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DOSSIER / 044 — 1965

La lumière au-dessus de l’île de la Déception

Au cœur de la nuit de l’hiver antarctique, des marins, des aviateurs et des météorologues de trois bases rivales, installées dans un volcan noyé, virent une lumière colorée planer, filer et rebrousser chemin au-dessus de l’île de la Déception. La Marine argentine annonça un objet volant solide et lenticulaire ; la force aérienne chilienne parla de dix diapositives en couleur. Les diapositives ne refirent jamais surface, et la querelle sur ce qu’ils avaient vu ne prit jamais fin.

Photographie d’un étroit passage marin entre deux falaises volcaniques striées, couleur de rouille, ouvrant sur une baie bleue et calme, avec un grand iceberg blanc à droite et des crêtes enneigées sur la rive opposée sous un ciel pâle.
1965
Neptune’s Bellows, l’étroite brèche dans la paroi du cratère qui donne accès à Port Foster, la caldeira inondée de l’île de la Déception, en janvier 2016. Les trois stations de 1965 se dressaient sur les rives de la baie, au-delà. Photo : Godot13, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Trois drapeaux dans un volcan noyé

L’île de la Déception est un volcan dont la mer a envahi le cratère. Un anneau de cendre et de glace d’une quinzaine de kilomètres de diamètre enserre une baie, Port Foster, à laquelle on accède par une unique brèche dans la paroi, Neptune’s Bellows, le « Soufflet de Neptune ». En 1965, trois pays qui revendiquaient tous ce coin de l’Antarctique entretenaient des stations sur ses rives. Le Destacamento Naval Decepción de la Marine argentine, la Base Presidente Pedro Aguirre Cerda de la force aérienne chilienne, à Pendulum Cove, et la Base B du British Antarctic Survey, installée dans l’ancienne station baleinière de Whalers Bay, dessinaient autour de la baie un triangle grossier d’environ sept kilomètres de côté. Douze ans plus tôt, des Royal Marines avaient débarqué et incendié les baraques argentine et chilienne fraîchement construites à côté de la base britannique. Désormais, les trois garnisons étaient voisines par radio et s’invitaient à l’occasion les unes chez les autres. Pendant l’hiver austral, la baie gelait entièrement. Le jour, rapporta le commandant argentin, durait d’environ 10 h 20 du matin à 15 h 30, « suivi de 16 heures d’obscurité ».

Image satellite d’une île en forme de fer à cheval dans une mer bleu sombre : un anneau de cendre volcanique brune strié de glaciers blancs, ouvert sur la mer par une étroite brèche en bas à droite, enserrant une grande baie ronde.
L’île de la Déception vue par Landsat 8 en mars 2018 : l’anneau de la caldeira, la baie inondée de Port Foster et, en bas à droite, l’étroite entrée de Neptune’s Bellows. Image du NASA Earth Observatory par Lauren Dauphin, à partir de données Landsat de l’U.S. Geological Survey. Domaine public. Source de l’image · Public domain · NASA Earth Observatory

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Une lumière jaune en juin

Le premier signe vint au début de l’hiver. Le 7 juin à 19 h 50, Jorge Stanich, météorologue civil du détachement argentin, vit une lumière jaune pâle, cernée d’un halo flou, rester immobile au sud-ouest pendant cinq secondes. Aux petites heures du 8 juin, il la revit sous une couche nuageuse basse, pendant quatre secondes ; le commandant du détachement, Daniel Perissé, écrivit plus tard que Stanich entendit « un son grave, d’une intensité presque nulle » deux minutes après sa disparition. L’après-midi du 18 juin, selon le radiogramme de la force aérienne chilienne publié à Santiago le lendemain, toute la garnison chilienne vit « un corps céleste de l’intensité lumineuse d’une étoile de première grandeur » apparaître à l’est de l’île, à soixante degrés au-dessus de l’horizon, virer de 180 degrés vers la gauche, tourner encore de quatre-vingt-dix degrés et filer vers le sud, disparu à 16 h 40. Les câbles argentins datèrent plus tard cette observation chilienne du 20 juin ; le commandant de la base chilienne lui-même fut cité donnant la date du 13 juin.

