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DOSSIER / 013 1967

Les lumières de Shag Harbour

Quatre lumières ont plongé en biais vers un port de l’Atlantique sans lune. La police, des pêcheurs, un patrouilleur de la Garde côtière et des plongeurs de la Marine ont cherché, mais la mer n’a rien rendu.

Illustration de cinq témoins de dos, près d’une voiture des années 1960 à Shag Harbour, observant quatre lumières lointaines qui descendent vers l’eau sombre et une lueur distincte près de la surface.
1967
Ce n’est pas une vraie photo.

Quatre lumières au-dessus d’une route sans lune

« Nuit claire, pas de lune », dirait le télex militaire. Un peu après vingt-trois heures, le mercredi 4 octobre 1967, Laurie Wickens, dix-sept ans, ramenait en voiture un ami et trois jeunes femmes d’un bal par la route 3, qui longe la pointe déchiquetée du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Au-dessus de l’eau, devant eux, une rangée de lumières était suspendue. « Il y en avait quatre en ligne, et elles s’allumaient et s’éteignaient », se souvenait-il cinquante ans plus tard. Le Chronicle-Herald de Halifax, qui se trompa cette semaine-là sur son nom et son âge — « Lauren Wiggins, 19 ans » —, rapporta que les lumières étaient jaunes et blanches, qu’elles s’inclinèrent à quarante-cinq degrés environ et qu’elles descendirent en un « glissement progressif ». Wickens n’entendit rien ; l’un de ses passagers entendit un sifflement, comme un chuintement. À Bear Point, Dave Kendricks, dix-huit ans, et son ami Norm Smith, qui revenaient de Cape Island en voiture, virent une lumière rouge orangé, puis deux autres alignées selon la même inclinaison. « Des points de lumière minuscules », dit Kendricks, « pas comme des fusées éclairantes ».

Sources: Documents gouvernementaux de Shag Harbour : le télex du RCC de Halifax, les messages des Forces canadiennes et le mémorandum TurnerL’observation d’ovni la mieux documentée du Canada intrigue toujours, 50 ans plus tardArticles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967

Un avion qui tombe à la mer

Dans aucune des deux voitures on ne pensa à des vaisseaux spatiaux. Ils crurent qu’un avion de ligne était tombé dans le détroit. Wickens trouva une cabine téléphonique et appela le détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Barrington Passage, où la première chose qu’on lui demanda fut s’il avait bu. Quelques minutes plus tard — c’est ainsi qu’il l’a toujours raconté, dit sa fille —, le téléphone public sonna à son tour : d’autres appels arrivaient. « Je vous avais dit que je ne mentais pas », répondit-il. En milieu de matinée, le Centre de coordination des opérations de sauvetage de Halifax avait réduit cette nuit à un message prioritaire pour le quartier général des Forces canadiennes, sous l’en-tête « RAPPORT OVNI ». Observateur : le caporal Victor Werbicki, de la GRC, avec six autres témoins. Objet : « OBJET SOMBRE – PLUS DE 60 PIEDS – 4 LUMIÈRES BLANCHES À L’HORIZONTALE ESPACÉES DE 15 PIEDS ». Comportement : « OVNI A DESCENDU RAPIDEMENT VERS L’EAU AVEC SIFFLEMENT AIGU, ÉCLAIR VIF EN TOUCHANT L’EAU, UNE SEULE LUMIÈRE FLOTTANT EN SURFACE EST RESTÉE LONGTEMPS ».

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La lumière qui est restée

Trois gendarmes étaient sur le rivage en moins de vingt minutes, avec une poignée de villageois. L’agent Ron O’Brien raconta au Chronicle-Herald qu’une lumière jaune pâle flottait à environ un demi-mile du bord et dérivait avec la marée. Elle sombra, dit le télex, « avant que la GRC puisse lui envoyer un bateau ». Quand le projet ovni de l’université du Colorado passa quelques coups de téléphone, quelques jours plus tard, l’enquêteur Norman Levine remarqua ce que les témoins avaient dit et ce qu’ils n’avaient pas dit. Ils avaient vu des lumières descendre. Ils avaient vu une lumière sur l’eau. « Apparemment, personne n’a réellement vu quoi que ce soit entrer dans l’eau. » Un homme lui dit que le bruit était un sifflement « comme celui d’une bombe qui tombe ».

