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DOSSIER / 074 — 1942

La nuit où Los Angeles tira sur le ciel

Onze semaines après Pearl Harbor, les sirènes réveillèrent Los Angeles avant l’aube, et pendant une heure les canons antiaériens tirèrent quelque 1 430 coups sur une chose prise dans un cône de projecteurs au-dessus de la ville plongée dans le black-out. Les témoins comptèrent d’un seul avion à deux cents, ou un dirigeable, ou rien du tout. Les enquêteurs accusèrent un ballon météo ; la légende s’est étoffée autour d’une photographie de presse lourdement retouchée.

Photographie nocturne en noir et blanc au-dessus d’un port calme : des dizaines de faisceaux de projecteurs s’élèvent d’une ligne de navires à l’horizon et se croisent en un treillis de rayons blancs qui éclairent des plaques de nuages bas, avec au premier plan une jetée sombre et le reflet de ses lumières.
1942
Ce n’est pas la nuit du raid : des projecteurs de la Navy balaient le ciel au-dessus de la baie de San Pedro en 1935, sept ans avant que les canons antiaériens n’ouvrent le feu au-dessus de la même côte. Los Angeles Times Photographic Collection, UCLA Library Special Collections, CC BY 4.0. Recadrée.

Des obus au large d’Ellwood

Le soir du 23 février 1942, alors que le président Roosevelt entamait l’une de ses causeries au coin du feu radiodiffusées, le sous-marin japonais I-17 fit surface au large d’Ellwood, un champ pétrolifère doté d’une raffinerie sur la côte, à une douzaine de milles à l’ouest de Santa Barbara. Son canon de pont tira pendant une vingtaine de minutes sur les réservoirs et les jetées. L’histoire officielle des forces aériennes compte treize obus ; les historiens de la marine qui s’appuient sur les archives japonaises en comptent dix-sept ; des survivants du sous-marin interrogés en 1943 parlèrent de vingt-quatre ou vingt-cinq. Les dégâts, une passerelle et du matériel de pompage, ne dépassèrent pas quelques centaines de dollars, mais c’étaient les premiers obus ennemis à tomber sur le territoire continental des États-Unis depuis la guerre de 1812. L’histoire de l’armée note que les tirs semblaient ponctuer l’avertissement du président, selon lequel les vastes océans étaient « devenus des champs de bataille sans fin ». La même histoire rapporte une affirmation selon laquelle des Américains d’origine japonaise auraient annoncé une démonstration pendant le discours et prédit une attaque sur Los Angeles pour la nuit suivante. La Californie avait déjà les nerfs à vif. Quatre jours plus tôt, Roosevelt avait signé le décret présidentiel 9066 (Executive Order 9066), en vertu duquel les Américains d’origine japonaise allaient être chassés de la côte Ouest et envoyés dans des camps, et des projecteurs et des détecteurs acoustiques avaient été installés dès décembre sur Pershing Square, en plein centre-ville.

Carte topographique de la côte à l’ouest de Santa Barbara, où le champ pétrolifère d’Ellwood est ombré de rouge le long du rivage, une mire marquant un puits de pétrole, avec l’inscription « Well damaged by shelling from Japanese submarine, 1942 » (puits endommagé par les tirs d’un sous-marin japonais, 1942) ; le canal de Santa Barbara occupe la moitié inférieure.
Le champ pétrolifère d’Ellwood, sur le canal de Santa Barbara, avec le puits touché par les obus de l’I-17 le 23 février 1942, reporté sur un fond de carte de l’U.S. Geological Survey. Carte d’Antandrus, versée dans le domaine public, via Wikimedia Commons. Recadrée. Source de l’image

Sources: The Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286IJN Submarine I-17: Tabular Record of MovementDid Enemy Aircraft Threaten Los Angeles During World War II?Executive Order 9066: Resulting in Japanese-American Incarceration (1942)

Dans les dix prochaines heures

Le 24 février, le renseignement naval avertit qu’une attaque était à prévoir dans les dix heures. Ce soir-là, le centre d’information de l’armée reçut des signalements de fusées éclairantes et de lumières clignotantes près des usines de défense, et une alerte déclenchée à 19 h 18 dura jusqu’à 22 h 23. Les journaux furent autorisés à annoncer qu’un état de vigilance strict avait été décrété. La défense aérienne de la Californie du Sud était plus mince que le public ne le savait. Les chasseurs étaient rares, le commandant de la Fourth Air Force avait averti à plusieurs reprises que la côte était exposée, et les planificateurs de Washington avaient jugé début février qu’il y avait « peu de probabilité » que les unités aériennes de la côte Ouest puissent défendre les cibles vitales contre une attaque déterminée de porte-avions. L’essentiel de la protection au sol revenait à la 37th Coast Artillery Brigade (Antiaircraft), dont les canons de 3 pouces et de 90 millimètres, les canons de 40 millimètres, les mitrailleuses et les projecteurs gardaient les usines aéronautiques et le port. Le colonel John G. Murphy, officier antiaérien de la Fourth Army, écrivit plus tard que les troupes antiaériennes de la côte étaient toujours prêtes à l’action, « quoique parfois trop prêtes, voire crédules ».

