# L’essaim qui traversa le Soleil

[Voir sur uap.fun](<https://uap.fun/fr/encounters/zacatecas-1883/>)

DOSSIER 049 · 1883

Publié: 30 septembre 2026

En 1883, le directeur d’un nouvel observatoire mexicain dessinait les taches solaires quand un petit corps glissa sur le Soleil, puis un autre, puis des centaines. José Bonilla en compta 447 et en saisit un sur une plaque de verre au centième de seconde. Paris l’imprima deux ans plus tard et pensa à des oiseaux. Charles Fort y vit peut-être la photographie la plus extraordinaire de l’histoire ; l’ère des soucoupes en fit la première image d’un ovni.

![Photographie en noir et blanc du XIXe siècle d’une ville minière entassée dans une vallée entre des collines nues, avec une tour de cathédrale dans le lointain brumeux, une crête abrupte couronnée d’une petite chapelle à droite et un ravin pâle jonché de gravats au premier plan.](<https://uap.fun/zacatecas-1883-hero.webp>)

Zacatecas vers 1885, vue depuis un ravin minier en direction de la cathédrale, avec le Cerro de la Bufa et sa chapelle en haut à droite. Photo : William Henry Jackson, Detroit Photographic Company, Library of Congress, domaine public, via Wikimedia Commons.

## EN UN COUP D’ŒIL

- **DATE:** 12–13 août 1883, à partir de 8 heures du matin environ
- **LIEU:** L’observatoire astronomique de l’État de Zacatecas, à environ 2 500 mètres d’altitude dans la ville minière de Zacatecas, à quelque 600 kilomètres au nord-ouest de Mexico
- **TYPE DE RAPPORT:** Observation de masse
- **RÉSOLUTION:** [Inexpliqué](<https://uap.fun/fr/encounters/?resolution=unexplained>)
- **STATUT DU DOSSIER:** Inexpliqué ; oiseaux, poussières et comète avancés

## L’histoire

### Dessiner les taches solaires à huit heures du matin

L’observatoire de Zacatecas avait été bâti précisément pour ce genre de matinée. Il se dressait à quelque 2 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une ville minière d’argent du haut plateau mexicain, sous ce que son directeur appelait un ciel tropical, et celui-ci l’avait organisé pour un travail quotidien sur le Soleil. Une lunette équatoriale de six pouces, entraînée par un mouvement d’horlogerie pour suivre le Soleil dans le ciel, projetait sur une feuille de papier une image du disque solaire de 25 centimètres de diamètre, où il relevait à la main les taches sombres et les plages brillantes appelées facules. La coupole avait de petites fenêtres et d’épais rideaux noirs, de sorte que rien ne pénétrait dans l’objectif hormis la lumière du Soleil. Le dimanche 12 août 1883, à huit heures du matin, José A. y Bonilla se mit à dessiner les taches du jour. « J’aperçus tout à coup un petit corps lumineux qui pénétrait dans le champ de la lunette », écrivit-il. Le corps se dessina sur le papier où il travaillait et parcourut le disque du Soleil « en se projetant comme une ombre presque circulaire ». Il n’était pas revenu de sa surprise, poursuivait-il, que la même chose se reproduisit, puis encore, « avec une telle fréquence que, dans l’espace de 2 h, je pus compter jusqu’à 283 corps traversant le disque du Soleil ».

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) · [Nouvel observatoire au Mexique](<https://archive.org/details/lastronomierevu03flamgoog/page/n351>)

### Un nouvel observatoire sur le haut plateau

Bonilla avait trente ans. Né à Zacatecas le 5 février 1853, il avait été en 1873 l’un des deux premiers diplômés en génie topographique de l’Instituto Literario de la ville, et deux ans plus tard le président Sebastián Lerdo de Tejada lui remit une médaille d’argent pour avoir accompli trois années de cours en une seule. Il enseigna pendant trente-cinq ans à l’Instituto, devenu plus tard l’Instituto de Ciencias et aujourd’hui l’Université autonome de Zacatecas. Son observatoire commença ses travaux le 6 décembre 1882, jour du passage de Vénus, tandis que des missions françaises et mexicaines regardaient la planète traverser le Soleil depuis Puebla, Guadalajara et León. En 1884, L’Astronomie, la revue mensuelle de vulgarisation de Camille Flammarion à Paris, annonça la nouvelle station et en publia l’inventaire : l’équatorial de Secretan, construit à Paris, deux spectroscopes, un appareil de photographie, des pendules astronomiques et un chronomètre de marine, une petite lunette méridienne et un télescope de Foucault de dix centimètres. Bonilla avait demandé à devenir le correspondant de la revue pour « ces contrées lointaines ». La notice mentionnait, en une ligne, que le passage de corpuscules sur le disque solaire y avait été constaté les 12 et 13 août 1883. Elle se terminait par le salut d’une république à une autre : « La science n’a pas de patrie. »

Sources: [Nouvel observatoire au Mexique](<https://archive.org/details/lastronomierevu03flamgoog/page/n351>) · [Instituto de Ciencias de Zacatecas: José Árbol y Bonilla, breves de la historia](<https://ljz.mx/16/03/2022/instituto-de-ciencias-de-zacatecas-jose-arbol-y-bonilla-breves-de-la-historia-3/>) · [Interprétation des observations faites en 1883 à Zacatecas (Mexique) : une comète fragmentée qui faillit heurter la Terre](<https://arxiv.org/abs/1110.2798>) · [José Árbol y Bonilla](<https://es.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_%C3%81rbol_y_Bonilla>)

![Photographie sépia sur papier albuminé, montée sur carton, d’une façade d’église en pierre richement sculptée, couverte de colonnes, de niches et de figures en relief autour d’une rosace, avec un haut clocher à droite et quelques bâtiments bas à côté.](<https://uap.fun/zacatecas-1883-cathedral-briquet-1896.jpg>)

La façade de la cathédrale de Zacatecas, photographiée par Abel Briquet vers 1896. Bonilla fit toute sa carrière dans cette ville, de son diplôme d’ingénieur en 1873 à la direction de son observatoire. Photo : Abel Briquet, Rijksmuseum, CC0, via Wikimedia Commons.