Sources: Articles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967Documents gouvernementaux de Shag Harbour : le télex du RCC de Halifax, les messages des Forces canadiennes et le mémorandum TurnerCas 34 : Commandement maritime de la Marine canadienne

Les bateaux de pêche foncent dans le noir

Les pêcheurs de Shag Harbour n’attendirent pas qu’on le leur demande. Ils prirent la mer sur leurs propres bateaux, et le Cutter 101 de la Garde côtière canadienne arriva de Clark’s Harbour avec des gendarmes à bord. Il n’y avait aucun survivant à trouver, pas de corps, pas de bagages, pas de nappe de carburant. Il y avait une plaque d’écume. Le capitaine Bradford Shand déclara qu’elle mesurait au moins quatre-vingts pieds de large, qu’elle était jaunâtre et qu’il n’avait « jamais rien vu de pareil » ; le journal parla d’« une très vaste étendue d’eau bouillonnante et d’écume » et nota que, pendant des jours, les bateaux du coin se montrèrent « très méfiants » à l’idée de traverser l’endroit. Dans les versions racontées des décennies plus tard, l’écume fait un demi-mile de long et trois pouces d’épaisseur, elle scintille, elle est grasse au toucher, elle ressemble à de la mousse à raser et elle sent le soufre. Personne ne pensa à en recueillir dans un bocal, une omission qu’un professeur du nom de R. C. Tennyson déplorait déjà par écrit la semaine suivante.

Sources: Articles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967Cas 34 : Commandement maritime de la Marine canadienneLe « crash » d’ovni de Shag Harbour, 1967L’homme qui a signalé par téléphone l’observation d’ovni la plus célèbre du Canada est devenu le visage du mystère

Un sauvetage devient un dossier ovni

Halifax vérifia s’il manquait un avion. Il n’en manquait aucun. La seconde page du télex consigne le reste : « NOMBREUX PETITS BATEAUX – RÉSULTATS NULS… TOUTES AUTRES PISTES POSSIBLES (AVIONS, FUSÉES, ETC.) VÉRIFIÉES – RÉSULTATS NULS ». Cet après-midi-là, le commandant d’aviation William Bain, du quartier général des Forces canadiennes, envoya au Commandement maritime une instruction en deux lignes : enquêter sur le rapport d’ovni en question et envisager « UNE RECHERCHE SOUS-MARINE DE LA ZONE DÈS QUE POSSIBLE ». Le lendemain, son directeur, le colonel W. W. Turner, mit l’affaire par écrit pour le dossier. Le caporal de la GRC et six autres personnes avaient aperçu « un grand objet volant » de plus de soixante pieds de large ; le centre de sauvetage avait « écarté les possibilités que l’observation ait été produite par un avion, des fusées éclairantes, des flotteurs ou tout autre objet connu ». Bain fut moins prudent avec le Chronicle-Herald. « Nous recevons des centaines de rapports chaque semaine », dit-il, « mais l’incident de Shag Harbor est l’un des rares où nous pourrions obtenir quelque chose de concret. »

Sources: Documents gouvernementaux de Shag Harbour : le télex du RCC de Halifax, les messages des Forces canadiennes et le mémorandum TurnerArticles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967Shag Harbour, Nouvelle-Écosse, 4 octobre 1967

Sept plongeurs au-dessus d’un fond de sable

Le message d’affectation du Commandement maritime demandait « un officier plongeur et trois hommes pour enquêter sur l’objet signalé par la GRC », à trois cents yards du rivage. Les plongeurs, venus du HMCS Granby, se mirent à l’eau à midi le vendredi 6 octobre, travaillant par deux entre trente et soixante-cinq pieds de profondeur, le Cutter 101 se tenant à proximité. Le samedi, l’équipe passa à sept hommes et il fut question de faire venir un matériel spécial de détection des métaux. Le dimanche soir, la Marine mit fin aux recherches. « Pas une trace… pas un indice… pas le moindre morceau de quoi que ce soit », rapporta le Chronicle-Herald ; les plongeurs étaient complètement épuisés, et le quartier général admit qu’il n’avait jamais vraiment su ce qu’il cherchait.

Sources: Documents gouvernementaux de Shag Harbour : le télex du RCC de Halifax, les messages des Forces canadiennes et le mémorandum TurnerArticles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967