Photographie en noir et blanc de soldats casqués massés autour d’un canon antiaérien à long tube sur un affût à roues, au bord d’un terrain d’aviation, tandis qu’un biplan passe à basse altitude au-dessus d’eux et qu’un second suit au loin.
Un canon antiaérien de 3 pouces, du même type que ceux de la 37e brigade en 1942, suit un biplan Douglas pendant la National Defense Week à Mines Field (aujourd’hui l’aéroport international de Los Angeles), le 11 février 1940. Los Angeles Daily News Negatives, UCLA Library Special Collections, CC BY 4.0. Source de l’image · CC BY 4.0

Sources: The Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286Activities of the Ninth Army AAA (section « L.A. ‘Attacked’ »)California in World War II: The Battle of Los Angeles

Une cible à 120 milles

Aux premières heures du 25, les radars repérèrent une cible non identifiée à 120 milles à l’ouest de Los Angeles. Les batteries antiaériennes furent alertées à 2 h 15 et passèrent quelques minutes plus tard en alerte verte, prêtes à tirer. Les forces aériennes gardèrent leurs chasseurs au sol, attendant de voir l’ampleur de l’attaque et sa direction. Les radars suivirent la cible jusqu’à quelques milles de la côte et, à 2 h 21, le contrôleur régional ordonna le black-out. Les sirènes hurlèrent dans tout le bassin à 2 h 25. Selon l’histoire de l’armée, la cible radar sembla alors disparaître, mais le centre d’information fut « submergé de signalements d’“avions ennemis” ». À 2 h 43, des avions furent signalés près de Long Beach et, quelques minutes plus tard, un colonel de l’artillerie côtière fit état d’« environ 25 avions à 12 000 pieds » au-dessus de Los Angeles. La nuit était claire. Une lune croissante, aux trois quarts pleine environ, était basse à l’ouest ; selon l’heure de guerre que les Américains avaient adoptée ce mois-là, elle devait se coucher vers 3 h 30.

Sources: The Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286Los Angeles Defense Guns Blaze Away: City Gets Air Raid Scare As Unidentified Plane Crosses HeavensMysteries of the Skies: UFOs in Perspective, chapitre 6, « The Battle of Los Angeles »Activities of the Ninth Army AAA (section « L.A. ‘Attacked’ »)The Battle of Los Angeles (épisode 171)

Comme un volcan

À 3 h 06, rapporte l’histoire de l’armée, « un ballon portant une fusée éclairante rouge fut aperçu au-dessus de Santa Monica et quatre batteries d’artillerie antiaérienne ouvrirent le feu, sur quoi “le ciel de Los Angeles entra en éruption comme un volcan” ». Le général George C. Marshall, chef d’état-major de l’armée, situa les tirs entre 3 h 12 et 4 h 15 dans son rapport au président le lendemain. Murphy, en visite d’inspection auprès de la brigade, dormait dans un hôtel quand les canons le réveillèrent. Il monta sur le toit. C’était, écrivit-il en 1949, « une belle nuit de clair de lune, mais la splendeur de la lune était éclipsée par l’éclat aveuglant des 90 et des 3 pouces crachant le feu vers les cieux, l’éclat et le fracas des obus qui éclataient, la délicate dentelle céleste des 40 millimètres et des calibre 50 rouges et verts traçant paresseusement leurs arcs dans le ciel, et l’incandescence éclatante des projecteurs fouillant les cieux, de-ci de-là ». Il trouva le spectacle grandiose. « Mais sur quoi tiraient-ils ? » Les canons se turent puis, tandis qu’il se demandait comment trouver le quartier général de la brigade dans le black-out, « l’enfer se déchaîna de nouveau ». Frank Frawley, de l’Associated Press, entendit le « poom, poom, poom » des canons faire trembler les vitres le long des plages, et vit les éclatements s’étaler « un peu comme les fusées du 4 Juillet qui s’épanouissent dans le ciel ».

Sources: The Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286Memorandum for the President [sur l’alerte aérienne au-dessus de Los Angeles]Activities of the Ninth Army AAA (section « L.A. ‘Attacked’ »)Los Angeles Defense Guns Blaze Away: City Gets Air Raid Scare As Unidentified Plane Crosses Heavens

Le moyeu d’une roue de bicyclette

Beaucoup ne virent jamais le moindre avion. Ce qu’ils virent, c’était un point lumineux à l’endroit où se croisaient les faisceaux des projecteurs. L’AP rapporta que, quelques minutes après les sirènes, des gens « virent un objet se déplaçant lentement, que beaucoup prirent pour un dirigeable, pris dans une tache de lumière d’un éclat intense où convergeaient des dizaines de projecteurs ». Marvin Miles, du Los Angeles Times, regarda la cible ramper dans le ciel, « prise au centre des lumières comme le moyeu d’une roue de bicyclette entouré de rayons étincelants », et écrivit qu’elle « avançait centimètre par centimètre, haut dans le ciel, flanquée des éclatements rouge cerise ». Il surprit ses voisins en pleine dispute : « Non, c’est un dirigeable. Ça doit en être un, vu la lenteur avec laquelle il avance », et « Un exercice, mon œil ! On n’envoie pas autant de ferraille en l’air si on n’a pas l’intention d’abattre quelque chose ! » Ernie Pyle, le correspondant de guerre, observait depuis une vingtaine de milles de là tandis que les faisceaux « convergeaient en une grosse tache bleue dans le ciel » et la tenaient « comme une sangsue qui ne voulait pas lâcher prise ». Il ne voyait rien dans la tache, mais les obus éclataient autour et « de temps à autre, l’un d’eux semblait éclater en plein dans la tache ». La radio CBS décrivit un objet que certains croyaient être un dirigeable, qui dérivait lentement le long de la côte depuis Santa Monica et disparut au sud de Long Beach.

