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DOSSIER / 066 — 2004

Onze lumières derrière l’aile gauche

En mars 2004, un avion de la Force aérienne mexicaine au-dessus du Campeche tourna sa caméra infrarouge derrière l’aile gauche et compta onze points de chaleur alignés au-delà des nuages. « No estamos solos », dit quelqu’un sur la bande. Un commandant de bord montra bientôt que la caméra avait fixé les torchères d’un gisement pétrolier à cent milles de là, de l’autre côté du Golfe. Une cible radar que l’équipage avait poursuivie plus tôt reste inexpliquée.

Photographie couleur d’une longue rangée de plateformes pétrolières en mer reliées entre elles, sur une mer d’un bleu profond sous un ciel dégagé, avec quatre hautes torchères qui brûlent d’un orange vif, un panache de fumée grise s’élevant de la plus haute, et un petit bateau de servitude laissant un sillage blanc au premier plan.
2004
Le complexe de plateformes Akal-C du gisement de Cantarell, dans la baie de Campeche, photographié en octobre 2009, ses torchères brûlant du gaz. Des analystes ont identifié les lumières de la bande de la Force aérienne à ces torchères et à leurs voisines, à plus de cent milles de l’avion. Photo : BoH, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons ; recadrée au format 2:1.

Un avion fait pour trouver des pistes

L’Escuadrón Aéreo 501, le 501e escadron aérien de la Fuerza Aérea Mexicana, volait sur Fairchild Merlin C-26A, des biturbopropulseurs de surveillance de construction américaine affectés à la chasse aux vols de la drogue qui traversaient le sud du pays. Sous le fuselage pendait un Star SAFIRE II fabriqué par FLIR Systems, la société dont le nom, abréviation de forward-looking infrared, « infrarouge à vision frontale », est devenu le nom commun de ces caméras : une tourelle stabilisée par gyroscope qui voit la chaleur plutôt que la lumière, si bien qu’un moteur chaud ou un toit au soleil brille en blanc sur un ciel froid, et qu’une cible qu’aucun œil ne trouverait dans la brume apparaît comme un point brillant. Elle avait quatre champs de vision, d’un grand angle de 25 degrés jusqu’à un zoom doublé électroniquement de 0,4 degré. À côté d’elle travaillait un radar de recherche de surface Telephonics AN/APS-143 Ocean Eye, dont l’équipage pouvait coupler les échos à la caméra, de sorte que la tourelle pivotait vers tout ce que le radar trouvait. La caméra enregistrait sur une cassette Mini-DV avec une bande de données incrustée dans l’image : la date, l’heure locale, la latitude et la longitude au centième de minute, et trois nombres qui allaient trancher l’affaire. L’azimut de la tourelle, c’est-à-dire de combien de degrés elle pointait à gauche ou à droite du nez de l’appareil ; son site, de combien de degrés au-dessus ou au-dessous de l’horizontale ; et le champ de vision, la largeur de la tranche de ciel couverte par l’image. Le radar, sur ce vol, n’enregistra rien ; la seule trace de ce que vit son opérateur est sa voix sur la piste sonore de la caméra. Le vendredi 5 mars 2004, l’un de ces Merlin effectuait une patrouille de Copalar, au Chiapas, à Ciudad del Carmen, sur la côte du Campeche, le pays des lagunes où les Cessna des trafiquants se posent sur des pistes en terre, et à 12 h 55 à l’horloge de la bande l’équipage cherchait déjà une lagune et parlait de voler selon un circuit « plus ou moins en arc ». Le secrétaire à la Défense nationale dirait en mai à un intervieweur de radio que ce même avion avait aidé à intercepter, deux jours plus tôt, un avion léger chargé de plus d’une tonne de cocaïne. La presse compta huit hommes à bord ; la Secretaría de la Defensa Nacional, la Sedena, le ministère qui dirige à la fois l’armée de terre et l’armée de l’air, parlerait de trois officiers et n’en nommerait aucun. Trois furent plus tard placés devant une caméra : le major Magdaleno Castañón Muñoz aux commandes, comme le nomment les dépêches, le lieutenant Mario Adrián Vázquez Téllez à la console infrarouge et le lieutenant Germán Marín Ramírez au radar. L’avion volait à 10 500 pieds selon le dossier de presse de Maussan, à 3 500 mètres selon les dépêches, par un temps que le physicien optique de la Marine américaine Bruce Maccabee, l’analyste photo préféré des ufologues, lut dans le bulletin météo du jour comme un beau temps pour voler : de la brume, un vent arrière de six milles à l’heure venant du sud-est, des cumulus épars dont le sommet atteignait l’altitude de l’appareil.

Photographie couleur d’un biturbopropulseur gris au fuselage long et fin, portant l’inscription Fuerza Aerea Mexicana sur le flanc, le numéro 3902 sur la dérive et un carénage radar bombé sous le ventre, garé sur une aire en béton dans une lumière brumeuse, d’autres avions derrière lui.
Un Fairchild Merlin C-26A de la Force aérienne mexicaine, numéro 3902, avec le carénage radar ventral de la version de surveillance, sur l’aire de la base aérienne de Santa Lucía en février 2006. La Force aérienne n’a jamais dit quelle cellule a volé le 5 mars 2004. Photo : Zahpo75, versée dans le domaine public, via Wikimedia Commons. Source de l’image · Public domain · released by the photographer, Zahpo75

Sources: A Study of the March 5, 2004 Radar and FLIR Sightings during a Surveillance Flight by the Mexican Department of DefenseThe big news Mexican military UFO report of 2004“I Forbade Any Talk of UFOs or Flying Saucers” — Gerardo Clemente Vega García, Mexican Secretary of DefenseMuestran flotilla de ovnis por televisiónSedena confirma avistamiento de ovnis en México detectado por la Fuerza Aérea MexicanaThe Campeche, Mexico ‘Infrared UFO’ Video