Sources: Objets volants non identifiés aperçus en AntarctiqueTraduction des rapports officiels d’ovnis du ministère de la Marine argentinObservations d’ovnis à l’île de la DéceptionAvistamientos OVNI en la Antártida en 1965

La veille chilienne

Le soir du samedi 3 juillet, le ciel de la Déception fit une chose rare pour la saison : il se dégagea. À 19 h 20, un sergent de la tournée météo de Pedro Aguirre Cerda, Luis Moya, repéra une lumière, et neuf des douze hommes de la garnison sortirent pour la regarder. Elle était rouge jaunâtre, puis verte, jaune et orange, et traversait le sud-ouest de l’île à grande vitesse sur une trajectoire oscillante ; derrière elle, écrivit plus tard Perissé, traînait « un sillage, apparemment de vapeur ». Pendant une vingtaine de minutes, elle resta suspendue, se déplaça, s’immobilisa de nouveau, jusqu’à ce que les nuages l’avalent. Le caporal Uladislao Durán Martínez n’attendit pas. « J’ai couru chercher mon appareil photo, en priant en chemin d’avoir le temps de prouver que nous n’étions pas le jouet d’une illusion d’optique, confia-t-il à Clarín. J’ai pris dix clichés en tout… Le film est en couleur, et je suis sûr qu’ils sont réussis. » Certaines vues, dit-il, furent prises directement, d’autres à travers un théodolite, la lunette de visée pivotante dont les météorologues se servaient pour suivre leurs ballons, d’autres encore à travers des jumelles que quelqu’un lui tendit. La base n’avait pas de chambre noire ; le film devrait attendre le navire de relève.

Photographie en couleur d’un baraquement rouge aux lucarnes encadrées de blanc derrière des congères, avec au premier plan un abri météorologique blanc à lattes sur un haut pied, posé sur un sol volcanique sombre, et un champ de neige à l’arrière.
La base chilienne Pedro Aguirre Cerda, à Pendulum Cove, en janvier 1958, avec son abri météorologique au premier plan. Le 3 juillet 1965, c’est un sergent effectuant ici la tournée météo du soir qui repéra le premier la lumière. Photo : Jorge Valdés R., domaine public, via Wikimedia Commons. Source de l’image · Public domain · released by the photographer

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Soixante-deux minutes à la station argentine

Deux minutes après la fin de l’observation chilienne, ce fut le tour des Argentins. À 19 h 42, Aldo Irusta, un sous-officier qui effectuait le relevé météorologique du soir, vit une lumière au nord-nord-ouest, à une trentaine de degrés de hauteur. Dans le questionnaire du Renseignement naval qu’il remplit plus tard, il la compara à « une flamme de bec Bunsen, en forme de ballon de rugby ». Le commandant du détachement, le lieutenant d’infanterie de marine Daniel Perissé, fit sortir ses hommes ainsi que les trois aviateurs chiliens qui séjournaient alors à la station, dont l’un était venu faire soigner une fracture par le médecin argentin. Ils observèrent à l’œil nu, aux jumelles et au théodolite. Le radiogramme envoyé à Buenos Aires le lendemain décrivait un centre rouge aux bords « passant du jaune au vert, à l’orange, au bleu, au blanc », de la taille d’une tête de clou d’un demi-pouce, de forme ronde à ovale. La lumière stationnait, accélérait, rebroussait chemin. Le questionnaire notait qu’elle passait derrière les stratus bas mais se détachait sur les cirrus élevés. Pendant une heure et deux minutes, elle occupa le ciel, puis, à 20 h 44, elle s’éloigna vers le nord-ouest en rapetissant et en s’élevant. Stanich tenta de la photographier avec un film lent et sans trépied.