Sources: Los Angeles Defense Guns Blaze Away: City Gets Air Raid Scare As Unidentified Plane Crosses HeavensBy the Way With Bill HenryAnother Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 3The Battle of Los Angeles UFO storyDid Enemy Aircraft Threaten Los Angeles During World War II?

Une grappe de ballons

Bill Henry, le chroniqueur du Times, regardait de chez lui, « assez près pour bien voir, assez loin pour être tout à fait en sécurité ». Sa chronique du lendemain matin devint, des décennies plus tard, l’une des pièces à conviction les plus citées de l’affaire. « J’étais assez loin pour voir “un objet” sans pouvoir l’identifier avec précision », écrivit-il, et il était prêt à parier « tous les sous que j’ai qu’un bon nombre de coups directs ont été portés sur “l’objet” ». Les tirs, estimait-il, valaient mieux que tous les tirs de DCA nocturnes qu’il avait vus outre-mer. Les récits ovnis s’arrêtent là. Henry, lui, poursuivait. Il n’avait vu aucun avion, « ni de chez nous ni d’ailleurs », et ne croyait pas que l’objet pris dans les projecteurs en fût un, car « les avions, et surtout les avions ennemis, ne se déplacent pas aussi lentement ni aussi régulièrement sous le feu ». À quoi cela ressemblait-il, selon lui ? « Eh bien, à mes yeux, on aurait dit une grappe de ballons qui flottait simplement au gré du fort vent de la nuit : une cible idéale. »

Sources: By the Way With Bill HenryThe Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286The Most Incredible Mass Sighting Of All? The Battle Of Los Angeles

Un avion ou deux cents

Chacun vit autre chose. Le colonel de l’artillerie côtière vit vingt-cinq avions ; à 3 h 10, un sergent du 214th Coast Artillery en vit cinq ; le commandant par intérim de la brigade, le colonel Henry C. Davis, crut pendant quelques minutes en voir dix à quinze au-dessus d’Inglewood avant de conclure qu’il s’agissait de la fumée des éclatements d’obus. Un certain capitaine Cohen, du 214th, déclara avoir identifié la cible comme un ballon météorologique lorsque les projecteurs l’éclairèrent. Des civils parlèrent à la brigade de sept ou huit avions volant haut, et d’« un gros objet, trop gros pour être un avion ». Certains se déplacèrent pour vérifier si l’objet était vraiment immobile. Quand Ray Zeman, du Times, demanda à deux policiers d’Inglewood combien d’avions ils avaient vus, l’un répondit : « Oh, 150 ou 200, je dirais. Ils arrivaient en grands nuages sombres. » Au commissariat, une gardienne de prison lui dit en avoir compté sept. Le chef de la police de Long Beach, J. H. McClelland, observait depuis le toit de l’hôtel de ville : « Personnellement, je n’ai vu aucun avion. Mais des hommes plus jeunes qui étaient avec moi disaient en voir. » Minard Fawcett, de Redondo Beach, et sa femme étaient certains d’avoir vu une quinzaine d’avions pris dans le cône de lumière ; « plus tard, nous avons conclu que les nuages de fumée nous avaient induits en erreur ». Le résumé de l’histoire de l’armée : des « essaims » d’avions ou de ballons, « au nombre de un à plusieurs centaines », à des vitesses allant de « très lente » à plus de 200 milles à l’heure.

Sources: Mysteries of the Skies: UFOs in Perspective, chapitre 6, « The Battle of Los Angeles »The Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286Did Enemy Aircraft Threaten Los Angeles During World War II?The Battle of Los Angeles UFO story

L’aube sur une ville plongée dans le noir

La fin d’alerte retentit à 7 h 21. La nuit n’avait laissé ni cratère de bombe ni épave, même si l’on rapporta que quatre avions ennemis avaient été abattus et que l’un s’était écrasé en flammes à un carrefour de Hollywood. Ce qui tomba sur Los Angeles, ce fut sa propre artillerie. Éclats d’obus et obus non explosés trouèrent toits, rues et voitures ; l’un s’abattit sur un lit qu’une femme et une fillette venaient de quitter pour regarder le spectacle. Le Times compta cinq morts imputées au black-out, « trois dans des accidents de la circulation, deux victimes de crises cardiaques ». George P. Weil, chef d’îlot de la défense passive âgé de 36 ans, fut victime d’une crise cardiaque et mourut chez lui. Henry B. Ayers, 60 ans, qui conduisait un chariot de munitions pour la State Guard à Hollywood, « s’effondra sur son siège et mourut d’une crise cardiaque ». Zeulah Klein, d’Arcadia, fut tuée quand la voiture que conduisait son mari heurta un camion ; un sergent de la police de Long Beach, Engebert Larson, périt dans une collision frontale en se rendant à son poste, et un piéton, Jesus Alferez, fut renversé et tué près de l’université de Californie du Sud. D’innombrables milliers d’habitants, rapporta le Times, s’accordaient à dire que, quelle qu’ait été la cause de l’alerte, c’était « un sacré spectacle », qui « valait bien quelques heures de sommeil perdues ».