[Source de l’image](<https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cathedraal_van_Zacatecas,_RP-F-F02337.jpg>)

[CC0 1.0 · Rijksmuseum](<https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/>)

### Quinze ou vingt à la fois

Les corps continuaient d’arriver. Certains traversaient tout le disque en un tiers de seconde, d’autres en une demi-seconde, aucun en plus d’une seconde. Tantôt il en passait un ou deux, et une ou deux minutes s’écoulaient avant le suivant ; tantôt il en passait quinze ou vingt presque à la fois, si nombreux qu’il était difficile de les compter. Sur le Soleil, ils paraissaient noirs et sombres, « les uns parfaitement ronds et les autres plus ou moins élargis ». Le détail le plus étrange venait au moment où ils le quittaient. Au-delà du bord du Soleil, dans le champ faiblement éclairé de la lunette, ces mêmes corps brillaient et semblaient traîner derrière eux des traînées lumineuses. Tous allaient dans le même sens, d’ouest en est, en s’inclinant un peu vers le nord ou vers le sud. Comme le papier suivait le mouvement de la lunette, Bonilla put noter l’entrée et la sortie de plusieurs d’entre eux sur le disque, et il traça leurs trajectoires parmi les taches solaires de ce matin-là. Les nuages s’amoncelèrent et l’arrêtèrent. Il ne put reprendre qu’au moment où le Soleil atteignit son point le plus haut, à midi, et seulement pendant quarante minutes, durant lesquelles il en compta 48 de plus.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>)

![Schéma imprimé au trait d’un grand cercle traversé de droites annotées : une verticale de P à P prime, une horizontale de D à D prime, une droite inclinée pour l’équateur solaire, et deux flèches parallèles de A à A prime et de B à B prime descendant en oblique du haut à gauche vers le bas à droite, avec un groupe de petites taches solaires près du bord inférieur droit du cercle.](<https://uap.fun/zacatecas-1883-bonilla-trajectories.jpg>)

La fig. 118 de Bonilla, copie réduite de son dessin du Soleil de 25 centimètres du 12 août 1883. Les flèches AA′ et BB′ délimitent la bande traversée par les corps ; les lignes intermédiaires furent suivies par plusieurs corps, et les petites marques en bas à droite sont des taches solaires. Tiré de L’Astronomie, septembre 1885. Domaine public, via l’Internet Archive.

[Source de l’image](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n393>)

[Public domain · published 1885](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### Un centième de seconde

Bonilla photographiait le Soleil chaque fois que son disque présentait des taches notables, et il entreprit alors de photographier aussi les corps. Il remplaça l’objectif de la lunette par un autre de même force, corrigé pour la photographie, adapta la chambre photographique et, après plusieurs essais pour mettre les corps parfaitement au point, réussit à prendre un certain nombre de clichés, tandis qu’un aide comptait les corps au chercheur, la petite lunette de visée montée sur la grande. Le cliché qu’il choisit pour Paris fut pris au collodion humide, sur une plaque de verre enduite et exposée encore humide, au centième de seconde. Cette hâte, reconnut-il, ne lui laissa pas le temps de filtrer et de préparer convenablement les bains, si bien que le négatif fut légèrement voilé par le révélateur. Il avait mis au point sur le corps, non sur le Soleil, parce que le corps l’intéressait davantage. La photographie montre un Soleil marbré et flou et, dans sa partie supérieure gauche, un ovale sombre et net, précédé et suivi de légers filaments. À l’œil, les corps avaient paru ronds ; sur les plaques, la plupart étaient irréguliers. En l’examinant attentivement, il vit que le corps était enveloppé d’une nébulosité, avec des traînées sombres qui avaient paru brillantes hors du Soleil. Il se demanda si ces traînées absorbaient la lumière chimiquement active du Soleil en le traversant.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>)

![Reproduction imprimée granuleuse et mouchetée d’un disque solaire pâle et flou sur un fond carré noir, avec une petite tache sombre allongée et de légères traînées dans son quart supérieur gauche, et une légende imprimée en français en dessous.](<https://uap.fun/zacatecas-1883-bonilla-photograph.jpg>)

La fig. 119 de L’Astronomie, « Photographie du Soleil et de l’un des corpuscules », tirée de la plaque au collodion humide de Bonilla d’août 1883. Le corps est net et le Soleil ne l’est pas ; la rédaction mesura l’ovale sombre à 0,9 sur 0,6–0,7 millimètre, sur une image solaire de 66 millimètres de diamètre. Domaine public, via l’Internet Archive.

[Source de l’image](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n394>)

[Public domain · published 1885](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### Rien à Mexico, rien à Puebla

Aussitôt après le comptage du premier matin, Bonilla avait télégraphié aux observatoires de Mexico et de Puebla, à plusieurs centaines de kilomètres au sud-est, pour les prier d’observer. Ils ne virent rien. Les nuages interdirent toute observation l’après-midi, et il prit ses mesures et établit un plan pour le cas où les corps reviendraient. Le 13 août, le ciel resta nuageux jusqu’à huit heures, puis se dégagea assez pour 45 minutes d’observation, et aussitôt les corps furent de retour : « nous comptâmes 116 corps traversant le disque solaire ». Bonilla tenta alors d’éprouver leur distance. Il mit au point sur les corps le chercheur, l’équatorial et un télescope à miroir de Foucault de dix centimètres puis, la nuit venue, sans toucher à la mise au point, les dirigea vers les planètes et vers la Lune, qui avait passé son premier quartier depuis deux jours. Seule la Lune se vit presque au foyer. Jointe aux télégrammes restés sans résultat, écrivit-il, cette circonstance lui fit croire « que ces corps étaient assez proches de la Terre, à une moindre distance que la Lune », et que leur forte parallaxe, le déplacement de leur position apparente d’un lieu à un autre, les avait projetés hors du disque solaire vus de Mexico et de Puebla. Il ne dit pas ce qu’il pensait qu’ils étaient. Sur deux jours, ses trois comptages totalisent 447.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) · [Interprétation des observations faites en 1883 à Zacatecas (Mexique) : une comète fragmentée qui faillit heurter la Terre](<https://arxiv.org/abs/1110.2798>)

![Gravure d’un disque blanc sur fond noir traversé en son milieu par plusieurs groupes de taches solaires sombres, dont une grande tache double près du centre et une plus petite près du bord droit.](<https://uap.fun/zacatecas-1883-sun-september-1883.jpg>)

Le Soleil le 1er septembre 1883, trois semaines après les observations de Zacatecas, avec le genre de groupes de taches que Bonilla dessinait chaque matin. Tiré de Popular Science Monthly vol. 31, 1887. Domaine public, via Wikimedia Commons.