La nuit des ovnis

La soirée avait été étrange tout le long de la côte. Vers neuf heures, Leo Mersey, capitaine du bateau de pêche M/V J. B. Nickerson, se trouvait à trente-deux miles au sud du phare de Sambro quand il vit un objet portant « trois lumières rouges clignotantes très vives » ; son radar le situait à seize miles, avec trois autres échos à quelques miles de lui. Vers onze heures, raconta-t-il à la GRC de Lunenburg, « il est monté tout droit dans le ciel ». Les gendarmes le jugèrent « un individu du genre fiable », même si Mersey lui-même admit qu’« il n’est pas rare de voir la Marine, ou des avions, larguer des choses dans l’eau à cet endroit ». Une femme de Halifax vit un objet entouré d’un halo orangé entre neuf et dix heures. Un garçon de douze ans de Dartmouth nommé Chris Styles en vit un aussi, comme il l’a toujours affirmé. Une semaine plus tard, un homme du nom de Lockland Cameron et d’autres personnes signalèrent leurs propres lumières, et l’image de son téléviseur, dit-il, s’était mise à « trembloter ». Le télex de la GRC sur cet épisode indique : « TOUTES PERSONNES SOBRES ET SEMBLENT SINCÈRES », et recommande que quelqu’un du gouvernement vienne interroger les témoins des deux nuits. « La prochaine fois que je le vois », déclara Cameron à un journaliste, « je lui tire dessus. » La page éditoriale du Chronicle-Herald concédait, le 14 octobre : « Ce fut une semaine difficile pour les sceptiques. »

Sources: Documents gouvernementaux de Shag Harbour : le télex du RCC de Halifax, les messages des Forces canadiennes et le mémorandum TurnerArticles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967Cas 34 : Commandement maritime de la Marine canadienneL’homme qui a signalé par téléphone l’observation d’ovni la plus célèbre du Canada est devenu le visage du mystère

Le cas 34 appelle la Nouvelle-Écosse

À Boulder, l’étude sur les ovnis de la Force aérienne des États-Unis avait eu vent de Shag Harbour par Jim Lorenzen, de l’Aerial Phenomena Research Organization, et l’affaire devint le cas 34 du rapport Condon. Levine ne quitta jamais le Colorado. Par téléphone, il établit qu’aucun avion ne manquait, que la station radar la plus proche n’avait vu aucun écho inhabituel, que l’écume mesurait trente ou quarante yards de large et que les pêcheurs la jugeaient « pas de l’écume de marée normale », et que les témoins ne s’accordaient ni sur la couleur ni sur le nombre des lumières. Le J. B. Nickerson était trop loin pour être pertinent, conclut-il, et son capitaine avait pris ses propres lumières pour un exercice naval. Puisque les Canadiens avaient cherché sans tarder et n’avaient rien trouvé, le projet ne vit aucune raison d’aller plus loin.

Sources: Cas 34 : Commandement maritime de la Marine canadienne

Super-engin, colorant de marquage, fusées et bolides

Les explications fusèrent aussitôt. Un géologue de l’université Acadia qui siégeait au comité canadien des météorites avança l’hypothèse d’un « super-engin » aéronaval américain secret. Tennyson trouvait que l’écume ressemblait à un colorant de marquage. Le ministère de la Défense déclara n’avoir connaissance d’aucun véhicule de ce genre et que ses plongeurs avaient cherché n’importe quoi, d’un avion à une météorite inhabituelle. L’astronome, le père Burke-Gaffney, se dit peu impressionné. Le dossier sceptique moderne, exposé par Brian Dunning, est plus simple : des fusées de détresse maritimes, qui descendent en oblique, brûlent un moment à la surface et ne laissent presque rien à trouver — ou un bolide qui se fragmente pour la descente, la lumière flottante n’étant qu’une coïncidence. Il fait remarquer que les « résultats nuls » du télex signifient que l’on a cherché des fusées, non qu’on les a exclues. Mais un météore ne flotte pas, et une fusée ne dure généralement pas assez longtemps pour qu’un adolescent trouve un téléphone, discute avec un gendarme, se fasse rappeler, et que trois agents roulent jusqu’au rivage et la voient encore.

Sources: Articles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967L’ovni de Shag HarbourDocuments gouvernementaux de Shag Harbour : le télex du RCC de Halifax, les messages des Forces canadiennes et le mémorandum Turner

Le voyage sous-marin ajouté des décennies plus tard

Le garçon de douze ans de Dartmouth grandit et rouvrit le dossier. Dans les années 1990, Chris Styles revint aux documents, puis, avec Don Ledger, se mit à recueillir des récits qui n’avaient jamais figuré au dossier. Leur livre de 2001, Dark Object, les raconte par la voix de témoins appelés « Harry », « Jim », « Earl » et « Terry ». Dans cette version, l’objet n’a pas coulé à Shag Harbour. Il a remonté la côte sous l’eau et s’est arrêté au large de Government Point, près de Shelburne, où six ou sept navires de guerre canadiens et américains sont restés une semaine au-dessus de lui. Un second objet l’a rejoint. Le NORAD avait suivi la chose depuis la Sibérie. À la fin, les deux objets se sont échappés. Un plongeur est cité disant que ce qu’il a vu « ne venait pas de cette planète ». Un gardien de phare se souvenait d’hommes trempés, à l’accent anglais, débarquant en Zodiac. Rien de tout cela n’est documenté, et le commandant d’aviation Bain, lorsque Styles le retrouva, déclara ne connaître aucune opération à Shelburne. Mais un détail est assez étrange pour maintenir l’histoire en vie. La « station de recherche océanographique » de Government Point était une couverture. Le HMCS Shelburne était un poste d’écoute conjoint des marines canadienne et américaine au sein du réseau sous-marin qui pistait les sous-marins soviétiques, et il conserva cette couverture jusqu’en 1991.