Page de photographies d’un journal titrée « Searchlights and Anti-aircraft Guns Comb Sky During Alarm » (projecteurs et canons antiaériens ratissent le ciel pendant l’alerte), avec une grande photographie de faisceaux de projecteurs convergeant vers un point brillant dans un ciel sombre, et de plus petites photographies d’un homme montrant les trous d’éclats dans sa voiture, d’une femme tenant un éclat d’obus déchiqueté, d’une chambre percée par des éclats et d’hommes creusant dans un jardin pour dégager un obus non explosé.
La page de photographies du Los Angeles Times du 26 février 1942 : la photographie des projecteurs devenue l’emblème de l’affaire, avec des images d’obus non explosés et de maisons endommagées. La légende originale appelle les taches de lumière au sommet des faisceaux des « obus antiaériens ». Wikimedia Commons considère la page comme relevant du domaine public, son copyright n’ayant pas été renouvelé. Source de l’image

Sources: Los Angeles Defense Guns Blaze Away: City Gets Air Raid Scare As Unidentified Plane Crosses HeavensBy the Way With Bill HenryThe Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286Did Enemy Aircraft Threaten Los Angeles During World War II?

Des signaux dans le noir

La chasse à un ennemi au sol commença avant même que les canons ne se taisent. Des chefs d’îlot de la défense passive et des habitants signalèrent des lumières qui clignotaient sur des toits et des fusées éclairantes tombant sur les plages et loin à l’intérieur des terres, certaines jusqu’à 6 heures du matin, et la police de certains quartiers se dit convaincue que des Japonais avaient tenté de guider des avions d’invasion avec des fusées rouges, vertes et blanches. Les décomptes des arrestations divergent. L’AP rapporta que huit Japonais avaient été détenus puis relâchés après que l’armée eut déclaré que les lumières clignotantes étaient « sans aucun doute » des balles traçantes de mitrailleuses lourdes. Le Times fit état de trente personnes arrêtées pendant la nuit, dont vingt Japonais, et de quinze Japonais arrêtés par les adjoints du shérif, certains accusés d’avoir tenté de guider les avions par des signaux, parmi lesquels trois membres de la famille Kunisaki et Tokushiki Okuda, tous domiciliés à la même adresse de Buel Street. À Venice, la police municipale arrêta deux hommes et une femme qui auraient fait des signaux avec des lampes de poche. La même édition citait une femme qui réclamait l’internement : chaque heure pendant laquelle une seule personne japonaise restait en liberté dans l’État, disait-elle, était « une heure que nous pourrions tragiquement regretter ». L’expulsion forcée des Américains d’origine japonaise des zones militaires côtières commença quelques semaines plus tard.

Photographie en noir et blanc d’un détecteur acoustique à quatre pavillons et d’un grand projecteur sur affûts à roues dans un parc urbain, entourés d’une foule d’hommes en chapeau et pardessus, avec des immeubles de bureaux à l’arrière-plan.
Des détecteurs acoustiques et des projecteurs de défense aérienne installés sur Pershing Square, dans le centre de Los Angeles, le 19 décembre 1941, douze jours après Pearl Harbor. Los Angeles Times Photographic Collection, UCLA Library Special Collections, CC BY 4.0. Source de l’image · CC BY 4.0

Sources: Los Angeles Defense Guns Blaze Away: City Gets Air Raid Scare As Unidentified Plane Crosses HeavensBy the Way With Bill HenryExecutive Order 9066: Resulting in Japanese-American Incarceration (1942)

Une simple fausse alerte

Dès l’après-midi, les armes se contredisaient. À Washington, le secrétaire à la Marine, Frank Knox, déclara aux journalistes qu’il s’agissait d’« une simple fausse alerte ». « Il n’y avait aucun avion au-dessus de Los Angeles la nuit dernière, dit-il, du moins à notre connaissance. On n’en a trouvé aucun, et une reconnaissance très étendue a été menée. » L’AP rapporta que, selon Knox, les signalements d’activité ennemie tenaient peut-être en grande partie à des « nerfs à fleur de peau ». Il ajouta que les industries vitales de la côte pourraient un jour devoir être repliées à l’intérieur des terres. Le Western Defense Command se borna à dire qu’aucune bombe n’avait été larguée, qu’aucun avion n’avait été abattu et qu’« il y avait eu une quantité considérable de tirs antiaériens ». À 15 h 45, le quartier général de la Fourth Army publia une seule phrase : « Les aéronefs qui ont provoqué le black-out de plusieurs heures dans la région de Los Angeles ce matin n’ont pas été identifiés. » Une source officielle dit à l’AP que les chasseurs de l’armée avaient décollé dès que le signal avait été donné ; une autre, qu’ils étaient restés au sol pour éviter leurs propres canons. Le Times répondit à Knox par un éditorial en une : « Les nerfs de qui, monsieur Knox ? Ceux du public ou ceux de l’armée ? »

Sources: Los Angeles Defense Guns Blaze Away: City Gets Air Raid Scare As Unidentified Plane Crosses HeavensBy the Way With Bill HenryThe Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286