[Source de l’image](<https://commons.wikimedia.org/wiki/File:PSM_V31_D507_The_sun_on_september_1_1883.jpg>)

[Public domain](<https://commons.wikimedia.org/wiki/Template:PD-old>)

### « D’oiseaux, d’insectes, ou de poussières »

Le rapport mit deux ans à paraître. En juin 1885, L’Astronomie s’excusa dans sa rubrique de correspondance de n’avoir pu encore publier les « excellentes observations » de Bonilla, et elles parurent dans le numéro de septembre sous le titre « Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas », avec son dessin et une similigravure de la photographie, c’est-à-dire une reproduction imprimée à trame de points. Le volume qui les réunissait était daté du 1er janvier 1886, ce qui explique sans doute que des récits ultérieurs, d’un magazine ovni mexicain en 1994 à un article universitaire en 2011, datent le rapport de cette année-là. Suivait une note non signée de la rédaction. L’observation de M. Bonilla « est fort intéressante, mais n’est pas facile à expliquer ». La date faisait songer au courant d’étoiles filantes du mois d’août, les Perséides, mais alors « il serait singulier qu’on n’eût rien vu à Mexico ni à Puebla ». « Seraient-ce des oiseaux ? » La rédaction avait examiné avec beaucoup d’attention la photographie et mesuré l’ovale sombre, précédé et suivi de légères traînées. « Nous serions portés à croire », concluait-elle, « qu’il s’agit là d’oiseaux, d’insectes, ou de poussières supérieures, en tout cas de corpuscules appartenant à notre atmosphère. » Les lecteurs n’en avaient pas fini. En février 1886, la revue publia une lettre de J. Herschel, de Hawkhurst, dans le Kent, qui signalait un compte rendu paru dans les Monthly Notices de la Royal Astronomical Society de mars 1870, relatant des phénomènes semblables à bien des égards, sans qu’il pût dire qu’ils avaient eu la même origine ; c’était le récit des corps vus traversant le Soleil à Bangalore, en Inde, que Charles Fort reprendrait plus tard. À côté figurait une lettre de H. Bruguière, de Marseille, qui, avec une petite lunette, avait vu plus de vingt-cinq corps informes passer devant le Soleil, tous d’ouest en est, parfois quatre à la fois marchant alignés, les 15 et 16 avril 1883, quatre mois avant Zacatecas ; sa lettre donne aussi la date du 25 avril, une erreur que Vallée recopierait. La rédaction vit à Marseille et à Zacatecas « deux phénomènes identiques » reconnaissant la même cause, admit que cette cause n’était pas facile à conjecturer, et expliqua que personne d’autre ne les avait vus par des corps si proches de la Terre que le moindre déplacement de l’observateur suffisait à les projeter hors du disque solaire.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) · [Passage de corpuscules devant le Soleil](<https://archive.org/details/lastronomie01flamgoog/page/n87>) · [The Book of the Damned](<https://www.gutenberg.org/ebooks/22472>) · [Anatomy of a Phenomenon](<https://archive.org/details/338022202-jacques-vallee-anatomy-of-a-phenomenon-pdf>) · [Le dossier photo](<https://archive.org/details/Inforespace_No_41_1978>)

### Bonilla à Paris, et une pierre tombée du ciel

Bonilla continuait de lever les yeux. Pour la nuit du 27 novembre 1885, où les astronomes attendaient la rencontre de la Terre avec les débris de la comète de Biela, qui s’était scindée en deux puis avait disparu des décennies plus tôt, il organisa ses élèves et ses correspondants dans tout l’État pour compter les météores, et en nota lui-même 240 en une demi-heure ; son assistant en compta 2 720 jusqu’à trois heures du matin. Quelques jours plus tard, un éleveur, Eulogio Mijares, lui envoya un fer qu’il avait vu tomber cette nuit-là au Rancho Concepción, près de Mazapil, dans le nord de l’État. Mijares évoquait un bruit strident, « exactement comme si un morceau de fer rouge avait été plongé dans de l’eau froide », une lumière phosphorescente qui éclata dans l’air avec des étincelles, des voisins accourus pour l’aider à calmer ses chevaux affolés, et un trou dans le sol au fond duquel gisait une boule de lumière. Chacun se retira à distance, dans la crainte d’une explosion, et quand on essaya enfin de l’extraire, elle était encore trop brûlante pour être saisie. Bonilla se rendit sur les lieux, à 210 kilomètres, et pesa le fer : 3 950 grammes ; le minéralogiste américain William Earl Hidden le présenta à New York en janvier 1887 comme une météorite tombée pendant la pluie des Biélides. En avril de la même année, Bonilla était à Paris, à une séance de la jeune Société astronomique de France. Un membre venait de signaler des passages de corps devant le Soleil, et un autre avait fait remarquer qu’il était très facile de reconnaître si de tels corpuscules étaient des oiseaux, mais qu’il circulait tant de choses dans l’atmosphère qu’il était très difficile de savoir à quoi attribuer ces observations. Bonilla prit la parole ensuite. Il présenta une photographie de la pierre de Mazapil et, selon le procès-verbal, rappela l’observation qu’il avait faite en 1883 d’un phénomène de ce genre « pendant deux jours sans interruption ». Rien dans L’Astronomie ne le montre répondre plus directement aux oiseaux de la rédaction.

Sources: [Uranolithe tombé au Mexique pendant la pluie d’étoiles filantes du 27 novembre 1885](<https://archive.org/details/lastronomierevu00flamgoog>) · [Sur un fer météorique tombé à Mazapil, au Mexique, pendant la pluie de météores « Biélides » du 27 novembre 1885](<https://archive.org/details/transactionsnew06unkngoog>) · [Exploiter le ciel : José Árbol y Bonilla, les météorites de Zacatecas et la circulation du savoir scientifique](<https://doi.org/10.1525/msem.2023.39.3.401>)

![Photographie sépia d’une ville de bâtiments bas à toits plats étalée dans une vallée au pied de collines nues, avec un long convoi de wagons couverts tiré par une locomotive à vapeur qui traverse le premier plan au-dessus d’un ponceau de pierre.](<https://uap.fun/zacatecas-1883-jackson-railway-view.jpg>)

Zacatecas, avec un train de marchandises passant sous la ville, photographiée par William Henry Jackson entre 1882 et 1891, vers les années où Bonilla emporta sa météorite et ses souvenirs de l’essaim à New York et à Paris. Photo : W. H. Jackson Photograph and Publishing Company, Boston Public Library, domaine public, via Wikimedia Commons.