Sources: Le « crash » d’ovni de Shag Harbour, 1967L’observation d’ovni la mieux documentée du Canada intrigue toujours, 50 ans plus tardL’ovni de Shag HarbourLa station CFS Shelburne (HMCS Shelburne)

Le port garde son mystère

Shag Harbour a fait la paix avec son visiteur. Les habitants ont fondé la Shag Harbour Incident Society en 2006 et ouvert un petit musée l’année suivante ; il y a un festival annuel et un cachet postal local. En 2019, la Monnaie royale canadienne a frappé une pièce rectangulaire en argent de vingt dollars pour commémorer l’affaire. Elle en a frappé quatre mille et en a vendu quatre-vingt-quinze pour cent le premier jour. Wickens avait fait campagne pour l’obtenir. Il a travaillé comme pêcheur, a présidé la société et ouvrait le musée hors saison à tout inconnu qui se présentait à sa porte. Il est mort le 19 juillet 2026, à soixante-seize ans, sans jamais avoir prétendu savoir ce qu’il avait vu. « Tout ce que je sais », disait-il, « c’est que nous avons vu quelque chose, et que quelque chose est descendu. » Quoi que ce fût, la chose est restée sur l’eau assez longtemps pour que la police la regarde dériver. Pourquoi n’a-t-elle pas coulé aussitôt — ou flotté jusqu’au matin ? Qu’espérait vraiment trouver la Marine à soixante pieds de fond ? Et sur une côte où une station secrète de pistage des sous-marins se trouvait un peu plus haut sur le rivage, qui d’autre écoutait cette nuit-là ?

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Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

Documents gouvernementaux de Shag Harbour : le télex du RCC de Halifax, les messages des Forces canadiennes et le mémorandum TurnerAviation royale canadienne, Commandement maritime et GRC · Octobre 1967 · Numérisations hébergées par David RudiakArticles de presse sur Shag Harbour, octobre 1967The Chronicle-Herald (Halifax) et Canadian Press · Ray MacLeod et autres · Transcriptions hébergées par David RudiakCas 34 : Commandement maritime de la Marine canadienneÉtude scientifique des objets volants non identifiés de l’université du Colorado · Norman E. Levine · 1968 · Transcription NCASShag Harbour, Nouvelle-Écosse, 4 octobre 1967Bibliothèque et Archives Canada · Canada’s UFOs: The Search for the Unknown · 2005 · Via l’Internet ArchiveL’observation d’ovni de Shag Harbour de 1967 et les recherches connexesBibliothèque et Archives Canada · Liste de documents d’archives sélectionnés · Mise à jour le 26 septembre 2024Les ovnis du Canada : à la recherche de l’inconnuBibliothèque et Archives Canada · Guide de recherche et collection numérisée des dossiers fédéraux sur les ovnisL’ovni de Shag HarbourBrian Dunning · Skeptoid nº 565 · 4 avril 2017 · Analyse sceptiqueL’observation d’ovni la mieux documentée du Canada intrigue toujours, 50 ans plus tardThe Canadian Press · Michael MacDonald · 21 septembre 2017 · Archive iNFOnewsLa Monnaie royale canadienne fait sensation avec une pièce illustrant la célèbre histoire du crash d’ovni au CanadaRoyal Canadian Mint · 1er octobre 2019 · Communiqué de presseMort d’un témoin de Shag Harbour, président de la société ufologiqueCTV News Atlantic · Natalie Lombard · 20 juillet 2026L’homme qui a signalé par téléphone l’observation d’ovni la plus célèbre du Canada est devenu le visage du mystèreCBC News · Richard Woodbury · 2 août 2026 · Entretiens avec la famille du témoin et des chercheursLe « crash » d’ovni de Shag Harbour, 1967Think Anomalous · Résumé de l’affaire avec des notes renvoyant à Don Ledger et Chris Styles, Dark Object (2001)La station CFS Shelburne (HMCS Shelburne)The Canadian Encyclopedia · Histoire de la station de Government PointL’incident ovni de Shag HarbourMunicipalité du district de Barrington · Histoire locale et informations pour les visiteursIncident ovni de Shag HarbourWikipédia · Orientation et piste de références · Consulté le 17 septembre 2026
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