Jusqu’à quinze avions

Le 26 février, Marshall transmit à Roosevelt ce que le GHQ savait « à cet instant ». « Des avions non identifiés, autres que des avions de l’armée ou de la marine américaines, se trouvaient probablement au-dessus de Los Angeles, et ont essuyé le feu d’éléments de la 37th CA Brigade (AA) entre 3 h 12 et 4 h 15. Ces unités ont tiré 1 430 coups. » Jusqu’à quinze avions avaient pu être impliqués, volant à des vitesses « officiellement signalées comme allant de “très lente” à 200 MPH » et à des altitudes de 9 000 à 18 000 pieds. Aucune bombe larguée, aucun soldat blessé, aucun avion abattu, aucun avion américain engagé. S’il s’agissait d’avions, raisonnait Marshall, ils « pouvaient provenir de sources commerciales, pilotés par des agents ennemis dans le but de semer l’alarme, de révéler l’emplacement des positions antiaériennes et de ralentir la production par le black-out ». Roosevelt écrivit le même jour à son secrétaire à la Guerre, Henry Stimson, pour demander qui était responsable du système d’alerte aérienne et exiger que tout commentaire sur les alertes soit fait « exclusivement par les responsables compétents du département concerné » ; il écrivait, disait-il, « à la lumière des deux alertes de la nuit dernière ». Stimson lut presque mot pour mot le mémorandum de Marshall à la presse et ajouta : « peut-être vaut-il mieux être trop vigilant que pas assez. En tout cas, ils étaient vigilants là-bas. » Stimson évoqua aussi l’idée d’avions légers lancés depuis des sous-marins japonais, ajoute l’histoire de l’armée ; à ce moment-là, les commandants locaux, après une journée d’auditions, s’étaient arrêtés à un chiffre de un à cinq avions.

Mémorandum dactylographié d’une page du War Department, sur papier à en-tête de l’Office of the Chief of Staff, aux paragraphes numérotés, avec une mention « Secret » barrée, un tampon de déclassification et la signature du général Marshall au-dessus du titre dactylographié « Chief of Staff ».
Le mémorandum du général Marshall au président Roosevelt du 26 février 1942 : « Des avions non identifiés […] se trouvaient probablement au-dessus de Los Angeles. » La bibliothèque Roosevelt l’a déclassifié le 10 mars 1959. Œuvre du gouvernement des États-Unis, domaine public, via Wikimedia Commons. Source de l’image

Sources: Memorandum for the President [sur l’alerte aérienne au-dessus de Los Angeles]Note au secrétaire à la Guerre (« Dear Harry ») sur les alertes aériennesMystery Planes Fly Over Los AngelesKnox Assailed on ‘False Alarm’ ; compte rendu sténographique du mémorandum de Marshall lu par StimsonThe Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286

Une recette pour les nerfs

La querelle publique dura une semaine. Wendell Willkie, le candidat républicain battu à la présidentielle, déclara aux journalistes à son arrivée à Los Angeles que les déclarations contradictoires montraient « le même manque de coordination et la même confusion qui ont amené le désastre de Pearl Harbor », et lança le soir même à son auditoire que, lors d’un vrai raid aérien, « vous n’aurez pas à en discuter : vous le saurez, c’est tout ». Le représentant Leland Ford, de Santa Monica, demanda si l’incident était « un raid d’entraînement, ou un raid destiné à terroriser 2 000 000 de personnes, ou un raid par erreur d’identification, ou un raid destiné à enlever à la Californie du Sud ses industries de guerre », et le Times fit état d’appels à une enquête du Congrès et à une battue dans toute la Californie du Sud à la recherche de terrains d’aviation secrets. Le Washington Post qualifia l’épisode de « recette pour les nerfs » et nota que la théorie des avions commerciaux expliquait « tout, sauf d’où venaient les avions, où ils allaient, et pourquoi aucun avion américain n’a été envoyé à leur poursuite ». Le New York Times le trouvait d’autant plus incroyable qu’on l’étudiait de près : si les batteries avaient tiré sur rien, c’était « le signe d’une incompétence coûteuse et d’une crise de nerfs » ; si c’était sur de vrais avions, « pourquoi ont-elles été totalement inefficaces ? » Les historiens officiels reconnurent plus tard qu’une réponse franche aurait révélé à quel point les défenses aériennes du pays étaient encore faibles.

Sources: Mystery Planes Fly Over Los AngelesKnox Assailed on ‘False Alarm’ ; compte rendu sténographique du mémorandum de Marshall lu par StimsonThe Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286