Une cible qui ne se montrait pas

La caméra avait enregistré quelques minutes vers 13 heures, puis plus rien pendant trois heures et demie. Quand elle reprit à 16 h 42, le radar tenait déjà quelque chose, et l’équipage l’annonçait dans le langage des aviateurs, qui repèrent les directions sur un cadran d’horloge, midi étant droit devant : « OK, c’est presque à midi, 2,9 de distance, 75 de vitesse », la distance en milles nautiques, la vitesse en nœuds. Un instant plus tard, quelqu’un identifia au-dessous d’eux une piste nommée Candelaria. La cible était apparue, selon la reconstitution de Maccabee, à environ cinq milles devant et trente degrés à gauche, près de cette ville, se déplaçant vers le nord-ouest plus lentement que le Merlin, et l’équipage supposa qu’un petit avion venait de décoller d’une piste clandestine. « Un trafic », dit une voix à 16 h 45. Une autre demande l’officier de l’état-major, un certain capitaine Danzón, « pour lui faire savoir que nous lisons une cible ». « Il marque 2-106 de vitesse et a un cap de 301. » Le Merlin vira pour la suivre et, pendant une dizaine de minutes, s’en approcha jusqu’à 2,3 milles environ, pas plus près, tandis que la vitesse de la cible montait et descendait d’une façon que l’opérateur radar trouvait étrange. Personne ne la voyait par les hublots. La caméra, capable de distinguer les moteurs chauds et la peau tiède d’un avion, ne trouvait rien là où le radar la situait. « Qu’est-ce que c’est, Juarez ? Juarez, qu’est-ce que c’est ? » « C’est un point. » Juárez est un quatrième membre d’équipage que la bande nomme et qu’aucun document n’identifie. À 16 h 51 min 24 s, une source de chaleur très brillante apparut à douze degrés à droite du nez et quatre degrés sous l’horizontale, tint quelques secondes et disparut. Huit secondes plus tard, l’enregistreur s’arrêta tandis que le pilote, à court de carburant, entamait un virage à droite de près de cent cinquante degrés vers la base. Quand il reprit une minute plus tard, le Merlin volait plein est, et la cible était derrière lui. « Il est maintenant à notre position sept heures, à 10,5 milles de distance. Son cap est 2-8-3 avec une vitesse de 3-3-4. » Soit 334 nœuds, environ 380 milles à l’heure. « Je ne l’ai pas à l’écran mais le radar marque toujours la distance à 37 milles. » « Il est maintenant au-dessus de Carmen. » « Il passe au-dessus de Carmen. » « Il vire. » Il s’effaça à la limite de portée de l’appareil, un peu plus de quarante milles derrière l’avion. Marín dirait plus tard à Maussan que les vitesses avaient bondi, de 60 à 120 puis 300 nœuds, et à la télévision mexicaine : « no sé de 60 nudos e incrementándose a 120, 220 o 300 nudos, cosa que jamás había visto », quelque chose qu’il n’avait jamais vu. « Juste une lumière », dit une voix à 16 h 59. « On ne pouvait pas la distinguer. »

Carte de l’ouest de l’État de Campeche avec le golfe du Mexique en bleu pâle. Une ligne rouge continue part vers le nord-ouest d’un point légendé contact radar 16 h 42 près de Candelaria, vire brusquement vers l’est à 16 h 51 et continue en passant par des points légendés 17 h 03 les jumelles, 17 h 07 onze lumières et 17 h 15. Une flèche grise en tirets va de la ligne rouge vers le nord-ouest jusqu’à Ciudad del Carmen. Deux lignes orange en pointillés partent de la trajectoire rouge loin vers le nord-ouest jusqu’à trois points orange dans le Golfe légendés plateformes de Cantarell, Akal-J, Akal-C, Nohoch-A, avec la mention azimut de la caméra moins 134 à moins 139 degrés.
La géométrie de l’après-midi. Le Merlin suivit sa cible radar vers le nord-ouest depuis Candelaria, vira vers l’est pour rentrer faire le plein à 16 h 51, et à partir de 17 h 03 sa caméra, pointée de 134 à 139 degrés à gauche du nez, regardait par-delà la Laguna de Términos vers les plateformes de Cantarell, à cent milles de là. La ligne grise en tirets est la trajectoire de la cible radar jusqu’à Ciudad del Carmen, où elle s’effaça. Les positions sont reportées d’après la latitude et la longitude de la bande de données, telles que les ont relevées Maccabee et Franz ; le début de la trajectoire est approximatif. Fond de carte : Addicted04, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Source de l’image · CC BY-SA 3.0 · base map by Addicted04; overlay by uap.fun

Sources: A Study of the March 5, 2004 Radar and FLIR Sightings during a Surveillance Flight by the Mexican Department of DefenseThe big news Mexican military UFO report of 2004Unidentified, Invisible Aerial Objects Videotaped in Infrared by Mexican Air Force PilotsLos ovnis de Campeche (México), de actualidad nuevamenteUFOs appear in Mexico (again)!

Les jumelles

Quand la bande reprit après le virage, la caméra regardait le flanc et le sommet d’un nuage. L’opérateur chercha la lumière qu’il avait perdue avant le virage et, à 16 h 52 min 49 s, une lumière plus faible, ou plus probablement une autre, glissa de derrière le bord droit du nuage. « La voilà ! La voilà !! » Elle semblait se tenir à la distance du nuage ou au-delà, à l’altitude même de l’avion, et garder son allure. « Qu’est-ce que ça a pu être ? » « Sais pas. Elle est passée de l’autre côté, exactement là où je l’avais. » « Au moins nous avons le contact avec elle sur le FLIR », dit une voix, « et nous avons eu le contact radar tout le temps », bien que la cible radar fût alors à quarante milles, de l’autre côté de Ciudad del Carmen, et que cette lumière fût au large de l’aile gauche. De petits nuages la masquèrent, puis elle se perdit derrière un plus grand, et l’enregistreur s’arrêta de nouveau. À 17 h 03 min 34 s, il reprit, et une voix signale une lumière à sept heures, même altitude. « Regarde comment elle apparaît. On dirait qu’elle est en deux parties. » « Ce qui est bizarre, c’est qu’elle a un point qui voyage en position avant. Un petit point, devant elle. » La paire qui remplissait maintenant l’écran était si brillante qu’elle saturait le capteur et s’épanouissait en deux gros disques blancs côte à côte, les lumières que les analystes appelleraient « les jumelles », avec une ligne de compagnes plus pâles à côté d’elles. La bande de données indiquait un azimut de tourelle d’environ moins 134 degrés, c’est-à-dire 134 degrés à gauche du nez, bien en arrière de l’aile, un site de plus deux à trois degrés, et le champ de vision moyen, une fenêtre large de 3,4 degrés. « Elle n’y est plus ? En voilà une autre. »

Photographie aérienne prise depuis l’orbite d’une ville grise et dense couvrant une île basse, une piste unique la traversant en diagonale en son centre, des plages pâles le long du rivage inférieur, des hauts-fonds turquoise et une lagune brune de part et d’autre.
Ciudad del Carmen sur son île, entre la Laguna de Términos et le Golfe, photographiée depuis la Station spatiale internationale en janvier 2024. La première cible radar s’effaça de l’écran du Merlin en passant au-dessus de la ville ; l’aéroport de l’île ne signala rien en vol. Photo : NASA, équipage de l’Expédition 70, avec l’aimable autorisation de l’Earth Science and Remote Sensing Unit, NASA Johnson Space Center ; domaine public. Source de l’image

Sources: A Study of the March 5, 2004 Radar and FLIR Sightings during a Surveillance Flight by the Mexican Department of DefenseThe big news Mexican military UFO report of 2004UFO’s or simply Oil Well Gas flames? Part I: Reference Data

« Son diez, once objetos »

Entre 17 h 03 et 17 h 09, l’opérateur de la caméra ramena la tourelle le long de la ligne et se mit à compter. « Il en vient d’autres. Il y en a d’autres... ils sont derrière. Il y a dix, onze objets. » « Il y a beaucoup d’objets. » « Commandant, qu’est-ce que c’est ? » L’opérateur, Téllez pour ses camarades, poussa le zoom à fond, le champ le plus étroit, de 0,4 sur 0,3 degré. « Mon Dieu, qu’est-ce que c’est. » « Qu’est-ce que c’est ? Voyons. Essaie de faire le point. » « C’est au maximum. » « Suis celle-là, Tellez, ne la lâche pas. » Les lumières s’égrenaient à peu près en ligne et en petits groupes, dont deux grappes de trois que les analystes appelleraient « les triplées », et sous les yeux de l’équipage l’une d’elles se dédoubla. « Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, j’en ai huit à l’écran. » « Huit, neuf, dix, onze, en comptant toutes celles de derrière. » « Deux, quatre, six, huit, dix, onze. » Le commandant prit la radio : « Écoutez, nous ne savons pas ce que nous voyons, ce sont des objets lumineux qui volent à la même altitude que nous. Nous ne savons pas quelle est leur distance. » L’opérateur radar n’avait rien. « À 9. Je ne pense pas que le radar puisse le lire, nous avons un angle mort là, mon commandant. » « Nous avons 20 degrés d’angle mort là. » Les lumières passèrent derrière des nuages que Maccabee situa plus tard à environ vingt-cinq milles de l’avion par la parallaxe, le déplacement apparent des choses proches sur le fond des choses lointaines à mesure que l’avion avance, et furent perdues ; l’opérateur coupa l’enregistreur à 17 h 09. L’équipage ne les vit jamais à travers la vitre. En espagnol, tel que les répliques furent plus tard citées au Mexique : « Ahí van más, mire más atrás, son diez, once objetos. » « ¿Qué es eso Dios mío? » « Están a nuestra altura, no puede ser. »