[Source de l’image](<https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Zacetecas_(i.e._Zacatecas),_Mexico_-_DPLA_-_4336725233813db824beb0a767f6685c.jpg>)

[Public domain](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### L’image extraordinaire de Charles Fort

L’essaim dormit ensuite une génération dans les volumes reliés de L’Astronomie, jusqu’à ce que Charles Fort l’y découvre. Fort, le collectionneur new-yorkais d’anomalies qui passa des années à recopier des données « damnées » dans les revues scientifiques, fit entrer Bonilla dans The Book of the Damned en 1919, entre les corps vus traversant le Soleil à Bangalore et les « grues » de Riccò le traversant à Palerme. Il suivit les télégrammes de Bonilla et son raisonnement selon lequel les corps étaient plus proches que la Lune, et refusa allègrement de choisir entre « des oiseaux ou des insectes ou les armées d’un Super-Tamerlan ». Puis il se tourna vers la plaque. « Il se peut que, dans l’histoire de la photographie, on n’ait jamais pris d’image plus extraordinaire que celle-ci », écrivit-il. Elle montrait, disait-il, « un long corps entouré de structures indéfinies, ou de la brume d’ailes ou de plans en mouvement ».

Sources: [The Book of the Damned](<https://www.gutenberg.org/ebooks/22472>)

### Une armada pour l’ère des soucoupes

Quand les soucoupes volantes arrivèrent en 1947, leurs premiers historiens partirent en quête de précédents, et Fort leur avait laissé Zacatecas. Dans The Coming of the Saucers, en 1952, Kenneth Arnold et Ray Palmer changèrent les 116 corps du second matin en 1 166, les firent voler d’est en ouest et imaginèrent une armée ou une flotte interplanétaire de quelques milliers de vaisseaux spatiaux voyageant entre la Terre et la Lune ; Flammarion, écrivaient-ils, avait suggéré des insectes, des oiseaux ou de la poussière, « mais Bonilla n’était pas d’accord ». L’année suivante, Desmond Leslie, dans Flying Saucers Have Landed, fit voir à l’astronome « 143 objets circulaires munis de banderoles saillantes, ou de rayons », un chiffre qui resta. Leslie alla plus loin. Dans sa version, les corps étaient de petits ovales sombres dotés de cinq prolongements en forme de rayons, l’un d’eux s’arrêta et resta en vol stationnaire assez longtemps pour être photographié, et Mexico les vit bel et bien, un peu à l’écart du Soleil. Il affirma avoir retrouvé la trace d’une copie de la photographie dans un grenier parisien et avoir fait le voyage tout exprès pour la voir, pour la découvrir vieille et pâlie, impossible à reproduire. Frank Edwards, en 1956, la qualifia de « première photographie d’un objet volant non identifié », fit dire à Bonilla qu’il avait photographié « la plupart de ces corps étranges en projection et de profil », une phrase que Bonilla n’a jamais écrite et qui semble venir de Flying Saucers on the Attack de Harold Wilkins, paru en 1954, et déclara que les photographies existaient toujours. Un bulletin britannique de 1961, reproduisant une note d’un lecteur de Mexico, affirmait que les photographies passaient pour être la propriété du gouvernement mexicain. Jacques Vallée, dans Anatomy of a Phenomenon en 1965, décrivit des formations d’objets circulaires traversant le Soleil à intervalles réguliers par groupes de quinze à vingt, puis posa la question que la rédaction avait posée quatre-vingts ans plus tôt : comment être sûr qu’il ne s’agissait pas de vols d’oiseaux ? Antonio Ribera, à la suite de Wilkins, décrivit en 1969 un corps en forme d’étoile à cinq branches au centre sombre. Et dans Operation Trojan Horse, en 1970, John Keel ouvrit son histoire du phénomène sur la « longue parade d’objets circulaires » de Bonilla, 143 en tout, photographiés sous des formes de cigares et de fuseaux par un homme qui, selon Keel, estimait qu’ils étaient passés à quelque 200 000 miles de hauteur. Rien de tout cela ne figure dans le rapport de Bonilla.

Sources: [The Coming of the Saucers](<https://archive.org/details/the-coming-of-the-saucers_202210>) · [Flying Saucers Have Landed](<https://archive.org/details/george-adamski-flying-saucers-have-landed>) · [Strangest of All](<https://archive.org/details/StrangestOfAll>) · [LUFORO Bulletin vol. 2, no 4](<https://archive.org/details/LUFORO_Bulletin_Vol_2_No_04_April_1961>) · [Anatomy of a Phenomenon](<https://archive.org/details/338022202-jacques-vallee-anatomy-of-a-phenomenon-pdf>) · [Platillos volantes en Iberoamérica y España](<https://archive.org/details/antonio-ribera-platillos-volantes-en-iberoamerica-y-espaa-pomaire-1969-pdf_compress>) · [Operation Trojan Horse](<https://archive.org/details/operation-trojan-horse-john-keel>) · [UFO Register vol. 6, parties 1–2](<https://archive.org/details/UFO_Register_Vol_06_parts_1-2_1975>) · [Étranges météores](<https://archive.org/details/EtrangesMeteores>)

### Quatre cent quarante-sept vaisseaux

Dans les années 1970, l’affaire revint à sa source, et grossit. En 1978, le chercheur belge Michel Bougard réimprima in extenso le texte français de Bonilla dans la revue de la SOBEPS, la société belge d’étude des ovnis, soutint que les corps étaient sans doute les mêmes objets signalés au-dessus d’autres pays dans les mois qui suivirent, des faisceaux semblables à ceux d’un projecteur après le Krakatoa à une « torpille » au-dessus du Texas, et proposa aux ufologues de cesser de dater la naissance de leur sujet de juin 1947 pour la ramener en août 1883, « en mémoire de l’astronome Bonilla ». L’année suivante, Colman VonKeviczky, fondateur et président de l’ICUFON, l’Intercontinental UFO Galactic Spacecraft Research and Analytic Network, publia « Les 447 ovnis de Zacatecas » dans le magazine barcelonais Mundo Desconocido. Selon son décompte, Bonilla et son assistant enregistrèrent « 283 + 48 = 331 » le premier jour et 116 vaisseaux spatiaux le second, volant par vagues successives et par escadrilles de quinze à vingt. L’ICUFON, disait-il, avait écrit à l’observatoire de Zacatecas le 31 août 1976 pour demander des informations : « Personne n’a répondu ! » Un représentant en Argentine avait renouvelé la demande en janvier 1977 et avait été ignoré. VonKeviczky y vit le silence et la dissimulation des astronomes, publia une traduction espagnole qui faisait des banales plaques au gélatinobromure de Bonilla un procédé daguerréotype, et plaça les vaisseaux à 242 000 kilomètres. En 1981, il le répéta en anglais dans le bulletin français Ufologie Contact : « The first offical UFO photograph! A UFO ARMADA! » Une traduction anglaise du rapport parut aussi dans Sky Creatures de Trevor James Constable, un livre soutenant que certains ovnis étaient des créatures vivantes de la haute atmosphère, dans une annexe de Larry Arnold sur les « bestioles » dans l’histoire. En 1994, le magazine mexicain Perspectivas Ufológicas traduisit de nouveau le rapport et proposa un autre coupable : la poussière du Krakatoa, qui grondait depuis des semaines et allait exploser deux semaines après le second matin de Bonilla.