Le ballon qui déclencha toute la fusillade

À huis clos, l’armée avait déjà trouvé sa réponse. Le général de division Jacob Fickel et le colonel Samuel Kepner arrivèrent en avion de San Francisco et formèrent avec Murphy une commission qui interrogea une soixantaine de témoins, civils et militaires de l’armée de terre, de la marine et des forces aériennes. Selon le souvenir de Murphy, « en gros, la moitié des témoins étaient sûrs d’avoir vu des avions dans le ciel. Un aviateur décrivit de façon saisissante 10 avions en formation en V. L’autre moitié n’avait rien vu. » Sur un poste de conduite de tir, écrivit-il, « l’opérateur de site […] qui regardait dans sa lunette vit de nombreux avions. Son opérateur d’azimut, qui regardait dans une lunette parallèle sur le même instrument, ne vit aucun avion. » La commission établit que le feu avait été ordonné par un jeune contrôleur des forces aériennes, dans la salle des opérations du commandement de la chasse, qui, entendant signaler un ballon, « s’imagina un zeppelin allemand ou japonais » et ordonna aux canons de tirer, alors qu’il n’en avait pas l’autorité. « L’un des régiments antiaériens […] avait lâché un ballon météorologique vers 1 h du matin. C’est ce ballon qui déclencha toute la fusillade ! » Son horaire ne concorde pas avec la chronologie de l’armée elle-même, selon laquelle les canons ouvrirent le feu deux heures plus tard. Quand le calme fut revenu, un autre régiment lâcha son propre ballon météo « et l’enfer se déchaîna de nouveau ». Les deux ballons, dans le souvenir de Murphy, « s’éloignèrent majestueusement et sans dommage ». Selon les calculs de Murphy, les artilleurs avaient tiré plus de coups qu’on ne leur en aurait accordé en dix ans d’exercices de tir en temps de paix. Lore et Deneault, s’appuyant sur l’historique du 4th Antiaircraft Command, ajoutent qu’un officier qui avait vu un ballon vers 3 h du matin apprit que le laboratoire météorologique en avait lâché un, et ne donna pas l’ordre de tirer.

Sources: Activities of the Ninth Army AAA (section « L.A. ‘Attacked’ »)Mysteries of the Skies: UFOs in Perspective, chapitre 6, « The Battle of Los Angeles »The Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286

Un mythe, dit Tokyo

La question persista pendant toute la guerre. Le 28 octobre 1945, la Fourth Air Force, à San Francisco, déclara que des avions, peut-être japonais, avaient survolé la ville cette nuit-là, peut-être lancés depuis des sous-marins proches du rivage. Le 1er novembre, un porte-parole de la marine japonaise déclara à l’Associated Press, à Tokyo, que « la bataille de Los Angeles était un mythe ; les Japonais n’ont pas envoyé d’avions au-dessus de cette ville dans la nuit du 24 au 25 février 1942 ». L’idée n’était pas absurde. Les historiens de l’armée notent que l’I-17 emportait normalement un hydravion et que des avions lancés depuis des sous-marins survolèrent plus tard le Nord-Ouest Pacifique, même si Bill Yenne écrit que, lors de cette patrouille, le sous-marin transportait du carburant supplémentaire à la place d’un avion. Mais l’histoire officielle des forces aériennes, publiée en 1948, conclut que « des ballons météorologiques, dont on sait qu’ils furent lâchés au-dessus de Los Angeles, pourraient bien avoir causé l’alerte initiale », que les batteries avaient été officiellement critiquées pour avoir gaspillé des munitions sur des cibles trop lentes pour être des avions, et que des éclatements d’obus pris dans les projecteurs avaient eux-mêmes été pris pour des avions. « On voit mal, ajoutait-elle, quel objectif ennemi aurait été servi par une attaque au cours de laquelle aucune bombe ne fut larguée, à moins peut-être, comme l’a suggéré M. Stimson, que le but ait été la reconnaissance. »

Sources: Air Battle Called MythThe Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286IJN Submarine I-17: Tabular Record of MovementDid Enemy Aircraft Threaten Los Angeles During World War II?

La photographie

L’image qui rendit l’affaire célèbre parut dans le Times le 26 février 1942 : neuf faisceaux convergeant vers une tache brillante au-dessus du secteur de Culver City, constellée de points lumineux. La légende du journal était franche : elle disait que les faisceaux convergeaient vers un « objet » dans le ciel et que les « taches de lumière visibles au sommet des angles des faisceaux étaient produites par des obus antiaériens ». Une version retouchée différemment, aux points blancs plus gros, parut dans le Times le 29 octobre 1945. En mars 2011, le journal la réexamina. Scott Harrison, du service photo, inspecta deux négatifs retrouvés à l’UCLA par Simon Elliott, des Special Collections. L’un, montrant la scène avant retouche, était « très plat, la mise au point est floue et il semble sous-exposé » ; l’autre était un contretype du tirage publié, sur lequel de nombreux faisceaux avaient été « éclaircis et élargis à la peinture blanche, tandis que d’autres faisceaux étaient supprimés ». Selon les normes actuelles, écrivit Harrison, « cette image ne serait pas publiée ». Larry Harnisch, tenant en main le tirage abîmé de 1942, écrivit que les faisceaux avaient été retouchés à l’aérographe, que les éclatements d’obus étaient des « taches de peinture » et que la ligne d’horizon sombre au bas de l’image était de la peinture noire. Le négatif non retouché, conclut-il, ne montre « rien d’autre qu’une convergence de faisceaux lumineux avec quelques points de lumière groupés au hasard ».