Sources: The big news Mexican military UFO report of 2004A Study of the March 5, 2004 Radar and FLIR Sightings during a Surveillance Flight by the Mexican Department of DefenseOvnis en la Plataforma Nacional de TransparenciaIncidente OVNI del Escuadrón 501 en CampecheUFOs appear in Mexico (again)!

« No estamos solos »

L’enregistreur resta coupé près de six minutes. Quand il reprit à 17 h 14 min 58 s, il y avait une lumière très brillante et deux plus faibles à neuf heures sur un fond sans relief, et l’opérateur radar avait un nouveau contact à lui. « Ils sont à midi, il a dit. » « Non. Ils sont à 1. » « Bon, ça c’en est un, mais on en a un autre à 9. » « On les a devant, au milieu et à 8. » Quelqu’un rit : « Attachez vos ceintures ! » « N’ayez pas peur. » L’opérateur radar donne ses chiffres : « Celui que nous avons à 1 de notre position, je l’ai à 19 milles, à une heure de notre position, à 52 nœuds. » « Ça veut dire qu’on est encerclés ? » « Ben... je ne sais pas. » « Les gars, c’est votre jour de chance ! » Puis, à 17 h 16, une lumière étant visible à travers l’arc de l’hélice gauche : « Nous ne sommes pas seuls. » Des rires. « Oui, nous ne sommes pas seuls, c’est sûr. C’est vrai. Comme c’est étrange, ils nous encerclent. » « Ça peut pas être un putain d’avion, il est arrêté là ! » Le contact radar à une heure se rapprocha lentement, 14,8 milles, puis 10, à 52 nœuds au cap 99. À 17 h 19, la caméra pivota vers l’avant et trouva la Lune qui venait de se lever devant le nez ; les analystes se serviraient de ce lever de Lune pour vérifier le cap de l’avion et les indications de la tourelle. À 17 h 26, le commandant rendait de nouveau compte à la base : « Le radar les a. Le FLIR les a. Nous voyons sur le FLIR un objet lumineux, il a un cap opposé au nôtre mais il ne nous lâche pas, il est à deux milles derrière nous. » « Il ne s’éloigne pas de nous, non, il ne s’éloigne pas de nous. » « Exact, qui sait ce que c’est. » « Il est toujours avec nous, Marin ? » « Oui, je l’ai toujours ici. » À 17 h 27 : « Celui qu’on avait à 1 est perdu maintenant. » « Il vient de sortir du radar. » « Comme tout ça est bizarre. » Le Merlin rentra faire le plein. Les répliques que le Mexique citerait pendant vingt ans furent les espagnoles : « Los tenemos adelante, en medio y atrás. » « Hoy es tu día de suerte. » « No estamos solos. » « ¡Qué cosa tan rara! Nos están rodeando, ¿eh? »

Sources: The big news Mexican military UFO report of 2004Ovnis en la Plataforma Nacional de TransparenciaA Study of the March 5, 2004 Radar and FLIR Sightings during a Surveillance Flight by the Mexican Department of DefenseThe Campeche, Mexico ‘Infrared UFO’ VideoUFOs appear in Mexico (again)!

Deux options

La cassette remonta la voie hiérarchique. « Ceci a été apporté au secrétariat à la Défense », dit deux mois plus tard le secrétaire, le général Gerardo Clemente Ricardo Vega García, dans une traduction de son entretien radiophonique : elle avait été analysée avec des pilotes et des techniciens de l’état-major. Sa première idée, dit-il, fut des avions de la drogue, jusqu’à ce qu’il voie avec l’équipage que les lumières étaient derrière l’appareil, devant son nez et sur ses côtés, et « dije, ya no pueden ser tantos aviones », il ne pouvait pas y avoir autant d’avions. L’aéroport de Ciudad del Carmen, dit-il, n’avait signalé absolument rien en vol dans la zone. L’équipage, quand Maussan l’interrogea, était sûr de ce que ses écrans avaient montré. « La distancia más cercana (a que estaban) fue de dos millas », dit Castañón : ils s’étaient approchés au plus près à deux milles, et l’expérience leur disait qu’à cette distance on pouvait identifier une chose. « Les dimos seguimiento y creo que sintieron que los estábamos persiguiendo », nous les avons suivis et je crois qu’ils ont senti que nous les poursuivions ; quand ils cessèrent de les suivre, dit-il, les objets disparurent. « ¿Sentí temor? Sí », dit Marín. « Un poco de miedo porque estábamos ante algo que nunca había pasado. » « No sabría decir qué era », dit Vázquez, l’opérateur infrarouge, « pero deben ser completamente reales », et il n’y avait aucun moyen, insistait-il, de faire entrer dans le FLIR quelque chose qui ne fût pas là-dehors. Le directeur de la communication du secrétariat, le général de brigade Efrén Martínez Guzmán, écrirait plus tard que l’état-major avait vu « dos opciones: archivarlo como secreto o bien entregarlo a una persona que conociera sobre el asunto, tratando de evitar que se prestara a choteo », deux options : le classer secret, ou le remettre à quelqu’un qui connaissait le sujet, en essayant d’éviter qu’il ne prête à la moquerie. La personne qu’ils connaissaient était Jaime Maussan, présentateur sur Televisa, la chaîne de télévision dominante du pays, qui était le visage de l’ovni au Mexique depuis l’éclipse du 11 juillet 1991, quand des téléspectateurs de tout le pays filmèrent un point brillant à côté du Soleil obscurci et que ses émissions en firent le début d’une vague nationale ; des sceptiques comme Tim Printy identifient ce point à la planète Vénus. Le 20 avril, un officier supérieur lui téléphona ; le 21, il rencontra le général et son état-major ; le 22, on lui remit une copie de la bande. « No veía la utilidad de que se quedara eso grabado ahí, guardado », dit Vega à W Radio : il ne voyait pas l’utilité de laisser cela enregistré et rangé là, « (y) tomé la decisión de que se le diera a una gente que ha estado trabajando toda su vida con esto para que hiciera buen uso de ella. Por eso se le dio a Maussán. » Le 1er mai, Maussan fit asseoir les trois officiers au secrétariat et enregistra leurs entretiens.

