagerfjäll](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1892682?page=1>) · [Spøkelsesflyene](<https://www.skeptica.dk/?p=576>) · [Olof Hedlund forteller om spøkelsesflyet over Sorsele](<https://www.nb.no/items/33ec11dfe69fc10ae90e8dcc41995d24>) · [Spökflyget inför pressen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1954265?page=1>) · [Generalstabens undersökning av spökflyget](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211828?page=8>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Kummituslentokoneet](<https://fi.wikipedia.org/wiki/Kummituslentokoneet>)

### Les explications proposées

Les méprises expliquent l’essentiel, et les hommes sur le terrain le dirent dès l’époque : Vénus et Sirius, la Grande Ourse au-dessus du Degerberget, les relèvements du Dronning Maud, les deux garçons à la lanterne de Riiser-Larsen, l’avion-ambulance, les propres avions de recherche de l’armée de l’air, des phares de voitures, des autocars, des signaux ferroviaires, des fils téléphoniques chantant dans le vent, le pygargue de Byske, le tonneau du sauna et le traîneau à bois. Les canulars rendent compte de quelques cas : la bombe de papier de soie du dentiste de Leksand, le ballon de Stavaträsk, les Russes involontaires d’Umebladet. Les contrebandiers furent la première théorie et restent la plus concrète : l’association, par Lindberg, des lumières de Holmögadd avec le navire d’alcool saisi et ses points de débarquement, et le « nid de contrebandiers » de Lyngvær, sont le genre d’explication qui colle aux dates et aux lieux, bien qu’aucune n’ait été prouvée ; et une aviation de contrebandiers à l’échelle des « Nighthawks » américains, un réseau de trafic d’alcool dont le Stockholms-Tidningen décrivit les trente avions en janvier 1934, n’a existé nulle part en Scandinavie. La théorie soviétique avait pour elle le commandement suédois, le chef d’état-major finlandais (pour les cas de la frontière orientale), le trafic radio de Mourmansk, l’« Odessa » de Tidens Tegn et le souvenir d’un enfant de six ans, un bombardier quadrimoteur au-dessus de Boden ; en 1946, l’été des fusées fantômes, Svensk Tidskrift imaginait encore des hydravions soviétiques opérant depuis un navire-mère au large des Lofoten. Elle ne repose sur aucun document. La théorie allemande a pour elle l’état-major général norvégien, l’hypothèse de Riiser-Larsen à Fagerfjell, les essais ultérieurs de navires catapulteurs et de radionavigation, et une chronologie qui, selon ses critiques, a un an de retard. Le délire collectif, la grille de lecture de Robert Bartholomew, a de son côté les statistiques finlandaises et les vols d’imitation finlandais : les vrais avions étaient vus, entendus et reconnus aussitôt ; le spökflygaren, lui, n’était vu neuf fois sur dix que sous forme de lumières. Ce qu’aucune de ces explications n’épuise, c’est le résidu que l’état-major général suédois admit : une douzaine de signalements suédois qu’il ne put expliquer, des passages à basse altitude d’appareils sans marques en des lieux utiles pour s’orienter, la balise sur la glace au large de Kemi que quelqu’un construisit et que personne ne revendiqua, et l’argument sur lequel Keel et Waernberg insistent tous deux : le spökflygaren volait par les pires nuits de l’hiver arctique, par un temps qui clouait au sol tous les avions connus.

Sources: [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) · [Generalstabens undersökning av spökflyget](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211828?page=8>) · [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) · [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) · [Little Green Men, Meowing Nuns and Head-Hunting Panics: A Study of Mass Psychogenic Illness and Social Delusion](<https://archive.org/details/littlegreenmenme0000bart>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 1](<https://archive.org/details/the-flying-saucer-review-ultimate-collection>) · [Interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/protokoll/1937-andra-kammaren-nr-10_dy9o10/html/>) · [Mystisk fyrbåk av snö · Brinnande fallskärm över Siljan · Tullförvaltare Ström i Haparanda](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836387?page=1>) · [Passasjerene på «Dronning Maud» så spøkelsesfly](<https://www.nb.no/items/d705d044054bedc42aee3b783bf1dfde>) · [Riiser-Larsen om de mystiske fly](<https://www.nb.no/items/97a7677bfa627a7ebff0deaeb787a1a4>) · [Spökflygare](<https://www.svensktidskrift.se/spokflygare/>)

### Note de classement

Ces archives classent les spökflygarna comme une observation de masse : plusieurs centaines de signalements venus de trois pays en trois mois, enregistrés par la police, les douanes et trois états-majors généraux, avec la mobilisation des forces armées suédoises, norvégiennes et finlandaises. Le cas ne porte aucun code de rencontre rapprochée. Les signalements décrivent des avions, des lumières et des bruits de moteur à distance ; la poignée d’atterrissages et l’unique signalement d’occupant reposent chacun sur un seul article de journal, et l’atterrissage le mieux attesté se révéla être une pierre. Le cas se tient en tête de la lignée scandinave qui passe par les fusées fantômes de 1946 et les lumières de Hessdalen, et en tête de la littérature des « avions mystères » que John Keel bâtit à partir de lui.