Photographie nocturne en noir et blanc au grain marqué, montrant environ neuf faisceaux de projecteurs qui s’élèvent en éventail depuis un horizon sombre et se rejoignent en un nœud de lumière vive et flou près du haut du cadre.
La photographie des projecteurs telle qu’elle circule aujourd’hui, dans la version retouchée publiée pour la première fois par le Los Angeles Times ; Wikimedia Commons en attribue la source à l’Associated Press. Le négatif non retouché montre des faisceaux plus pâles et des points de lumière épars. Domaine public aux États-Unis (copyright non renouvelé), via Wikimedia Commons. Source de l’image

Sources: By the Way With Bill HenryThe Battle of L.A., 1942 [updated]Another Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 1Another Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 7Fichier : Battle of Los Angeles LATimes.jpg (page de photographies du Los Angeles Times, 26 février 1942)

De la panique de guerre à la soucoupe volante

Pendant un quart de siècle, la bataille fut une histoire de guerre, et une histoire comique. Quand les soucoupes volantes arrivèrent, à l’été 1947, un éditorial du Times du 8 juillet rappela comment « des éclatements antiaériens pris dans les faisceaux des projecteurs furent grossis jusqu’à devenir 27 bombardiers japonais bimoteurs, volant majestueusement en formation ». Bill Henry, en 1952, se souvint de la nuit où « quelque chose qui ressemblait à une soucoupe volante (c’était en réalité un ballon météo égaré) déclencha le plus fichu barrage d’artillerie que notre communauté ait jamais connu, avant comme depuis ». La lecture ovni arriva en 1968, de deux côtés à la fois. Gordon Lore et Harold Deneault consacrèrent à la bataille un chapitre de Mysteries of the Skies, en s’appuyant sur l’historique inédit du 4th Antiaircraft Command ; le dossier officiel, écrivaient-ils, était « étonnamment maigre ». En septembre de la même année, Paul T. Collins publia « The UFOs of 1942 » (Les ovnis de 1942) dans Exploring the Unknown. Il y décrivait « un objet assez grand pour faire paraître minuscule un immeuble d’habitation », citait un journaliste anonyme du Herald-Express certain que de nombreux obus avaient éclaté en plein milieu, et racontait sa propre histoire. Rentrant chez lui après une équipe de soir chez Douglas, à Long Beach, il fut arrêté par des chefs d’îlot à Pasadena et vit des « taches de lumière rouge vif » basses au-dessus de Long Beach, « zigzaguant d’un côté à l’autre », disparaissant et réapparaissant tandis que les obus éclataient parmi elles. Il en conclut qu’aucun engin fabriqué par l’homme ne pouvait voler ainsi.

Sources: Another Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 6Mysteries of the Skies: UFOs in Perspective, chapitre 6, « The Battle of Los Angeles »The UFOs of 1942 (repris d’Exploring the Unknown, septembre 1968)

Katie et le rédacteur en chef

Collins avait déjà affirmé en 1968 que des « milliers » d’observateurs avaient « vérifié la présence d’un objet énorme, non identifiable et indestructible », et il le répéta en racontant de nouveau son histoire dans Fate en juillet 1987. À la fin des années 1990, deux nouvelles voix rejoignirent la légende et en devinrent les plus citées. Dans l’article de Jeff Rense « The Most Incredible Mass Sighting Of All? », une cheffe d’îlot de la défense passive et décoratrice d’intérieur du West Side restée anonyme, « Katie », se souvenait d’un objet « immense ! Il était tout simplement énorme ! Et il était pratiquement juste au-dessus de ma maison », « d’un joli orange pâle, à peu près la plus belle chose que vous ayez jamais vue », dont des chasseurs s’approchaient avant de faire demi-tour, alors que le mémorandum de Marshall indique qu’aucun avion américain n’était engagé cette nuit-là. L’autre est Peter Jenkins, « rédacteur en chef » du Los Angeles Herald Examiner, qui « voyait nettement la formation en V d’environ 25 avions argentés au-dessus de nous, avançant lentement dans le ciel en direction de Long Beach ». Sa citation provient d’un article de 1996 de Terrenz Sword dans le magazine Unsolved UFO Sightings, relayé par la lettre d’information UFO Roundup de Joseph Trainor en février 1998, puis ajouté à la page de Rense. On n’en a trouvé aucune publication en 1942, et le Herald Examiner n’a existé qu’à partir de la fusion de l’Examiner et du Herald-Express en 1962.

Sources: The UFOs of 1942 (repris d’Exploring the Unknown, septembre 1968)The Most Incredible Mass Sighting Of All? The Battle Of Los AngelesMemorandum for the President [sur l’alerte aérienne au-dessus de Los Angeles]The Battle of Los Angeles UFO story

Pas de ce monde

À peu près à la même époque, le chercheur Timothy Cooper reçut de sources anonymes des copies de prétendus mémorandums du temps de guerre. L’un, arrivé dans une lettre oblitérée à Sacramento, était un mémorandum de Marshall du 5 mars 1942 indiquant que les mystérieux avions n’étaient « pas de ce monde » et « selon toute probabilité d’origine interplanétaire », et que l’un d’eux avait été récupéré au large de la côte et un autre semblable à l’est de Los Angeles. Robert et Ryan Wood le publièrent parmi leurs documents « Majestic », en notant que les mots « Interplanetary Phenomenon Unit » y avaient été tapés après coup, sur une autre machine à écrire ; des sceptiques comme Brian Dunning le rejettent comme un canular. En 2011, la promotion du film hollywoodien World Invasion: Battle Los Angeles (Battle: Los Angeles) s’appuya sur la photographie retouchée et sur de fausses manchettes de journaux, et la nuit devint, pour une bonne partie d’Internet, la première grande bataille contre des ovnis.