Photographie couleur d’un homme aux cheveux gris en uniforme militaire de cérémonie sombre, avec des épaulettes dorées, des rangées de rubans et une médaille suspendue à un ruban magenta autour du cou, debout devant une fenêtre et des drapeaux.
Le général Gerardo Clemente Ricardo Vega García, secrétaire à la Défense nationale du Mexique de 2000 à 2006, au Pentagone en mai 2006. Il choisit de remettre la bande à « une personne qui connaissait ces choses-là ». Photo : Robert D. Ward, US Department of Defense, domaine public, via Wikimedia Commons. Source de l’image

Sources: Son centellas, no ovnis: científicos“I Forbade Any Talk of UFOs or Flying Saucers” — Gerardo Clemente Vega García, Mexican Secretary of DefenseWhy Mexican Scientists Did Not Get UFO EvidenceMuestran flotilla de ovnis por televisiónLa Sedena y los OVNISMexican Air Force Pilots Film 11 UFOs — case 263Mexican Air Force Pilots Film 11 UFOsUFOs appear in Mexico (again)!

« Une nouvelle historique »

Maussan présenta l’affaire en avant-première le dimanche 9 mai dans son émission sur Multimedios, à Monterrey. Le lundi soir, le journal national de Televisa diffusa les images, et la chaîne annonça qu’une analyse image par image montrait seize objets « cuyos movimientos y características no tienen -hasta ahora- una explicación científica ». Le mardi 11 mai à onze heures, Maussan tint une conférence de presse à l’hôtel Sevilla Palace, à Mexico, montra quinze minutes de la bande, passa les entretiens de l’équipage et distribua un dossier de presse dans lequel le Merlin était « encerclé par onze mystérieux objets de forme ronde camouflés grâce à une certaine technologie avancée inconnue », le major déclarait l’alerte rouge et éteignait les feux de l’appareil, et neuf nouveaux objets arrivaient « comme venus de nulle part ». Rien de tout cela ne figure sur la bande, où les lumières sont comptées à neuf heures et où l’impression d’encerclement vient de l’ajout d’un écho radar à une heure à la ligne de sources de chaleur de la caméra, mais c’est la version que reçut le monde. « C’est une nouvelle historique », dit Maussan aux journalistes. « Il existe des centaines de vidéos (d’ovnis), mais aucune n’avait le soutien des forces armées d’un pays... Les forces armées ne commettent pas de fraudes. » « Ils étaient invisibles à l’œil, mais ils étaient là, cela ne fait aucun doute. Ils avaient une masse, ils avaient de l’énergie et ils se déplaçaient. » Un porte-parole du ministère de la Défense confirma à l’Associated Press, sous l’habituelle condition d’anonymat, que la bande avait été filmée par la Force aérienne mexicaine, et refusa d’en dire plus ; le ministère dit la même chose à Reuters. Le soir, l’histoire était sur toutes les agences, souvent avec le Merlin, un turbopropulseur qui ne porte aucune arme, transformé en « jets militaires » lancés à la poursuite des lumières. Le compte était de onze en anglais et de seize en espagnol. La Jornada, le quotidien de gauche de la capitale, avait déjà décidé ce qu’il en pensait : « Como si de estos días para acá el circo fuera poco, ahora la Fuerza Aérea pretende recetarnos una de Ovnis », comme si le cirque de ces derniers jours ne suffisait pas, voilà que la Force aérienne veut nous prescrire une dose d’ovnis.

Portrait en studio d’un homme aux cheveux blancs, à la courte barbe grise, en costume bleu et cravate rayée, debout sur un fond noir.
Jaime Maussan, le présentateur de Televisa qui reçut la bande et la qualifia de nouvelle historique, dans un portrait versé sur Wikimedia Commons en 2015. Photo : Dimaussan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Source de l’image · CC BY-SA 4.0 · Dimaussan

Sources: Mexican Air Force Pilots Film 11 UFOsMexico Air Force video creates UFO stirMuestran flotilla de ovnis por televisiónFuerza Aérea detecta 16 ovni en el cielo de CampecheMexican Air Force Pilots Film 11 UFOs — case 263The big news Mexican military UFO report of 2004Unidentified, Invisible Aerial Objects Videotaped in Infrared by Mexican Air Force Pilots

Le général à la radio

Le mercredi matin, Vega García prit le téléphone dans l’émission de Carlos Loret de Mola sur W Radio. Le Mexique vivait ce printemps-là les videoescándalos, une saison de vidéos de politiciens divulguées qui avait commencé en mars avec les images d’un élu de la ville de Mexico fourrant des liasses de billets dans une mallette, et le général savait ce qui se disait : on prétendait déjà, dit-il à Loret, que la bande était une diversion pour détourner l’attention de l’actualité. « Ce n’est pas mon propos, et en tant que militaire je ne me livre pas à ce genre d’activités. » Il avait, dit-il, interdit toute mention d’ovnis ou de soucoupes volantes, « porque se presta a choteo », parce que cela prête à la moquerie, et la Force aérienne n’avait parlé que de « quelques contacts très étranges, incompréhensibles dans cette situation ». Lui demanda-t-on s’il avait une hypothèse personnelle : « Je n’ai pas d’hypothèse. Tout ce que je peux dire, c’est que ces taches blanches sont là, qu’elles ont été enregistrées, et que c’est toute l’information dont nous disposons. » Ce n’était pas, dit-il, une affaire de sécurité nationale. « Es el punto de vista de Maussan », dit-il de la lecture de la bande par l’ufologue : « para eso se le dio, para que pudiera sacar él sus conclusiones », c’est pour cela qu’on la lui avait donnée, pour qu’il puisse en tirer ses propres conclusions. Loret lui dit que la communauté scientifique était agacée. « Nosotros no sabíamos quiénes eran (los científicos). No los conocemos », répondit le général : nous ne savions pas qui étaient les scientifiques ; nous ne les connaissons pas. Le matériel, ajouta-t-il, était à la disposition de quiconque souhaitait l’analyser.

Sources: “I Forbade Any Talk of UFOs or Flying Saucers” — Gerardo Clemente Vega García, Mexican Secretary of DefenseWhy Mexican Scientists Did Not Get UFO EvidenceSon centellas, no ovnis: científicosLa Fuerza Aérea de México podría haber registrado un avistamiento de ovnis, pero ya no tiene los videos

La foudre en boule, pour un jour

Ce n’était pas ce qu’avaient trouvé les physiciens. Rafael Navarro González et Julio Herrera Velázquez, de l’Institut des sciences nucléaires de l’Universidad Nacional Autónoma de México, l’UNAM, l’université nationale, avaient téléphoné au secrétariat pour connaître la fréquence du radar, l’altitude et la vitesse de l’avion et la vitesse des lumières, rapporta La Jornada le jeudi, et n’avaient reçu qu’une réponse : « la información que ustedes solicitan es clasificada ». Cet après-midi-là, l’université tint sa propre conférence de presse et publia un bulletin : les phénomènes enregistrés depuis l’avion de la Sedena « son centellas o descargas eléctricas, que por primera vez pudieron haberse presentado en la parte alta de la atmósfera », de la foudre en boule ou des décharges électriques, observées pour la première fois en haute atmosphère, et non, précisèrent les scientifiques, des vaisseaux transportant des extraterrestres. Navarro montra une vidéo de laboratoire d’une minuscule boule de plasma et suggéra que, les décharges étant attirées par le métal, les lumières avaient cherché à s’approcher de l’appareil. Le directeur de l’Institut d’astronomie concéda que rien ne pouvait vraiment être conclu sans les caractéristiques de la caméra et les distances. D’autres scientifiques mexicains avaient déjà proposé des fragments de météores, des débris spatiaux et des ballons météorologiques. Le camp de Maussan trouva un allié dans le service météorologique : Alberto Hernández Unzón, son sous-directeur, déclara dans l’émission de Maussan, vers le 17 mai, que le 5 mars il y avait des stratus stables et aucune condition propice à la foudre, qu’aucun ballon n’avait été lâché et, dans la traduction de Santiago Yturria, que « dire que ces lumières sur la vidéo sont de la foudre en boule ou des étincelles électriques est absurde ». Le secrétariat, pendant ce temps, protesta contre un dessin de presse paru dans La Jornada, et la lettre du général Martínez Guzmán tira de l’épisode la leçon qu’il « deja como enseñanza la necesidad de que en posteriores ocasiones no se proporcione nada », qu’à l’avenir il ne faudrait plus rien fournir du tout. Le chroniqueur Raúl Trejo Delarbre se demanda dans La Crónica de Hoy pourquoi un ministère responsable de la sécurité nationale, détenteur d’un enregistrement qu’il ne pouvait expliquer, s’était adressé à un journaliste « célebre por las convicciones que ha manifestado sobre el origen extraterrestre de los OVNIS » plutôt qu’aux astronomes du pays. Maussan répondit qu’il avait été « extraordinariamente cuidadoso en no mencionar el termino extraterrestre », et que le général méritait d’être salué, non critiqué.