Sources: [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) · [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 1](<https://archive.org/details/the-flying-saucer-review-ultimate-collection>) · [Interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/protokoll/1937-andra-kammaren-nr-10_dy9o10/html/>)

## Chronologie

- **17 NOV 1933:** Premières observations d’une lumière volante autour de Stensele et de Sorsele, selon le chef de la police du district de Stensele.
- **FIN NOV 1933:** Le garde forestier Gunnar Ågren et la famille Eriksson, à Fjällsjönäs, voient chaque nuit un appareil se poser sur le Guvertefjället et tourner en balayant les environs d’un projecteur.
- **12–14 DÉC 1933:** Umebladet publie l’histoire ; le sergent Gunnerfeldt, de l’avion-ambulance de Boden, avance l’hypothèse de contrebandiers d’alcool.
- **23–24 DÉC 1933:** Un météorologue de l’État suggère Vénus ; la veille de Noël, un appareil au faisceau chercheur passe au-dessus de Kalix en venant du golfe de Botnie.
- **28–29 DÉC 1933:** Le chef de la police de Mosjøen signale trois visites au nid de contrebandiers de Lyngvær ; le shérif de Hattfjelldal voit des lumières au-dessus des montagnes.
- **31 DÉC 1933:** Olof Hedlund voit un monoplan gris sans marques au-dessus de la gare de Sorsele à trois heures et demie du matin.
- **2–3 JANV 1934:** Von Porat fait son rapport à Virgin ; Virgin déclare qu’il doit s’agir d’un avion ; Riiser-Larsen se souvient de deux garçons avec une lanterne.
- **5–9 JANV 1934:** Des lumières rouges et vertes passent devant le phare de Holmögadd en pleine tempête, vues par sept personnes ; le 9, l’appareil tourne une heure au-dessus de Grossgrundet.
- **7 JANV 1934:** Un avion de recherche se retourne sur la glace à Tärna.
- **11–12 JANV 1934:** Vennerström rend publique la conclusion de l’armée de l’air : aucune base secrète ; à Härnösand, Virgin qualifie l’affaire de suggestion collective.
- **11–14 JANV 1934:** Une lanterne posée sur une tour de neige brûle jour et nuit sur la glace au large de Kemi ; le garde-côte douanier Ørnen s’échoue en poursuivant des atterrissages à Vikna.
- **22 JANV 1934:** Une trentaine d’hommes de la garnison de Boden voient un avion à haute altitude à midi ; le commandant parle de ouï-dire.
- **23 JANV 1934:** Premier signalement finlandais, au large de Kemi à 18 h 15 ; cette nuit-là ou quelques jours plus tôt (les récits divergent), un appareil gris illumine le pont du Tordenskjold sur le Malangen.
- **26–27 JANV 1934:** Reuterswärd déclare les survols de la zone interdite établis ; Lindman interpelle le Premier ministre ; la bombe incendiaire du dentiste de Leksand tombe sur le lac Siljan.
- **30 JANV 1934:** Des chasseurs Bristol Bulldog reçoivent l’ordre de gagner Boden depuis Västerås.
- **2–3 FÉVR 1934:** Per Albin Hansson déclare au Riksdag que les vols ne sont pas pleinement établis ; la Finlande reconstitue le vol de Kemi et constate que les lumières concordent.
- **5–10 FÉVR 1934:** Un avion est vu se poser sur le Fagerfjell, dans le Målselv ; les chercheurs trouvent des traces de 75 mètres, puis une pierre.