Sources: Documents Dated Prior to 1948 (les mémorandums « Marshall to Roosevelt, March 5, 1942 » et « Roosevelt to Marshall, February 27, 1942 »)The Battle of Los Angeles (épisode 171)Another Good Story Ruined: The Battle of Los Angeles

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Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

The Army Air Forces in World War II, Vol. I: Plans and Early Operations, chapitre 8, « The Defense of the Western Hemisphere », p. 277–286Wesley Frank Craven et James Lea Cate (dir.) · University of Chicago Press, 1948 ; réimpression de l’Office of Air Force History, 1983 · Transcription de HyperWarMemorandum for the President [sur l’alerte aérienne au-dessus de Los Angeles]Gén. George C. Marshall, chef d’état-major · 26 février 1942 · President’s Secretary’s File, Franklin D. Roosevelt Library (déclassifié le 10 mars 1959) · Numérisation hébergée par le California State Military MuseumNote au secrétaire à la Guerre (« Dear Harry ») sur les alertes aériennesFranklin D. Roosevelt · 26 février 1942 · Numérisation hébergée par le California State Military MuseumCalifornia in World War II: The Battle of Los AngelesCalifornia State Military Museum, California Military DepartmentActivities of the Ninth Army AAA (section « L.A. ‘Attacked’ »)Col. John G. Murphy · The Antiaircraft Journal, vol. 92, no 3, mai–juin 1949, p. 4–5 · Numérisation ADA509813 du Defense Technical Information Center, Internet ArchiveLos Angeles Defense Guns Blaze Away: City Gets Air Raid Scare As Unidentified Plane Crosses HeavensFrank Frawley, Associated Press · Wilmington Morning Star (Caroline du Nord), 26 février 1942, p. 1 et 3 · DigitalNCMystery Planes Fly Over Los AngelesAssociated Press · Wilmington Morning Star (Caroline du Nord), 27 février 1942, p. 2 · DigitalNCVast Los Angeles Area Raided by Jap Planes (édition ultérieure)Los Angeles Times · 25 février 1942 · Internet Archive (numérisation en prêt restreint, texte consultable)Roaring Guns Mark Blackout ; Five Deaths Laid to Raid Blackout ; Plane Signaling Suspects Seized ; « Seeking Out ‘Object’ » (photo et légende) ; le témoignage de Marvin Miles ; l’éditorial « Whose nerves, Mr. Knox? »Los Angeles Times · 26 février 1942 · Internet Archive (numérisation en prêt restreint, texte consultable)By the Way With Bill HenryBill Henry · Los Angeles Times, 26 février 1942, Part II · Internet Archive (numérisation en prêt restreint, texte consultable)Knox Assailed on ‘False Alarm’ ; compte rendu sténographique du mémorandum de Marshall lu par StimsonLos Angeles Times · 27 février 1942 · Internet Archive (numérisation en prêt restreint, texte consultable)Air Battle Called MythAssociated Press, depuis Tokyo · Los Angeles Times, 1er novembre 1945 · Internet Archive (numérisation en prêt restreint, texte consultable)IJN Submarine I-17: Tabular Record of MovementBob Hackett, Sander Kingsepp et Peter Cundall · Combinedfleet.comExecutive Order 9066: Resulting in Japanese-American Incarceration (1942)National Archives, Milestone DocumentsMysteries of the Skies: UFOs in Perspective, chapitre 6, « The Battle of Los Angeles »Gordon I. R. Lore Jr. et Harold H. Deneault Jr. · Prentice-Hall, 1968 · Internet Archive (bibliothèque de prêt)The UFOs of 1942 (repris d’Exploring the Unknown, septembre 1968)Paul T. Collins · Flying Saucer Digest, no 19 · Internet ArchiveThe Most Incredible Mass Sighting Of All? The Battle Of Los AngelesJeff Rense · Rense.com (d’abord mis en ligne sur Sightings.com au plus tard début 1998 ; enrichi ensuite d’analyses photographiques)Documents Dated Prior to 1948 (les mémorandums « Marshall to Roosevelt, March 5, 1942 » et « Roosevelt to Marshall, February 27, 1942 »)Robert M. Wood et Ryan S. Wood · Majestic DocumentsAnother Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 1Larry Harnisch · The Daily Mirror (blog du Los Angeles Times, aujourd’hui ladailymirror.com) · 7 mars 2011Another Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 3Larry Harnisch · The Daily Mirror · 9 mars 2011Another Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 6Larry Harnisch · The Daily Mirror · 12 mars 2011Another Good Story Ruined: Saucers Over L.A.! — Part 7Larry Harnisch · The Daily Mirror · 13 mars 2011Another Good Story Ruined: The Battle of Los AngelesLarry Harnisch · The Daily Mirror · 21 février 2011The Battle of L.A., 1942 [updated]Scott Harrison · Framework, blog photo du Los Angeles Times · 10 mars 2011 · Copie de la Wayback MachineThe Battle of Los Angeles UFO storyTim Printy · SUNlite, vol. 3, no 1, janvier–février 2011The Battle of Los Angeles (épisode 171)Brian Dunning · Skeptoid · 15 septembre 2009Did Enemy Aircraft Threaten Los Angeles During World War II?Bill Yenne · HistoryNet · 2019Fichier : Battle of Los Angeles LATimes.jpg (page de photographies du Los Angeles Times, 26 février 1942)Wikimedia CommonsFleet searchlights over San Pedro, 1935 (Los Angeles Times Photographic Collection)UCLA Library Special Collections, Charles E. Young Research Library · CC BY 4.0

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