Sources: Son centellas, no ovnis: científicosCentellas o descargas eléctricas, los fenómenos registrados desde un avión de la SedenaThe big news Mexican military UFO report of 2004La Sedena y los OVNISUnidentified, Invisible Aerial Objects Videotaped in Infrared by Mexican Air Force Pilots

Les chiffres à l’écran

La bande circulait sur Internet depuis des jours quand quelqu’un lut enfin la bande de données. Sur un forum de sceptiques, dès le 14 mai, un internaute nommé Richard Gemmell remarqua que les relèvements de la tourelle pointaient vers le large, au-dessus du Golfe, et quelqu’un d’autre suggéra des plateformes pétrolières. L’homme qui porta l’argument fut Alejandro Franz Navarrete, commandant de bord à Aeroméxico et ancien contrôleur aérien, qui avait survolé la côte de Carmen en avion léger dans les années 1970 et avait déjà croisé le fer avec Maussan. Ses pages furent mises en ligne sur alcione.org dans la seconde moitié de mai et, le 26 mai, il les posta sur la liste de diffusion des ufologues sous le titre « UFOs Or Simply Oil Well Flames? ». Son argument reposait sur une observation que chacun pouvait vérifier : tandis que les lumières semblaient dériver, se diviser et garder l’allure de l’avion, « l’AZIMUT (Az) NE CHANGE JAMAIS de plus de DEUX ou QUATRE degrés ». La caméra indiquait entre moins 134 et moins 139 degrés pendant que l’avion volait vers l’est, ce qui signifiait qu’elle pointait un peu à l’ouest du nord-ouest, et dans cette direction, à environ quatre-vingts kilomètres au large de Ciudad del Carmen et à plus de cent milles de l’avion, se trouvait le complexe de Cantarell, le plus grand gisement pétrolier du Mexique, où, comme le dirait Sheaffer, plus de deux cents puits répartis sur neuf plateformes brûlaient du gaz au bout de leurs torchères jour et nuit. Les nuages traversaient l’image ; les lumières derrière eux ne bougeaient pas. Depuis 3 500 mètres, l’horizon est à quelque 211 kilomètres, comme le fit remarquer Robert Sheaffer dans le Skeptical Inquirer quand Maussan objecta que des flammes situées à 125 ou 200 kilomètres n’auraient pas pu être vues, et, comme le nota Tim Printy, la même caméra avait filmé des nuages, des rivières, des rivages et la Lune sur la même bande. L’ingénieur en infrarouge John Lester Miller dit à Sheaffer que l’incapacité de l’équipage à voir les lumières ne signifiait rien : « Ces systèmes sont précisément conçus pour détecter des objets que l’œil humain ne peut pas voir. »

Image satellite du sud du Mexique de nuit, les terres noires semées de lumières urbaines blanches le long de la côte du Golfe et à travers la péninsule du Yucatán, de fins contours marquant le rivage, et un nœud de lumière brillant et isolé, seul dans la mer noire de la baie de Campeche.
Le Golfe tel que le voit un capteur sensible à la lumière nocturne : le champ de torchères de Cantarell et de Ku-Maloob-Zaap est le nœud brillant, seul dans la baie de Campeche toute noire, plus lumineux que la plupart des villes de la côte. Satellite Suomi NPP, bande jour-nuit de VIIRS, 26 juillet 2012. Image NASA Earth Observatory de Jesse Allen et Robert Simmon, domaine public. Source de l’image

Sources: UFO’s or simply Oil Well Gas flames? Part I: Reference DataUFOs Or Simply Oil Well Flames?The Campeche, Mexico ‘Infrared UFO’ VideoUFOs appear in Mexico (again)!Ovnis mexicanos: caso cerrado

Trois plateformes

En juin, un ingénieur aérospatial de Fairfax, en Virginie, James C. Smith, fit le travail difficile et le publia dans eSkeptic le 24 juillet. Les données moyennées des lumières nocturnes du Defense Meteorological Satellite Program montraient une bonne corrélation entre le pointage de la caméra et les plateformes brillantes, mais ne permettaient pas de distinguer une torchère d’une autre ; les scènes du satellite Landsat, à quinze à trente mètres par pixel, le permettaient, chaque torchère saturant le capteur ; il localisa donc chacune d’elles, construisit un modèle en trois dimensions du champ de la caméra et fit correspondre le segment des « dix ovnis » de 17 h 06 min 53 s à trois plateformes : « Akal-C avec 4 torchères, Akal-J avec 4 torchères et Nohoch-A avec 2 torchères », à 110 à 120 milles. La lumière qui s’était dédoublée était « une torchère plus lointaine qui semble sortir de derrière une plus proche du fait du mouvement de l’avion ». Une lumière brillante plus ancienne sur la bande, à 82 milles, correspondait aux torchères à terre d’Atasta. L’objection la plus forte était le site : la bande indiquait plus deux à trois degrés, au-dessus de l’horizontale, là où des plateformes en mer auraient dû donner près de deux degrés en dessous. Smith, Sheaffer et un ancien ingénieur de FLIR Systems, Tim Wescott, répondirent que la tourelle était dans un mode asservi à la cellule, si bien qu’un avion volant le nez légèrement cabré fausse la lecture de quelques degrés ; le chercheur Brad Sparks établit d’après le lever de Lune que la caméra indiquait un degré trop bas quand la Lune était à 1,3 degré de hauteur, et s’en servit contre les torchères, et Printy retourna le chiffre, puisqu’une erreur qui pointe trop bas vers l’avant pointe trop haut vers l’arrière. Printy, astronome amateur du New Hampshire, mesura alors les images. Les quatre torchères d’Akal-C, réparties sur environ 1 725 pieds, auraient dû couvrir 95 à 97 pixels dans le champ le plus étroit ; il en compta 94. La paire de Nohoch-A aurait dû en couvrir 35 ; il en compta 34. L’analyste chilien Andrés Duarte arriva au même résultat par sa propre voie, et le physicien Claude Poher, fondateur du GEPAN, le groupe officiel d’étude des ovnis de l’agence spatiale française, conclut d’après le lever de Lune que le site était mal étalonné et les lumières lointaines, et annonça en septembre à la liste vingt-neuf photographies des torchères du Golfe. Fin octobre, le NARCAP, le National Aviation Reporting Center on Anomalous Phenomena, le groupe de recueil de témoignages de pilotes dirigé par Richard Haines, qui s’était d’abord plaint d’une chaîne de conservation des preuves rompue, saluait le commandant « pour son souci du détail comme pour son objectivité ».