- **3–9 MARS 1934:** L’armée de l’air suédoise met fin à des recherches auxquelles ont pris part 24 appareils de l’armée, en déclarant qu’il n’y a jamais eu de spökflygaren ; l’état-major général finlandais offre aux aviateurs fantômes des funérailles officielles.
- **28–30 AVR 1934:** Le mémorandum secret de Reuterswärd accuse les Russes ; en public, il qualifie les vols d’insulte à la nation.
- **4 MAI 1934:** Virgin obtient sa mise à la retraite à compter du 1er juin ; Torsten Friis prend la tête de l’armée de l’air.
- **8 JUIL 1935:** L’état-major général conclut que des vols d’appareils de nationalité indéterminée ont eu lieu au-dessus du nord de la Scandinavie.
- **4 JANV 1937:** L’état-major général finlandais annonce qu’aucun de ses phénomènes lumineux n’était un avion et décrit ses vols d’imitation.
- **18 MAI 1937:** Le ministre de la Défense Nilsson donne au Riksdag les chiffres, 96 signalements dont 12 crédibles ; Lindberg lui répond par Vénus.
- **1970–71:** John Keel publie Mystery Aeroplanes of the 1930s dans la Flying Saucer Review.
- **1ER SEPT 1977:** Le ministre de la Défense Krönmark autorise Anders Liljegren à lire les quatre cartons marqués Spökflygaren.

## Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

- [Mystiskt flygplan över Lapplandsfjällen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1719836?page=1>) — Åbo Underrättelser · 14 décembre 1933, p. 1 · Reprend l’entretien de Nya Dagligt Allehanda avec le garde forestier Gunnar Ågren, de Fjällsjönäs · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Er det Venus som leker spritsmugler?](<https://www.nb.no/items/5dde959be6c2dbeefe3b66f59e99a2f0>) — Aftenposten, Oslo · 23 décembre 1933 · Le météorologue de l’État, le docteur B. Rolf, sur la planète Vénus · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Ett mystiskt flygplan över Kalixtrakten](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836201?page=3>) — Hufvudstadsbladet, Helsinki · 27 décembre 1933, p. 3 · Le vol de la veille de Noël au-dessus de Skagsudden et le signalement de Storön · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Luulajan tullinhoitaja syyttää merivartiostomme koneita aiheettomasti](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1831215?page=4>) — Helsingin Sanomat · 28 décembre 1933, p. 4 · Les observations plus anciennes du Norrbottens-Kuriren, câblées depuis Luleå : l’avion de l’État finlandais à la mi-octobre, le phare de Malören le 7 novembre, Storön le 2 décembre · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [En spennende flyvning](<https://www.nb.no/items/95f9dd1180209f4a09d0cd9aea8de368>) — Lofotposten, Svolvær · 27 décembre 1933 · D’après Norrländska Socialdemokraten, les deux vols de la veille de Noël de l’avion-ambulance de Boden · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Spökflygaren i Norrland](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836245?page=8>) — Hufvudstadsbladet · 30 décembre 1933, p. 8 · Relaie l’entretien de Västerbottens-Kuriren avec Liedén, chef de la police du district de Stensele, et la lumière vue depuis Joesjö en direction de Hattfjelldal · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Det mystiske fly har besøkt Lyngvær](<https://www.nb.no/items/28ce39bf732a4fd5f01fbbfc5f443971>) — Nordlands framtid · 29 décembre 1933 · Le chef de la police Ole Tobias Olsen, de Mosjøen, et le shérif Jacobsen, de Vik, sur l’ancien nid de contrebandiers du Helgeland · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Swedish Army Fliers Hunt Mystery Plane](<https://www.loc.gov/resource/sn84026749/1934-01-02/ed-1/?sp=5>) — The Washington Times · 2 janvier 1934, p. 5 · Library of Congress, Chronicling America