Sources: [Le dossier photo](<https://archive.org/details/Inforespace_No_41_1978>) · [Los 447 OVNIs de Zacatecas](<https://archive.org/details/42-mundo-desconocido-1979-12-la-carretera-fantasma.-los-447-ovnis-de-zacatecas>) · [Ufologie Contact, nouvelle série no 6](<https://archive.org/details/Ufologie_Contact_Series_Nouvelle_No_06_janv_1981>) · [El Informe Bonilla](<https://archive.org/details/Perspectivas_No_03_Set_1994>) · [Sky Creatures: Living UFOs](<https://archive.org/details/skycreaturesbytrevorjamesconstable>)

### Une comète qui faillit heurter la Terre

En octobre 2011, trois chercheurs de l’université nationale du Mexique, le physicien de l’espace Héctor Javier Durand Manterola, l’historienne des sciences María de la Paz Ramos Lara et Guadalupe Cordero, prirent les chiffres de Bonilla au pied de la lettre et mirent en ligne une lecture saisissante. Si les corps étaient invisibles depuis Mexico, à 603 kilomètres, et depuis Puebla, à 728 kilomètres, ils ne pouvaient se trouver à plus de 64 800 kilomètres environ de Zacatecas. S’il s’agissait de fragments d’une comète filant à 15 à 75 kilomètres par seconde, les temps de traversée de Bonilla les plaçaient entre 538 et 8 062 kilomètres de la surface terrestre, chacun large de 46 à 795 mètres, avec des masses allant jusqu’à des milliards de tonnes. En extrapolant son rythme sur les 25 heures séparant le premier matin du second, on obtenait environ 3 275 fragments, issus d’une comète mère pouvant atteindre huit fois la masse de celle de Halley. Leur candidate était une comète déjà fragmentée avant 1883, peut-être l’une des deux comètes vues cette année-là, comme Pons–Brooks, dont l’orbite était à peu près aussi inclinée que les trajectoires de Bonilla. « S’ils étaient entrés en collision avec la Terre », écrivaient-ils, « nous aurions eu 3 275 événements de la Toungouska en deux jours, probablement un événement d’extinction », l’événement de la Toungouska étant l’explosion de 1908 qui coucha quelque 2 000 kilomètres carrés de forêt sibérienne. La MIT Technology Review présenta l’histoire comme celle d’une comète d’un milliard de tonnes qui aurait pu manquer la Terre de quelques centaines de kilomètres. L’astronome Phil Plait se dit « très sceptique » : un essaim aussi proche aurait dû illuminer le ciel de météores, et aucune comète n’avait été vue. Durand Manterola, sans se démonter, déclara à l’agence mexicaine Notimex qu’il s’agissait d’une théorie plausible pour un événement qu’un Mexicain avait consigné en 1883.

Sources: [Interprétation des observations faites en 1883 à Zacatecas (Mexique) : une comète fragmentée qui faillit heurter la Terre](<https://arxiv.org/abs/1110.2798>) · [Une comète d’un milliard de tonnes a peut-être manqué la Terre de quelques centaines de kilomètres en 1883](<https://www.technologyreview.com/2011/10/17/21387/billion-ton-comet-may-have-missed-earth-by-a-few-hundred-kilometers-in-1883/>) · [Une comète en fragments a-t-elle failli heurter la Terre en 1883 ? Je suis très sceptique](<https://slate.com/technology/2011/10/did-a-fragmenting-comet-nearly-hit-the-earth-in-1883-color-me-very-skeptical.html>) · [Le premier ovni photographié était-il une comète ?](<https://www.universetoday.com/articles/was-the-first-photographed-ufo-a-comet>) · [En 1883 mexicano captó cometa que casi choca con la Tierra](<https://archivo.eluniversal.com.mx/articulos/66724.html>)

![Croquis à la plume et à l’encre sur fond blanc d’une comète représentée par une petite tête sombre prolongée d’une large queue striée en éventail qui descend en diagonale vers le bas à droite, avec des flèches d’échelle marquant un et deux degrés.](<https://uap.fun/zacatecas-1883-pons-brooks-barnard-1884.jpg>)

La comète Pons–Brooks dessinée par E. E. Barnard le 20 janvier 1884, quelques mois après les observations de Zacatecas. L’article de l’UNAM de 2011 l’évoquait comme possible comète mère des corps de Bonilla. Domaine public, via Wikimedia Commons.

[Source de l’image](<https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Comet_Pons-Brooks_by_E.E._Barnard.jpg>)

[Public domain](<https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/>)

### La lunette tourne toujours

Bonilla écrivit ensuite une cosmographie élémentaire, entra à l’Astronomical Society of the Pacific en 1890, fit des expériences de radio à éclateur en 1906 et, en 1911, s’installa à Mexico pour diriger l’École nationale des arts et métiers. Il y mourut le 13 mai 1920. L’équatorial français qu’il avait pointé vers le Soleil en 1883 ne quitta pas Zacatecas. En 2015, Notimex le trouva toujours en service, laitons compris, dans un observatoire de l’Université autonome de Zacatecas qui porte aujourd’hui le nom de Manuel Ríos Herrera, ouvert au public les soirs de semaine, et relaya la fierté locale : c’était la lunette qui avait pris les premières photographies d’ovnis, même si les chercheurs, ajoutait l’agence, pensaient désormais qu’il s’était agi de débris de comète. L’université décerne une médaille José Árbol y Bonilla depuis 2007, et en 2023 l’historienne Rocío Gomez a publié une étude sur la façon dont Zacatecas, à travers Bonilla et d’autres, a nourri la science mondiale des météorites, la chute de Mazapil étant l’un de ses deux cas. Personne n’a publié les plaques originales depuis 1885.