Image satellite d’une mer d’un bleu profond parsemée de dizaines de minuscules formes de plateformes beiges, plusieurs traînant de longs panaches de fumée blanche vers le bas à droite.
Les plateformes de Cantarell vues par Landsat 8 le 20 janvier 2017, leurs torchères traînant de la fumée sous le vent. James C. Smith se servit de scènes Landsat comme celle-ci, à quinze à trente mètres par pixel, pour localiser chaque torchère et faire correspondre le segment des « dix ovnis » à Akal-C, Akal-J et Nohoch-A. Image NASA Earth Observatory de Joshua Stevens, d’après des données Landsat de l’US Geological Survey ; domaine public. Source de l’image

Sources: The Mexican Air Force UFO Affair: Aliens, Ball Lightning, or Flares?The Campeche, Mexico ‘Infrared UFO’ VideoUFOs appear in Mexico (again)!FLIR Conclusion: Mexican Air Force FLIR images are Oil Well flames!Ovnis infrarrojos de Campeche: una explicación viableUFO UpDates, September 2004Observation de Campeche

« Fiente de pélican » et un revirement

La liste le prit mal. « Des torchères de plateformes pétrolières suivies au radar à peu près à l’altitude de l’avion ! Absolument stupéfiant ! », écrivit le lendemain le chercheur Ray Stanford, avant de refuser de passer sa journée « à patauger dans la fiente de pélican », un pélican étant, dans ce milieu, un démystificateur, et de suggérer que le mobile du commandant était « ta vieille aversion pour Jaime Maussan ». David Rudiak composa un examen à choix multiples parodique dont la dernière option était « F. Des puits de pétrole volants et invisibles, etc., etc., etc. » Alfred Lehmberg ajouta : « Des phares qui planent et des pélicans flatulents ? » Santiago Yturria, le collaborateur de Maussan à Monterrey, écrivit que le radar du Merlin « ne peut détecter des flammes pétrolières à aucune distance », et fin septembre que « le canular des flammes pétrolières de Cantarel a été démasqué à la télévision nationale » lors d’une émission en direct de deux heures de Grandes Misterios, le programme de Maussan, qui, selon le récit de Franz, l’accusa de discréditer la Force aérienne et cita son employeur à l’antenne. « Les mots ne signifient rien », écrivit Yturria, « les phénomènes signifient tout. » L’esprit le plus intéressant du côté des croyants était celui de Maccabee. Dans la semaine, il avait qualifié l’affaire de « cas radar-non visuel-infrarouge, ce qui le rend unique ». Le 27 mai, il écrivit que les lumières sortant d’un nuage avec un ciel sombre derrière elles « prouve qu’elles étaient au niveau des nuages et non au sol ». Il demanda à la Force aérienne un vol d’étalonnage sur la même trajectoire, s’entendit répondre qu’il aurait lieu, et attendit. Le 17 septembre, il avait regardé de nouveau : « J’ai cherché attentivement une preuve claire de cette “luminosité intacte devant les nuages”... et je n’en ai trouvé aucune. Ce que j’ai trouvé par triangulation... ce sont de grandes distances jusqu’aux lumières. » « Il est probable que les objets étaient beaucoup plus loin que les nuages et que le mouvement devant les nuages est une illusion. La question clé est : étaient-ils au-dessus de l’horizon ? » Son étude d’une centaine de pages, publiée le 27 décembre, admettait que « si l’étalonnage du site du FLIR en visée vers la gauche était faux de plusieurs degrés (malgré l’étalonnage par la hauteur de la Lune), alors ces groupes de lumières pourraient avoir été des lumières au sol lointaines (env. 100 milles) (par exemple des flammes de gaz) ». En janvier, il écrivit qu’après des heures passées à chercher lui-même une correspondance parfaite, « j’ai pour ainsi dire “levé les bras au ciel de désespoir” », et que le travail de Smith rendait l’hypothèse du gisement pétrolier plausible pour beaucoup des lumières, sinon toutes. Le vol d’essai n’eut jamais lieu. Franz fit voler le sien à la place : les 3 et 4 septembre 2004, depuis le poste de pilotage de MD-80 d’Aeroméxico à 31 000 et 33 000 pieds, il filma au-dessus du Golfe des lumières « très semblables aux “lumières” du FLIR » ; le 29 octobre, une équipe de National Geographic refit le trajet avec lui depuis Villahermosa à bord d’un King Air affrété ; le 14 avril 2005, il filma les torchères de Cantarell en infrarouge et en couleur côte à côte. En 2012, la série de la chaîne Chasing UFOs affréta un vol équipé d’un FLIR sur la même trajectoire un jour où, par hasard, les plateformes ne brûlaient pas, et n’obtint rien, mais son coprésentateur, le géoscientifique Ben McGee, traça les lignes de visée depuis les coordonnées de la bande de données jusqu’aux plateformes et reproduisit sur papier le motif des onze lumières, dédoublement compris. « Soit vous aviez une sorte d’engin en vol stationnaire juste au-dessus de chaque tour », dit-il, « soit c’étaient simplement les tours. »

Photographie panoramique d’une plage de sable pâle au crépuscule, une ligne basse de vagues bleu-vert et, le long de l’horizon rose, une rangée de minuscules silhouettes sombres de plateformes et de navires au large.
Plateformes et navires à l’horizon au large de Ciudad del Carmen au crépuscule, en août 2020. Depuis la côte, les torchères sont un spectacle familier ; depuis 10 500 pieds, à cent milles de distance, elles devinrent autre chose. Photo : Cvmontuy, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Source de l’image · CC BY-SA 4.0 · Cvmontuy

Sources: UFOs Or Simply Oil Well Flames?UFO UpDates, September 2004UFO UpDates, January 2005Unidentified, Invisible Aerial Objects Videotaped in Infrared by Mexican Air Force PilotsA Study of the March 5, 2004 Radar and FLIR Sightings during a Surveillance Flight by the Mexican Department of DefenseFLIR Conclusion: Mexican Air Force FLIR images are Oil Well flames!Famous Mexican UFO video debunked by TV hostMexican Air Force UFO Video — Oil Rigs

