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DOSSIER / 002 1980

La forêt de Rendlesham

Des lumières inexpliquées au-delà d’une base aérienne. Un mémo militaire. L’un des mystères ovni les plus tenaces de Grande-Bretagne.

Illustration d’une pinède embrumée au crépuscule, avec des lumières lointaines visibles entre les arbres.
1980
Ce n’est pas une vraie photo.

Des lumières au-delà du périmètre

Aux premières heures du 26 décembre 1980, des membres du personnel de sécurité de la Force aérienne des États-Unis stationnés à RAF Woodbridge, dans le Suffolk, remarquèrent des lumières inhabituelles au-delà du périmètre oriental de la base. Craignant qu’un avion ne se soit écrasé dans la forêt de Rendlesham, ils obtinrent l’autorisation d’aller voir. Jim Penniston, John Burroughs et Ed Cabansag s’enfoncèrent dans les bois. Leur recherche devint le premier des deux épisodes principaux associés à l’affaire ; le commandant adjoint de la base, le lieutenant-colonel Charles Halt, prit part au second.

À la poursuite d’une lumière entre les arbres

Les premières déclarations décrivent des lumières vives et colorées qui semblaient s’éloigner à mesure que la patrouille approchait. Penniston rapporta un objet d’apparence mécanique ; Burroughs et Cabansag décrivirent des lumières, dont une balise lointaine qu’ils finirent par identifier comme un phare. Le mémorandum rédigé ensuite par Halt résumait le rapport de la première patrouille comme un objet triangulaire et lumineux doté de feux rouges et bleus. Ces récits se recoupent, mais ils ne donnent pas des descriptions identiques de ce que les hommes virent ni de la distance à laquelle ils s’approchèrent.

Des marques sur le sol de la forêt

La recherche menée le lendemain à la lumière du jour mit au jour trois dépressions peu profondes que les militaires associèrent à un possible atterrissage. Le mémorandum de Halt les décrivit plus tard comme mesurant environ sept pouces de diamètre et un pouce et demi de profondeur, et consigna les relevés de radioactivité effectués lors de son retour sur les lieux. La police du Suffolk se rendit également sur place. Ses archives décrivent une recherche qui ne trouva aucun avion ; les agents identifièrent la lumière visible comme le phare d’Orford. Les marques au sol devinrent un autre point de désaccord, une activité animale ordinaire étant avancée comme explication.

Halt emporte un magnétophone dans les bois

Deux nuits après la première patrouille, Halt sortit avec une petite équipe et un magnétophone à cassette portatif. La bande conservée capte leurs tentatives d’examiner les marques, de faire fonctionner le matériel d’éclairage et de relever la radioactivité. Plus tard, ils décrivent une lumière clignotante à travers les arbres, puis d’autres lumières dans le ciel. Halt signale ce qui lui paraît être un faisceau descendant vers le sol. L’enregistrement dure environ 18 minutes mais couvre plusieurs heures : il l’arrêta et le relança à plusieurs reprises. Il conserve leurs réactions, sans fournir d’image des lumières elles-mêmes.

Un mémorandum parvient à Whitehall

Le 13 janvier 1981, Halt signa un mémorandum d’une page intitulé « Unexplained Lights » (Lumières inexpliquées). Il combinait le récit de la première patrouille avec les observations de sa propre expédition. Ses dates, les 27 et 29 décembre, diffèrent de la chronologie des 26 et 28 décembre étayée par d’autres documents de l’époque. Le mémorandum fut transmis au ministère de la Défense britannique. Dans un entretien ultérieur avec le chercheur David Clarke, le fonctionnaire qui le traita, Simon Weeden, déclara que les vérifications menées auprès des spécialistes de la défense aérienne n’avaient révélé aucune menace apparente justifiant d’autres mesures.

Pourquoi les récits divergent encore

L’histoire toucha un public plus large en 1983, et les entretiens ultérieurs ajoutèrent des détails et des désaccords. L’astronome et enquêteur Ian Ridpath soutient qu’un météore, le phare d’Orford Ness et des étoiles brillantes expliquent différentes parties des observations. Halt rejette cette interprétation d’ensemble. La décision du ministère de la Défense portait sur l’importance du cas pour la défense ; ce n’était pas une reconstitution exhaustive de tout ce que les témoins avaient vécu. La comparaison la plus utile reste celle entre les premières déclarations, la bande et ce que chaque témoin se rappela des années plus tard.

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Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

Le mémorandum de Charles Halt : « Unexplained Lights »Force aérienne des États-Unis · 13 janvier 1981 · Numérisation et transcription hébergées par Ian RidpathLes déclarations écrites des témoins de la première patrouillePersonnel de la Force aérienne des États-Unis · 1980–1981 · Numérisations hébergées par Ian RidpathArchives et correspondance de la police du SuffolkSuffolk Constabulary · Documents et commentaire hébergés par Ian RidpathL’enregistrement de terrain de Halt et sa transcription annotéeCharles Halt · Décembre 1980 · Audio et transcription hébergés par Ian RidpathLa forêt de Rendlesham : le phare et les autres explicationsIan Ridpath · Analyse sceptique de l’enquêteurL’incident de la forêt de Rendlesham : archives officielles et échos radarParlement du Royaume-Uni · Hansard · 16 octobre 2001Guide de recherche sur les dossiers ovni : les archives de RendleshamArchives nationales du Royaume-Uni (The National Archives) · Août 2011 · PDF, p. 12–13Simon Weeden se souvient d’avoir traité le rapport au ministère de la DéfenseDavid Clarke · Entretien · 26 décembre 2020Entretien de Charles Halt avec Ross CoulthartNewsNation · Reality Check · YouTube · 28 octobre 2025
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