Sources: [Instituto de Ciencias de Zacatecas: José Árbol y Bonilla, breves de la historia](<https://ljz.mx/16/03/2022/instituto-de-ciencias-de-zacatecas-jose-arbol-y-bonilla-breves-de-la-historia-3/>) · [Primeras fotos de “OVNIS” fueron captadas en Zacatecas en 1883](<https://www.excelsior.com.mx/nacional/2015/10/08/1050080>) · [Exploiter le ciel : José Árbol y Bonilla, les météorites de Zacatecas et la circulation du savoir scientifique](<https://doi.org/10.1525/msem.2023.39.3.401>) · [José Árbol y Bonilla](<https://es.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_%C3%81rbol_y_Bonilla>)

## Les preuves

### Ce qui subsiste

L’affaire repose sur un seul document : le rapport de quatre pages de Bonilla dans L’Astronomie de septembre 1885, avec son dessin des trajectoires et la similigravure d’une photographie, suivi de la note de la rédaction. La notice de 1884 de la revue sur le nouvel observatoire confirme que le passage de corpuscules des 12 et 13 août 1883 avait été signalé à Paris bien avant la parution du récit complet ; les lettres de février 1886 montrent des lecteurs qui le prenaient au sérieux, et le procès-verbal de la société d’avril 1887 montre Bonilla le citant encore. Aucun article de presse mexicain de 1883, aucune réponse des observatoires de Mexico ou de Puebla et aucun registre d’observation n’ont été retrouvés, et les plaques de verre originales n’ont pas été localisées. L’affirmation d’Edwards, en 1956, selon laquelle les photographies avaient survécu, celle d’un bulletin de 1961 voulant que le gouvernement mexicain les détienne, et la copie pâlie de Leslie dans un grenier parisien n’ont jamais été documentées. Les citations tirées de sources françaises sont données dans leur texte original ; les autres sont des traductions de cette archive.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) · [Nouvel observatoire au Mexique](<https://archive.org/details/lastronomierevu03flamgoog/page/n351>) · [Passage de corpuscules devant le Soleil](<https://archive.org/details/lastronomie01flamgoog/page/n87>) · [Uranolithe tombé au Mexique pendant la pluie d’étoiles filantes du 27 novembre 1885](<https://archive.org/details/lastronomierevu00flamgoog>) · [LUFORO Bulletin vol. 2, no 4](<https://archive.org/details/LUFORO_Bulletin_Vol_2_No_04_April_1961>)

### Comment les chiffres ont grossi

Les comptages de Bonilla étaient de 283 en deux heures et de 48 en quarante minutes le 12 août, et de 116 en quarante-cinq minutes le 13 août : 447 en tout. Les récits ultérieurs les conservèrent rarement. Arnold et Palmer firent du second matin 1 166 ; Leslie et Keel s’en tinrent à 143, et le bulletin francophone Vimana, en 1969, perdit un chiffre et en fit 13 ; Ralph et Judy Blum, en 1974, donnèrent « près de 150 », avec les formes de cigare et de fuseau de Keel, mot pour mot. Le sens de la marche passa d’ouest-est à est-ouest chez Arnold et chez Edwards. Des corps irréguliers, ronds à l’œil, devinrent des engins en forme de cigare et de fuseau, des ovales à cinq rayons, des formations régulières, des escadrilles et une étoile à cinq branches. La distance, que Bonilla s’était borné à situer « à une moindre distance que la Lune », devint 200 000 miles chez Keel et 242 000 kilomètres chez VonKeviczky, et son unique photographie publiée devint un ensemble de plaques conservées. Quand le catalogue britannique UFO Register recensa les photographies d’ovnis du monde entier en 1975, il fit de Zacatecas l’entrée 0001. Le sceptique Marc Hallet nota en 1986 que même les copies de la photographie dans les livres sur les ovnis avaient dérivé, portant une déformation que l’original n’avait pas, signe que chaque auteur avait copié le précédent.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) · [The Coming of the Saucers](<https://archive.org/details/the-coming-of-the-saucers_202210>) · [Flying Saucers Have Landed](<https://archive.org/details/george-adamski-flying-saucers-have-landed>) · [Operation Trojan Horse](<https://archive.org/details/operation-trojan-horse-john-keel>) · [Soucoupes volantes dans le passé](<https://archive.org/details/Vimana_No_06_Aout_1969>) · [Beyond Earth: Man’s Contact with UFOs](<https://archive.org/details/beyond-earth>) · [Strangest of All](<https://archive.org/details/StrangestOfAll>) · [Los 447 OVNIs de Zacatecas](<https://archive.org/details/42-mundo-desconocido-1979-12-la-carretera-fantasma.-los-447-ovnis-de-zacatecas>) · [UFO Register vol. 6, parties 1–2](<https://archive.org/details/UFO_Register_Vol_06_parts_1-2_1975>) · [Étranges météores](<https://archive.org/details/EtrangesMeteores>)