Le dossier parti chez un journaliste

Le Mexique avait adopté sa première loi fédérale sur l’accès à l’information en 2002, et le secrétariat à la Défense nationale apprit vite ce que cela signifiait. Le 16 juin 2004, un citoyen demanda les fichiers électroniques des prétendus ovnis. La réponse arriva sur une feuille blanche, sans en-tête ni signature : « el material que solicita fue entregado al señor Jaime Maussan, por lo que únicamente en esta Secretaría quedó en resguardo y en calidad de secreto », ce qui restait au ministère était conservé comme secret. En 2007, le secrétariat déclara ne détenir aucune preuve matérielle d’ovnis, seulement le dossier des « puntos luminosos en Campeche el 5 de marzo de 2004 », et que l’information avait été remise « en original » au journaliste, qui l’avait transmise à divers centres de recherche, « desconociéndose cuál fue su naturaleza », leur nature restant inconnue. En 2008, deux autres demandeurs furent invités à demander une copie à Maussan. En 2016, le ministère répondit sur papier à en-tête, articles de loi à l’appui, que « no se cuenta con información escrita de la entrega del video », il n’existait aucune trace écrite de la remise, et proposa un lien YouTube vers la conférence de presse. En 2019, interrogé sur l’effectif, les grades, l’âge et les évaluations psychologiques de l’équipage, ainsi que sur le document de remise, il indiqua que « después de realizar una búsqueda exhaustiva » aucune pièce n’avait été trouvée. Puis, en septembre 2021, en réponse à la journaliste Laura Sánchez Ley, il produisit la seule description officielle de l’événement qui existe, qu’elle résuma sur Twitter : un avion de la Force aérienne, le 5 mars 2004, « tuvo un avistamiento OVNI en la costa de Campeche... Sus radares detectaron 3 ECOS y el FLIR STAR detectó un grupo de blancos térmicos », avec trois officiers à bord dont il refusait de donner les noms. Rien dans le dossier ne montre que la Force aérienne ait jamais adopté, ou rejeté, l’explication par les torchères, et aucune déclaration ultérieure de l’un des trois officiers n’a fait surface.

Sources: El día que la SEDENA creyó que había ovnis en México y entregó la única copia del video a Jaime MaussanLa Fuerza Aérea de México podría haber registrado un avistamiento de ovnis, pero ya no tiene los videosOvnis en la Plataforma Nacional de TransparenciaSedena confirma avistamiento de ovnis en México detectado por la Fuerza Aérea Mexicana

Seize, puis dix-huit

L’histoire n’a cessé de grandir de la manière que Michael Shermer avait décrite sur CNN dès la première semaine, comme le cita Smith, « comme une histoire de pêcheur, qui grandit à chaque fois qu’on la raconte » : onze objets sont devenus seize, puis dix-huit, et dans les récits mexicains ultérieurs la foudre en boule des physiciens de l’UNAM, proposée l’espace d’un jour et jamais approfondie, est devenue la réponse admise, attribuée dans un récit de 2023 au secrétariat lui-même, tandis que Cantarell disparaît complètement. Quand les vidéos infrarouges de cockpit de la Marine américaine elle-même firent surface en 2017, la bande de Campeche fut redécouverte comme leur précurseur mexicain, filmé huit mois avant que les pilotes du Nimitz ne rencontrent leur Tic Tac, et Maussan la montra de nouveau le 12 septembre 2023 lors de l’audience de la Chambre des députés sur les phénomènes anomaux, la séance restée célèbre pour les deux corps desséchés venus du Pérou qu’il présenta comme non humains, en disant aux députés que les objets étaient visibles à l’œil nu, ce qui est la seule chose que l’équipage a toujours niée. En juillet 2025, un journaliste interrogea la présidente Claudia Sheinbaum à ce sujet lors de sa conférence de presse matinale. « Esa estuvo buena », dit-elle, elle est bien bonne ; on laisserait cela aux scientifiques, et on demanderait au ministère de la Défense.

Sources: The Mexican Air Force UFO Affair: Aliens, Ball Lightning, or Flares?Así fue el día en que la Sedena grabó 16 supuestos ovnis en el cielo de CampecheEste es el video de avistamiento de ovnis que grabó la Sedena en 2004 y llegó a manos de MaussanFuerza Aérea Mexicana captó presencia de 11 objetos anómalos en 2004: Maussan¿Sheinbaum cree en los ovnis? Esto dice sobre los presuntos avistamientos reportados por la Fuerza Aérea