- [Olof Hedlund forteller om spøkelsesflyet over Sorsele](<https://www.nb.no/items/33ec11dfe69fc10ae90e8dcc41995d24>) — Dagbladet, Oslo · 3 janvier 1934 · Le récit de l’employé de kiosque sur le monoplan au-dessus de la gare, et le policier qui en doutait · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Major von Porat rapporterer til general Virgin](<https://www.nb.no/items/72d9ddd559c54fc062a085748a0c2c58>) — Aftenposten · 3 janvier 1934 · Le rapport du commandant du 4e corps aérien, le triangle Tärna–Stensele–Sorsele et la première déclaration de Virgin · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Riiser-Larsen om de mystiske fly](<https://www.nb.no/items/97a7677bfa627a7ebff0deaeb787a1a4>) — Morgenbladet, Oslo · 3 janvier 1934 · L’aviateur polaire sur deux garçons avec une lanterne en 1915 et sur les planètes · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Frk. Gidsken Jakobsen om spøkelsesflyene](<https://www.nb.no/items/e25f4bebe7eee4aedaca74f92ddaa11d>) — Helgeland · 6 janvier 1934 · L’aviatrice norvégienne sur deux grands appareils Junkers · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Spökflygaren på väg mot Finland i fredags · Svenskt plan förolyckat](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924220?page=1>) — Svenska Pressen, Helsinki · 8 janvier 1934, p. 1 · L’observation du phare de Holmö et l’accident d’un avion de l’armée suédoise à Tärna · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Spökflygaren · Gidsken Jakobsen och löjtnant Nissinen](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836373?page=4>) — Hufvudstadsbladet · 11 janvier 1934, p. 4–5 · Gidsken Jakobsen au téléphone depuis Narvik, le capitaine Väinö Bremer sur un navire-mère catapulteur, et le général Virgin à l’Örnsköldsviks-Posten · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Svensk militærfly havarert i Tärna](<https://www.nb.no/items/d6501fd749662df4907de348174a3b6a>) — Nordlands Avis · 12 janvier 1934 · L’un des trois avions de recherche d’Östersund détruit sur la glace, son pilote à l’hôpital · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Spökflygaren. Svenska flygvapnets rapport](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836368?page=5>) — Hufvudstadsbladet · 12 janvier 1934, p. 5 · Le ministre de la Défense Vennerström sur le rapport secret de l’armée de l’air du 10 janvier · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Den mystiske flyvemaskin gikk ned på sjøen ved Kvaløy](<https://www.nb.no/items/0f4db18a0d6fd0e8d45e86d0e69f615a>) — Morgenbladet · 12 janvier 1934 · Les atterrissages de Vikna et les garde-côtes douaniers · Bibliothèque nationale de Norvège
- [En sällsynt utbredd panikstämning och en massuggestion](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836359?page=3>) — Hufvudstadsbladet · 13 janvier 1934, p. 3 · La déclaration du général Virgin à Härnösand le 12 janvier · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Spökflygarna höra icke hemma i Ryssland anser general Virgin](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1887981?page=3>) — Österbottningen · 13 janvier 1934, p. 3 · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [De mystiska flygarna icke setts till i Finland](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924186?page=1>) — Svenska Pressen · 13 janvier 1934, p. 1 · Le lieutenant-colonel A. J. Svensson, de l’état-major général finlandais · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Passasjerene på «Dronning Maud» så spøkelsesfly](<https://www.nb.no/items/d705d044054bedc42aee3b783bf1dfde>) — Harstad Tidende · 17 janvier 1934 · Le capitaine Brækhus relève Vénus au compas · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Det svenske flyvevåben akter å slutte eftersøkningen](<https://www.nb.no/items/6df524575a60f164d9c8e5467032bc1f>) — Aftenposten · 20 janvier 1934 · Deux appareils « considérés comme établis », aucun vu depuis le début des recherches · Bibliothèque nationale de Norvège
- [30 man i Boden se spökflyg](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1719759?page=1>) — Åbo Underrättelser · 24 janvier 1934, p. 1 · L’observation de la garnison le 22 janvier et le démenti du commandant de la forteresse · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Salaperäinen lentokone Kemin edustalla](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1831213?page=4>) — Helsingin Sanomat · 24 janvier 1934, p. 4 · Le premier signalement finlandais, le soir du 23 janvier · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Spökflygare ha alltså samtidigt setts i Kemi, Övertorneå och Turtola](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836325?page=3>) — Hufvudstadsbladet · 26 janvier 1934, p. 3 · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Spökflygaren under militär observation](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1924306?page=1>) — Svenska Pressen · 26 janvier 1934, p. 1 · Le voyage du colonel Ilmoniemi à Kemi, les ordres du général Oesch aux gardes-frontières et le démenti de l’envoyé soviétique Stein · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Kenraalimajuri Reuterswärd: lennot kielletyllä alueella toteennäytetty](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1896590?page=3>) — Pohjolan Sanomat, Kemi · 27 janvier 1934, p. 3 · Le commandant militaire de la Haute-Norrland sur les survols de Boden · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Strålkastarljuset från spökflygaren på ett norskt fraktfartyg](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836384?page=1>) — Hufvudstadsbladet · 29 janvier 1934, p. 1 · Le récit du patron du Tordenskjold, par télégramme de Tromsø · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O6.text>) — Arvid Lindman · Andra kammarens protokoll 1934:6, § 20 · 27 janvier 1934 · Données ouvertes du Riksdag (texte OCR)
- [Mystisk fyrbåk av snö · Brinnande fallskärm över Siljan · Tullförvaltare Ström i Haparanda](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836387?page=1>) — Hufvudstadsbladet · 28 janvier 1934, p. 1, 7 et 9 · La balise de Ruumiskari, le canular de Leksand et le chef des douanes qui entendit le moteur depuis l’intérieur · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [At det mystiske fly er annet enn syner må nu være hevet over enhver tvil](<https://www.nb.no/items/c6a3478b404a69de65cf2010c1e7c47e>) — Nordlys, Tromsø · 31 janvier 1934 · Nouvel entretien avec le patron du Tordenskjold, et l’observation de Rotsund du 19 janvier · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Spøkelsesflyet holdt på å renne «Tordenskjold» i senk](<https://www.nb.no/items/ecc412b0e7877f95e19df8b5d5f26a51>) — Dunderlandsdølen · 1er février 1934 · Le télégramme de Tromsø avec le récit de Sigvard et Lars Olsen et le navire blanc · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Svar å interpellation angående mystiska flygningar över övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DV9O8.text>) — Per Albin Hansson, avec Arvid Lindman, Karl Kilbom et Hilding Hagberg · Andra kammarens protokoll 1934:8 · 2 février 1934 · Données ouvertes du Riksdag (texte OCR)
- [Tass dementerer](<https://www.nb.no/items/90f199e8cf5bd9a2b684f41fc6a759e4>) — Helgeland · 3 février 1934 · L’agence de presse soviétique sur les signalements finlandais « provocateurs » · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Överste Ilmoniemi meddelar: spökflygningen över Kemi rekonstruerad](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836369?page=6>) — Hufvudstadsbladet · 5 février 1934, p. 6 · La reconstitution de l’armée de l’air finlandaise du 3 février · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Der sendes nye ekspedisjoner idag](<https://www.nb.no/items/4f53780588aa056fd3cf8e038af0ff8f>) — Aftenposten, Oslo · 7 février 1934 · Le colonel Faye sur les recherches du Fagerfjell et l’avion à deux feux vu depuis Målsnes · Bibliothèque nationale de Norvège
- [En flyvemaskine av ukjent nasjonalitet](<https://www.nb.no/items/616e7f499308828c6a3b67cc6ffda492>) — Nordlands Nytt · 8 février 1934 · Dépêches de Tromsø et d’Oslo : les quatre témoins du Målselv, le vieux lieutenant de Fugleli et l’avis du capitaine Riiser-Larsen · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Fremmed flyvemaskin styrtet ned på Fagerfjellet i Målselv](<https://www.nb.no/items/4c4255e520da209ed8f8cc3b0a9e2f5e>) — Helgeland · 7 février 1934 · Le rapport de Tromsø avec le shérif Valderhaug, Hans Jørgensen de Fugleli, le colonel Faye et le général Johannessen · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Kenraali Oeschin lausunto kummituslentäjistä · Fagerfjäll](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1892682?page=1>) — Pohjois-Pohja, Kemi · 10 février 1934, p. 1 · Le chef de l’état-major général sur les signalements finlandais, et la dépêche finlandaise sur les