### Les explications

La plus ancienne réponse reste la plus répandue. Paris proposa des oiseaux, des insectes ou des poussières supérieures en 1885, et les corps de Bangalore signalés en 1870, que rappelait la lettre de Herschel, furent finalement pris par leur observateur, rapporte Fort, pour « des sauterelles ou des mouches d’une sorte ou d’une autre ». L’auteur John Spencer suggéra un vol de canards hors de la mise au point ; Plait, en 2011, admettait des oiseaux ou un phénomène atmosphérique singulier. De petits objets proches expliqueraient pourquoi Mexico et Puebla ne virent rien, pourquoi le Soleil et les corps ne pouvaient être nets en même temps, et pourquoi les formes sombres brillaient une fois sorties du disque. Face à cela se dresse Bonilla lui-même, un professionnel qui observa pendant trois heures et demie sur deux jours, vit les corps briller et laisser des traînées hors du Soleil et, d’après son essai de mise au point, les jugea lointains mais plus proches que la Lune. La première idée de la rédaction, les météores des Perséides, se heurte à l’objection qu’elle souleva elle-même : Mexico et Puebla ne virent rien. La poussière du Krakatoa n’a aucun lien connu avec un flot de corps distincts. L’hypothèse de la comète explique l’essaim mais non l’absence de pluie de météores, et les Perséides de 1883, comme l’a noté Universe Today, furent un spectacle sans éclat. Plus de 140 ans plus tard, l’essaim reste non identifié, et la réponse dépend de la confiance que l’on accorde au comptage, au chronométrage et à la vis de mise au point d’un seul astronome.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) · [Passage de corpuscules devant le Soleil](<https://archive.org/details/lastronomie01flamgoog/page/n87>) · [The Book of the Damned](<https://www.gutenberg.org/ebooks/22472>) · [El Informe Bonilla](<https://archive.org/details/Perspectivas_No_03_Set_1994>) · [Interprétation des observations faites en 1883 à Zacatecas (Mexique) : une comète fragmentée qui faillit heurter la Terre](<https://arxiv.org/abs/1110.2798>) · [Une comète en fragments a-t-elle failli heurter la Terre en 1883 ? Je suis très sceptique](<https://slate.com/technology/2011/10/did-a-fragmenting-comet-nearly-hit-the-earth-in-1883-color-me-very-skeptical.html>) · [Le premier ovni photographié était-il une comète ?](<https://www.universetoday.com/articles/was-the-first-photographed-ufo-a-comet>)

### Note sur la classification

Zacatecas est classé ici comme une observation de masse parce que le rapport porte sur des centaines d’objets comptés sur deux jours par un astronome et son assistant, non parce que de nombreux témoins indépendants les virent ; les observatoires sollicités ne virent rien. Aucun type de rencontre rapprochée n’est attribué : les corps ne furent vus qu’à la lunette, devant le Soleil, à une distance que Bonilla ne put mesurer. L’étiquette de « première photographie d’ovni » revient à des auteurs ultérieurs. Bonilla les appelait simplement des « corps » et ne proposa jamais d’explication qui lui soit propre.

Sources: [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) · [Strangest of All](<https://archive.org/details/StrangestOfAll>) · [Operation Trojan Horse](<https://archive.org/details/operation-trojan-horse-john-keel>)

## Chronologie

- **6 DÉC 1882:** L’observatoire de Zacatecas commence ses travaux le jour du passage de Vénus, sous la direction de José A. y Bonilla.
- **15–16 AVR 1883:** À Marseille, H. Bruguière voit de petits corps informes passer devant le Soleil d’ouest en est.
- **12 AOÛT 1883 · 8 H:** En dessinant les taches solaires, Bonilla voit un petit corps traverser le Soleil ; il en compte 283 en deux heures.
- **12 AOÛT 1883 · MIDI:** En quarante minutes autour de midi, il en compte 48 de plus.
- **12–13 AOÛT 1883:** Bonilla photographie les corps ; une plaque au collodion humide, exposée au centième de seconde, sera plus tard imprimée à Paris.
- **12 AOÛT 1883:** Bonilla télégraphie aux observatoires de Mexico et de Puebla ; aucun des deux ne voit les corps.
- **13 AOÛT 1883 · À PARTIR DE 8 H:** Une fois les nuages dissipés, lui et son assistant comptent 116 corps en quarante-cinq minutes.
- **1884:** L’Astronomie annonce le nouvel observatoire et signale le passage de corpuscules des 12 et 13 août 1883.
- **SEPT 1885:** L’Astronomie publie le rapport de Bonilla, son dessin et la photographie ; la rédaction suggère des oiseaux, des insectes ou des poussières.
- **27 NOV 1885:** Pendant la pluie de météores de Biela, un fer tombe près de Mazapil ; le récit de Bonilla est lu à New York en janvier 1887.
- **FÉVR 1886:** Des lettres de J. Herschel et de H. Bruguière rattachent l’essaim à des corps vus auparavant traversant le Soleil à Bangalore et à Marseille.
- **20 AVR 1887:** À Paris, Bonilla rappelle son observation de 1883 devant la Société astronomique de France.
- **1919:** Charles Fort fait entrer l’essaim et la photographie dans The Book of the Damned.
- **1952:** Kenneth Arnold et Ray Palmer transforment l’essaim en une flotte de vaisseaux spatiaux entre la Terre et la Lune.
- **1953–1970:** Leslie, Edwards, Vallée, Ribera et Keel racontent à nouveau l’affaire ; Edwards et Keel en font la première photographie d’ovni.
- **DÉC 1979:** Colman VonKeviczky publie « Les 447 ovnis de Zacatecas » dans Mundo Desconocido.
- **12 OCT 2011:** Des chercheurs de l’UNAM proposent une comète fragmentée passée à quelques centaines ou quelques milliers de kilomètres de la Terre.
- **OCT 2015:** Notimex rapporte que la lunette de Bonilla est toujours en service dans un observatoire universitaire de Zacatecas.

## Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

- [Passage sur le disque solaire d’un essaim de corpuscules, vu à l’Observatoire de Zacatecas (Mexique)](<https://archive.org/details/lastronomie03flamgoog/page/n392>) — José A. y Bonilla, avec la note de la rédaction · L’Astronomie vol. 4, no 9 · Gauthier-Villars, Paris, septembre 1885, p. 347–350, fig. 118–119 · Internet Archive
- [Nouvel observatoire au Mexique](<https://archive.org/details/lastronomierevu03flamgoog/page/n351>) — L’Astronomie vol. 3 · Gauthier-Villars, Paris, 1884, p. 311–312 · Internet Archive
- [Passage de corpuscules devant le Soleil](<https://archive.org/details/lastronomie01flamgoog/page/n87>) — Lettres de J. Herschel et de H. Bruguière, avec les commentaires de la rédaction · L’Astronomie vol. 5 · Février 1886, p. 70–71 · Internet Archive
- [Uranolithe tombé au Mexique pendant la pluie d’étoiles filantes du 27 novembre 1885](<https://archive.org/details/lastronomierevu00flamgoog>) — José A. y Bonilla · L’Astronomie vol. 6 · Août 1887, p. 281–284, et séance de la Société astronomique de France du 20 avril 1887, p. 468 · Internet Archive
- [Sur un fer météorique tombé à Mazapil, au Mexique, pendant la pluie de météores « Biélides » du 27 novembre 1885](<https://archive.org/details/transactionsnew06unkngoog>) — William Earl Hidden, avec un récit de sa chute par José A. y Bonilla · Transactions of the New York Academy of Sciences vol. 6 · 17 janvier 1887 · Internet Archive
- [The Book of the Damned](<https://www.gutenberg.org/ebooks/22472>) — Charles Fort · Boni and Liveright, New York, 1919 · Project Gutenberg
- [The Coming of the Saucers](<https://archive.org/details/the-coming-of-the-saucers_202210>) — Kenneth Arnold et Ray Palmer · Amherst Press, Boise et Amherst, 1952, chapitre 8 · Internet Archive
- [Flying Saucers Have Landed](<https://archive.org/details/george-adamski-flying-saucers-have-landed>) — Desmond Leslie et George Adamski · Werner Laurie, Londres, 1953 ; édition de 1957 · Internet Archive
- [Strangest of All](<https://archive.org/details/StrangestOfAll>) — Frank Edwards · Lyle Stuart, New York, 1956 ; édition Ace de 1962, p. 167–168 · Internet Archive
- [LUFORO Bulletin vol. 2, no 4](<https://archive.org/details/LUFORO_Bulletin_Vol_2_No_04_April_1961>) — London Unidentified Flying Object Research Organisation · Avril 1961, citant S.P.A.C.E. no 49 · Internet Archive
- [Anatomy of a Phenomenon](<https://archive.org/details/338022202-jacques-vallee-anatomy-of-a-phenomenon-pdf>) — Jacques Vallée · Henry Regnery, Chicago, 1965, p. 30 · Internet Archive
- [Platillos volantes en Iberoamérica y España](<https://archive.org/details/antonio-ribera-platillos-volantes-en-iberoamerica-y-espaa-pomaire-1969-pdf_compress>) — Antonio Ribera · Pomaire, Barcelone, 1969, p. 24–25 · Internet Archive
- [Operation Trojan Horse](<https://archive.org/details/operation-trojan-horse-john-keel>) — John A. Keel · G. P. Putnam’s Sons, New York, 1970, p. 31 · Internet Archive
- [Sky Creatures: Living UFOs](<https://archive.org/details/skycreaturesbytrevorjamesconstable>) — Trevor James Constable · Annexe de Larry Arnold, « The Critters in History », avec une traduction anglaise du rapport de Bonilla · Internet Archive
- [Soucoupes volantes dans le passé](<https://archive.org/details/Vimana_No_06_Aout_1969>) — J.-C. Dufour · Vimana no 6, C.E.R.E.I.C. · Août 1969 · Internet Archive
- [Beyond Earth: Man’s Contact with UFOs](<https://archive.org/details/beyond-earth>) — Ralph et Judy Blum · Bantam, New York, 1974 · Internet Archive
- [UFO Register vol. 6, parties 1–2](<https://archive.org/details/UFO_Register_Vol_06_parts_1-2_1975>) — Contact UK · 1975 · Catalogue photographique, entrée 0001 · Internet Archive
- [Le dossier photo](<https://archive.org/details/Inforespace_No_41_1978>) — Michel Bougard · Inforespace no 41, SOBEPS, Bruxelles, 1978, p. 18–20, avec le texte français du rapport de Bonilla · Internet Archive
- [Los 447 OVNIs de Zacatecas](<https://archive.org/details/42-mundo-desconocido-1979-12-la-carretera-fantasma.-los-447-ovnis-de-zacatecas>) — Colman S. VonKeviczky, ICUFON · Mundo Desconocido no 42, Barcelone, décembre 1979, p. 61–65 · Internet Archive
- [Ufologie Contact, nouvelle série no 6](<https://archive.org/details/Ufologie_Contact_Series_Nouvelle_No_06_janv_1981>) — Colman S. VonKeviczky, ICUFON · Janvier 1981 · Article en anglais sur l’« armada » de Zacatecas · Internet Archive
- [Étranges météores](<https://archive.org/details/EtrangesMeteores>) — Marc Hallet · Extrait d’Astronomes et OVNIs, 1986 · Internet Archive
- [El Informe Bonilla](<https://archive.org/details/Perspectivas_No_03_Set_1994>) — Óscar García · Perspectivas Ufológicas no 3, Mexique, septembre 1994 · Internet Archive
- [Interprétation des observations faites en 1883 à Zacatecas (Mexique) : une comète fragmentée qui faillit heurter la Terre](<https://arxiv.org/abs/1110.2798>) — Héctor Javier Durand Manterola, María de la Paz Ramos Lara et Guadalupe Cordero, UNAM · arXiv:1110.2798 · 12 octobre 2011
- [Une comète d’un milliard de tonnes a peut-être manqué la Terre de quelques centaines de kilomètres en 1883](<https://www.technologyreview.com/2011/10/17/21387/billion-ton-comet-may-have-missed-earth-by-a-few-hundred-kilometers-in-1883/>) — Emerging Technology from the arXiv · MIT Technology Review · 17 octobre 2011
- [Une comète en fragments a-t-elle failli heurter la Terre en 1883 ? Je suis très sceptique](<https://slate.com/technology/2011/10/did-a-fragmenting-comet-nearly-hit-the-earth-in-1883-color-me-very-skeptical.html>) — Phil Plait · Bad Astronomy · 17 octobre 2011
- [Le premier ovni photographié était-il une comète ?](<https://www.universetoday.com/articles/was-the-first-photographed-ufo-a-comet>) — Jon Voisey · Universe Today · Octobre 2011
- [En 1883 mexicano captó cometa que casi choca con la Tierra](<https://archivo.eluniversal.com.mx/articulos/66724.html>) — Notimex · El Universal, Mexico · 18 octobre 2011
- [Primeras fotos de “OVNIS” fueron captadas en Zacatecas en 1883](<https://www.excelsior.com.mx/nacional/2015/10/08/1050080>) — Notimex · Excélsior, Mexico · 8 octobre 2015
- [Instituto de Ciencias de Zacatecas: José Árbol y Bonilla, breves de la historia](<https://ljz.mx/16/03/2022/instituto-de-ciencias-de-zacatecas-jose-arbol-y-bonilla-breves-de-la-historia-3/>) — La Jornada Zacatecas · 16 mars 2022
- [Exploiter le ciel : José Árbol y Bonilla, les météorites de Zacatecas et la circulation du savoir scientifique](<https://doi.org/10.1525/msem.2023.39.3.401>) — Rocío Gomez · Mexican Studies/Estudios Mexicanos vol. 39, no 3 · Automne 2023, p. 401–426
- [José Árbol y Bonilla](<https://es.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_%C3%81rbol_y_Bonilla>) — Wikipédia (en espagnol)

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