ALLER À LA SOURCE

Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

Mexican Air Force Pilots Film 11 UFOsAssociated Press · 11 mai 2004 · La dépêche tirée de la conférence de presse de Jaime Maussan, avec la confirmation anonyme du porte-parole du ministère de la Défense et les citations de l’équipage · Reprise par CBS News comme dépêche CBS/APMexico Air Force video creates UFO stirReuters · 11–12 mai 2004 · La confirmation par le ministère à l’agence qu’il avait fourni la vidéo ; la « masse » et l’« énergie » de Maussan · ABC News (Australie)Muestran flotilla de ovnis por televisiónAP et AFP · El Tiempo (Bogotá) · 12 mai 2004 · Les citations en espagnol de l’équipage, le compte de seize de Televisa et le « circo » de La Jornada · Archives d’El TiempoFuerza Aérea detecta 16 ovni en el cielo de CampecheEFE · El Tiempo (Bogotá) · 12 mai 2004 · Le secrétariat à la Défense « no tener una explicación » · Archives d’El TiempoSon centellas, no ovnis: científicosLaura Poy · La Jornada · 13 mai 2004 · Les propos de Vega García sur W Radio, et Navarro et Herrera, de l’UNAM, à qui l’on répondit que leur demande était « clasificada » · Archives du journal (le texte survit aussi mot pour mot dans un commentaire de lecteur du même jour sur blog.com.mx)“I Forbade Any Talk of UFOs or Flying Saucers” — Gerardo Clemente Vega García, Mexican Secretary of DefenseFundación Cosmos · Traduit par Scott Corrales · 12–13 mai 2004 · L’entretien de W Radio « Hoy por Hoy » avec Carlos Loret de Mola · Reproduit par UFO EvidenceWhy Mexican Scientists Did Not Get UFO EvidenceMilenio de Monterrey et Fundación Cosmos · Traduit par Scott Corrales · 13 mai 2004 · « Material Not Turned Over to Scientists Because We Do Not Know Them » ; « ces taches blanches sont là, elles ont été enregistrées, et c’est toute l’information dont nous disposons » · Reproduit par UFO EvidenceCentellas o descargas eléctricas, los fenómenos registrados desde un avión de la SedenaBoletín UNAM-DGCS-355 · Universidad Nacional Autónoma de México · 13 mai 2004 · La conférence de presse de l’Institut d’astronomie et de l’Institut des sciences nucléairesLa Sedena y los OVNISRaúl Trejo Delarbre · La Crónica de Hoy · 17 mai 2004, avec la réponse de Jaime Maussan du 20 mai · Cite la lettre du secrétariat à la Défense à La Jornada : « dos opciones: archivarlo como secreto o bien entregarlo a una persona que conociera sobre el asunto » · Republié sur le blog de l’auteur, 2005The big news Mexican military UFO report of 2004Patrick Gross · ufology.patrickgross.org · Une compilation des documents de mai 2004 : le dossier de presse de Maussan, les entretiens filmés de l’équipage, la transcription anglaise Yturria–Velez de l’audio de la bande FLIR, l’entretien de Vega García et la déclaration du service météorologique dans la traduction d’YturriaMexican Air Force Pilots Film 11 UFOs — case 263UFO Evidence · Le texte de l’AP et le dossier de presse de Jaime Maussan du 11 mai 2004, « The Facts », avec le récit dramatisé de la rencontreIncidente OVNI del Escuadrón 501 en CampecheExpediente Oculto · Mars 2012 · Un récit mexicain qui conserve les répliques du cockpit en espagnol : « Ahí van más, mire más atrás, son diez, once objetos »Los ovnis de Campeche (México), de actualidad nuevamenteJosep Guijarro · Espacio Misterio · 2018 · Cite le récit télévisé du lieutenant Marín sur les vitesses radar, « cosa que jamás había visto », et qualifie l’hypothèse de Cantarell d’imaginativeUnidentified, Invisible Aerial Objects Videotaped in Infrared by Mexican Air Force PilotsLinda Moulton Howe · Earthfiles · 13–14 mai 2004 · Entretiens avec Jaime Maussan et le physicien optique de la Marine américaine Bruce Maccabee dans les premiers jours : « un cas radar-non visuel-infrarouge » ; les trente et une minutes d’horloge de la bandeUFO’s or simply Oil Well Gas flames? Part I: Reference DataCommandant Alejandro Franz Navarrete · alcione.org · Mai 2004 · Les indications de la bande de données du FLIR, les coordonnées des plateformes et le premier énoncé de l’hypothèse de Cantarell · Copie Wayback Machine de 2015 (le site a disparu)FLIR Conclusion: Mexican Air Force FLIR images are Oil Well flames!Commandant Alejandro Franz Navarrete · alcione.org · Partie II, mise à jour jusqu’en 2009 · Les superpositions de James C. Smith, Tim Wescott sur le mode INRPT, la lettre de Julio Herrera, le vol de National Geographic du 29 octobre 2004 et les propres vols de Franz de 2004–2006 · Copie Wayback Machine de 2015UFOs Or Simply Oil Well Flames?Alejandro Franz · Liste de diffusion UFO UpDates · 26–27 mai 2004 · Le message qui mit l’explication par Cantarell sous les yeux des ufologues, et les réponses de Ray Stanford, David Rudiak, Alfred Lehmberg et Bruce Maccabee · Archives mensuelles de la liste, mai 2004 (PDF)UFO UpDates, September 2004Archives de la liste de diffusion UFO UpDates (PDF) · La note de triangulation de Bruce Maccabee du 17 septembre, les photographies de Claude Poher, le « canular des flammes pétrolières de Cantarel démasqué à la télévision nationale » de Santiago Yturria, et la réponse de Franz du 30 septembreUFO UpDates, January 2005Archives de la liste de diffusion UFO UpDates (PDF) · Bruce Maccabee, 5 janvier 2005 : « j’ai pour ainsi dire “levé les bras au ciel de désespoir” »The Mexican Air Force UFO Affair: Aliens, Ball Lightning, or Flares?James C. Smith · eSkeptic, The Skeptics Society · 24 juillet 2004 (aussi dans Skeptic vol. 11, no 2) · L’appariement par Landsat et DMSP du segment des « dix ovnis » à Akal-C, Akal-J et Nohoch-A, et l’« histoire de pêcheur » de Michael ShermerThe Campeche, Mexico ‘Infrared UFO’ VideoRobert Sheaffer · Skeptical Inquirer, vol. 28, no 5 (septembre–octobre 2004), p. 36–40 · Avec l’ingénieur en infrarouge John Lester Miller sur ce que voit un FLIR ; l’horizon à 211 kilomètres · PDF du Center for InquiryUFOs appear in Mexico (again)!Tim Printy · astronomyufo.com · Août 2004, mis à jour en janvier 2005 · Neuf pages : la bande, les hypothèses, l’étalonnage par la Lune, la triangulation par parallaxe et l’appariement pixel par pixel des groupes de torchères aux plateformesA Study of the March 5, 2004 Radar and FLIR Sightings during a Surveillance Flight by the Mexican Department of DefenseBruce Maccabee · 11 août 2004, révisé jusqu’au 28 octobre et publié le 27 décembre 2004 · Le relevé image par image de la bande, les entretiens de l’équipage, le bulletin météo, l’analyse de la première cible radar et l’annexe sur l’explication par les flammes de gaz · Copie Wayback Machine du fichier Word du site de l’auteurOvnis infrarrojos de Campeche: una explicación viableMario Méndez Acosta · Pensar, vol. 1, no 4 (2004) · La revue latino-américaine du Center for Inquiry · La conclusion de l’analyste chilien Andrés Duarte selon laquelle les images sont des objets chauds et statiques à plus de 100 kilomètres de l’avion · Copie Wayback MachineFamous Mexican UFO video debunked by TV hostOpen Minds · 2 octobre 2014 · La reconstitution des lignes de visée de Ben McGee pour Chasing UFOs, de National Geographic, avec des commentaires ultérieurs de Bruce Maccabee et d’Alejandro FranzMexican Air Force UFO Video — Oil RigsFil Metabunk ouvert en 2019 · Les reconstitutions de la trajectoire et des plateformes par Mick West et flarkey, les points chauds NASA FIRMS du 5 mars 2004 trouvés par Vattic, et une remise en ligne en 2022 de la vidéo comparative de Franz de 2005El día que la SEDENA creyó que había ovnis en México y entregó la única copia del video a Jaime MaussanPriscila Pregunta · 20 octobre 2020 · Une chronologie des demandes d’accès à l’information adressées au secrétariat à la Défense de 2004 à 2019 et de ses réponsesOvnis en la Plataforma Nacional de TransparenciaCorriente Alterna, Universidad Nacional Autónoma de México · 3 juillet 2022 · Les répliques du cockpit en espagnol et la réponse du secrétariat selon laquelle la vidéo originale fut remise à Maussan « para que lo hiciera llegar a diversos centros de investigación para su estudio »La Fuerza Aérea de México podría haber registrado un avistamiento de ovnis, pero ya no tiene los videosEnquête de SinEmbargo republiée par Noroeste · 2 juillet 2021 · La réponse de 2016 : « No se cuenta con información escrita de la entrega del video »Sedena confirma avistamiento de ovnis en México detectado por la Fuerza Aérea MexicanaEl Heraldo de México · 8 septembre 2021 · La réponse du secrétariat à la journaliste Laura Sánchez Ley, telle qu’elle la résuma : « Sus radares detectaron 3 ECOS y el FLIR STAR detectó un grupo de blancos térmicos »Fuerza Aérea Mexicana captó presencia de 11 objetos anómalos en 2004: MaussanExcélsior · 12 septembre 2023 · La bande montrée lors de l’audience de la Chambre des députés sur les phénomènes anomaux non identifiés¿Sheinbaum cree en los ovnis? Esto dice sobre los presuntos avistamientos reportados por la Fuerza AéreaInfobae México · 9 juillet 2025 · La présidente interrogée sur la bande de 2004 lors de sa conférence de presse matinaleAsí fue el día en que la Sedena grabó 16 supuestos ovnis en el cielo de CampecheEl Heraldo de México · 27 juillet 2023 · Un récit ultérieur dans lequel le compte est passé à seize et la foudre en boule est attribuée au secrétariat lui-mêmeEste es el video de avistamiento de ovnis que grabó la Sedena en 2004 y llegó a manos de MaussanHeraldo Binario · 9 juillet 2025 · Un récit dans lequel les lumières sont devenues « una serie de 18 objetos brillantes »Ovnis mexicanos: caso cerradoMarcianitos Verdes (Luis Ruiz Noguez) · 17 octobre 2021 · Le résumé par Kentaro Mori de la manière dont on parvint à l’explication par les torchères, traduit de Ceticismo AbertoCampeche (Mexique), 5 mars 2004RR0 · Un dossier français avec la chronologie, les analyses de Poher, Sparks et Printy et les divergences sur les noms de l’équipageObservation de CampecheWikipédia (en français) · Vue d’ensemble, avec les analyses de Franz, Smith et Poher et les déclarations du NARCAP

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