recherches du Fagerfjell · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Utrikesminister Hackzell: fantasiprodukter och synvillor](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836440?page=3>) — Hufvudstadsbladet · 15 février 1934, p. 3 · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Ruotsin ilmavoimat lopettaneet kummituslentäjän etsinnät](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1831122?page=8>) — Helsingin Sanomat · 4 mars 1934, p. 8 · 24 avions de l’armée, un résultat entièrement négatif et des témoins qui n’étaient plus sûrs de rien · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [I Sverige ha spökflygarna avskrivits](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836435?page=1>) — Hufvudstadsbladet · 8 mars 1934, p. 1 · « Il n’y a jamais eu de spökflygaren » · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [General Johannessen: det kan jo være noget i meldingene](<https://www.nb.no/items/37874868c04a02d893ef3927354c6fbf>) — Aftenposten · 9 mars 1934 · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Spökflygarna ha fått en officiell begravning](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836403?page=1>) — Hufvudstadsbladet · 10 mars 1934, p. 1 · L’état-major général finlandais clôt son enquête · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Premierløitnant Kjær om undersøkelsene](<https://www.nb.no/items/a55dd884c558a1b9c3b04092db66d1b1>) — Andøya avis · 13 mars 1934 · Bibliothèque nationale de Norvège
- [6. divisjon: motordur over Varanger, Porsanger, Vesterålen, Bardu, Lofoten og Målselv](<https://www.nb.no/items/2e0566766127739c2d03066f041d4b49>) — Harstad Tidende · 14 mars 1934 · Bibliothèque nationale de Norvège
- [Spökflygarna verklighet, tror svensk general](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836871?page=1>) — Hufvudstadsbladet · 1er mai 1934, p. 1 et 7 · La conclusion publique du général Reuterswärd du 30 avril, et le chef d’état-major norvégien Ruge toujours à l’œuvre · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Generalmajor Virgin beviljad avsked](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/1836842?page=5>) — Hufvudstadsbladet · 5 mai 1934, p. 5 · Virgin quitte l’armée de l’air le 1er juin ; Torsten Friis lui succède · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Norsk general erkänner spökflygets existens](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211789?page=7>) — Hufvudstadsbladet · 13 décembre 1936, p. 7 · Le général Erichsen, de la 6e division · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
- [Generalstabens undersökning av spökflyget](<https://digi.kansalliskirjasto.fi/sanomalehti/binding/2211828?page=8>) — Hufvudstadsbladet · 5 janvier 1937, p. 3 et 8 · La conférence de presse de l’état-major général finlandais du 4 janvier 1937, avec les statistiques du 14 décembre 1933 au 19 février 1934 et les vols d’imitation · Collections numériques de la Bibliothèque nationale de Finlande
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- [Interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/protokoll/1937-andra-kammaren-nr-10_dy9o10/html/>) — Elof Lindberg · Andra kammarens protokoll 1937:10, § 8 · 13 février 1937 · Citant les conclusions de l’état-major général et le général Oesch · Riksdag
- [Svar å interpellation angående vissa otillåtna flygningar i övre Norrland](<https://data.riksdagen.se/dokument/DY9O32.text>) — Le ministre de la Défense Janne Nilsson et Elof Lindberg · Andra kammarens protokoll 1937:32 · 18 mai 1937 · Avec l’examen, cas par cas, des signalements de 1933–34 par Lindberg · Données ouvertes du Riksdag (texte OCR)
- [Spökflygarens vinter](<https://www.ufo.se/index.php/ufo-historia/1344-spokflygarens-vinter>) — Clas Svahn · UFO-Sverige · Avec son entretien de 1989 avec Sven Karlsson, de la patrouille de projecteurs de Boden, et les documents des archives norvégiennes
- [The Ghost Fliers of the 1930s — A Status Report (May 1982)](<https://archive.org/details/AFU_1982_24>) — Anders Liljegren · AFU Newsletter no 24 · Archives for UFO Research, Norrköping · 1982, p. 6–8 · Sur les quatre cartons de dossiers secrets des Archives militaires suédoises · Internet Archive
- [Ghost Flier Mystery Still Unresolved](<https://archive.org/details/AFU_2001_41>) — Anders Liljegren · AFU Newsletter no 41 · Septembre 2001, p. 1–3 · Résume huit articles parus dans Svensk Flyghistorisk Tidskrift entre 1992 et 2001, signés Jan Waernberg, Eric Hemtke, Owe Bergfeldt, Ingemar Strandberg, Lennart Andersson et Sven-Erik Ersbacken · Internet Archive
- [Ghost Fliers and Rockets: Study Projects](<https://archive.org/details/AFU_1995_38>) — AFU Newsletter no 38 · 1995 · Sur la collection de plus d’un millier de témoignages d’époque réunie par Jan Wall · Internet Archive
- [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 1](<https://archive.org/details/the-flying-saucer-review-ultimate-collection>) — John A. Keel · Flying Saucer Review vol. 16, no 3 · Mai–juin 1970 · D’après les copies manuscrites de journaux suédois faites par Åke Franzén · Internet Archive (collection FSR, fichier 93)
- [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 2](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/91.FSR_djvu.txt>) — John A. Keel · Flying Saucer Review vol. 16, no 4 · Juillet–août 1970 · Les signalements de Sorsele, de Tärnaby et de Boden, et les recherches · Internet Archive (collection FSR, fichier 91)
- [Mystery Aeroplanes of the 1930s, Part 3: The Landings](<https://archive.org/download/the-flying-saucer-review-ultimate-collection/97.FSR_djvu.txt>) — John A. Keel · Flying Saucer Review vol. 17, no 4 · Juillet–août 1971 · Le signalement d’occupant du Tordenskiold et les recherches du Fagerfjell · Internet Archive (collection FSR, fichier 97)
- [Spøkelsesflyene](<https://www.skeptica.dk/?p=576>) — Per Brøyn · Bulletin du NIVFO, 1989, repris par Skeptica · 1er juillet 2004 · Sur le lieutenant Kjær, la presse de Tromsø et la pierre du Fagerfjell
- [Charles Fort, the Fortean Society & Unidentified Flying Objects](<https://sohp.us/collections/ufos-a-history/pdf/GROSS-Charles-Fort-The-Fortean-Society-&-UFOs.pdf>) — Loren E. Gross · 1976, p. 46–48 · La couverture du New York Times de janvier 1934 à janvier 1935 · PDF sur le site du Sign Historical Group
- [Spökflygare](<https://www.svensktidskrift.se/spokflygare/>) — Svensk Tidskrift · 1946 · Un commentaire de l’époque des fusées fantômes, revenant sur le détachement de chasse envoyé dans le Norrbotten et sur la théorie d’hydravions soviétiques et d’un navire-mère au large des Lofoten
- [Ny teori om spökflygarna](<https://www.kuriren.nu/nyheter/boden/artikel/ny-teori-om-spokflygarna/r44ze68r>) — Lars-Henrik Andersson · Norrbottens-Kuriren · 30 octobre 2007 · Sur la théorie de l’historien finlandais Erkki Hautamäki, des répétitions de bombardiers soviétiques
- [Kummituslennot Lapissa ja muualla Suomessa 1933–1937](<https://kalevimikkonen27.blogspot.com/2026/03/kummituslennot-lapissa-muualla-suomessa.html>) — Kalevi Mikkonen · Blog · 26 mars 2026 · Les 112 cas de l’état-major général finlandais, le réseau d’observateurs du colonel Siilasvuo et l’arrestation de Veitsiluoto en 1936
- [Little Green Men, Meowing Nuns and Head-Hunting Panics: A Study of Mass Psychogenic Illness and Social Delusion](<https://archive.org/details/littlegreenmenme0000bart>) — Robert E. Bartholomew · McFarland, 2001 · Les spökflygarna suédois comme délire collectif, d’après Liljegren et Svahn · Internet Archive (bibliothèque de prêt)
- [Kummituslentokoneet](<https://fi.wikipedia.org/wiki/Kummituslentokoneet>) — Wikipédia en finnois · Avec les décomptes de signalements pour la Norvège, la Finlande et la Suède, d’après Kummituslennot: vakoilijoita vai ufoja? d’Atso Haapanen (2015)
- [Eric Virgin (militär)](<https://sv.wikipedia.org/wiki/Eric_Virgin_(milit%C3%A4r)>) — Wikipédia en suédois · Chef de l’armée de l’air suédoise du 26 février 1931 au 30 juin 1934
- [Pontus Reuterswärd](<https://sv.wikipedia.org/wiki/Pontus_Reutersw%C3%A4rd>) — Wikipédia en suédois · Commandant de Boden de 1930 à 1933, général de division et commandant militaire de la Haute-Norrland de 1933 à 1937

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Non identifié décrit une limite des informations disponibles. Il n’établit pas une origine.

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