Photographie en noir et blanc d’un homme en manteau sombre parlant dans un micro devant un bâtiment en bois, entouré d’un prêtre en habits liturgiques et d’officiers de marine en casquette à visière, tandis que des marins regardent depuis une fenêtre ouverte au-dessus.
Le président Arturo Frondizi s’exprime à la station argentine de l’île de la Déception le 8 mars 1961, quatre ans avant l’observation. Photo : Archivo General de la Nación, domaine public, via Wikimedia Commons. Source de l’image · Public domain in Argentina (PD-AR-Photo) and the United States

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Le cuisinier de la Base B

Les Britanniques faisaient bande à part. Lorsque le National Investigations Committee on Aerial Phenomena (NICAP), principal groupe civil américain consacré aux ovnis à l’époque, interrogea le gouvernement britannique sur ces observations, le directeur du British Antarctic Survey, Sir Vivian Fuchs, transmit le seul message que la Base B avait envoyé : « Lumière scintillante rouge-vert-jaune observée depuis la base britannique 2300Z le 2 juillet plein nord, s’était déplacée en deux vagues rapidement depuis l’ouest puis avait rebroussé chemin sur ce trajet sur une courte distance avant de revenir au nord où elle resta immobile environ 20 minutes. » L’heure, 23 h GMT le 2 juillet, correspondait au début de soirée à la Déception, la veille des observations chilienne et argentine. Les câbles argentins et chiliens prêtaient aux Britanniques cinq témoins. Des décennies plus tard, Vicente-Juan Ballester Olmos et ses collègues espagnols et argentins de FOTOCAT, un catalogue des cas de photographies d’ovnis, retrouvèrent l’homme derrière cette ligne : Bernard Chappel, le cuisinier de la base, qui assurait aussi des quarts d’observateur météo. « J’ai observé un orbe brillant, vert bouteille, haut dans le ciel nocturne pendant que j’évaluais la couverture nuageuse », leur écrivit-il. Il le prit d’abord pour une planète ; puis « la lumière a disparu vers l’horizon à une vitesse phénoménale, avant de revenir quelques minutes plus tard, de planer un court moment et de disparaître de nouveau dans la direction opposée ». Il s’était tu, dit-il, parce qu’il était de loin le plus jeune de la base. Son collègue Peter Bird se souvenait de Bernie comme de quelqu’un qui aimait les histoires à dormir debout. Un autre, le pilote Jules Brett, ne croyait pas qu’il l’eût inventée.

Photographie en noir et blanc prise en surplomb le long d’un rivage sombre et incurvé, montrant un groupe de bâtiments couverts de neige, des citernes et une haute cheminée au pied d’une large pente enneigée.
Whalers Bay vue du mât de l’anémomètre en avril 1945, lorsque l’opération Tabarin, menée par les Britanniques pendant la guerre, installa la Base B parmi les bâtiments de l’ancienne station baleinière. Photo : Alan William Reece, British Antarctic Survey Archives, domaine public (Crown copyright britannique expiré), via Wikimedia Commons. Source de l’image · Public domain · UK Government work

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Les aiguilles d’Orcadas

Quelques heures avant la veille chilienne, à huit cent quarante kilomètres à l’est-nord-est, deux météorologues d’Orcadas, la vieille station argentine de l’île Laurie, dans les Orcades du Sud, avaient déjà vu quelque chose. José Mazzucchelli et Eduardo Jarriek l’aperçurent à 17 h 03 cet après-midi-là. Le premier radiogramme de leur commandant, le lendemain matin, décrivait une lumière ronde, blanche, peu brillante, aux contours nets, traversant le ciel « d’ouest en est » sur une trajectoire parabolique, à une trentaine de degrés de hauteur, pendant quinze secondes avant que les nuages la cachent. Deux jours plus tard, un second câble ajouta le détail qui rendit l’histoire célèbre. Les variomètres de la station, des instruments qui enregistrent les petites variations du champ magnétique terrestre, avaient réagi : « Deux variomètres en fonctionnement affectés par perturbation du champ magnétique au moment de l’observation de l’objet. » Le chef de la base, le lieutenant Miguel Sosa, déclara à La Prensa qu’il s’agissait d’« une légère perturbation des variomètres », mais d’une perturbation qui « indiquerait que l’objet était fait d’un matériau hautement magnétique ».

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La Marine prend la parole

Le Chili parla le premier. Le matin du 6 juillet, El Mercurio publia le radiogramme du commandant de la base : neuf hommes avaient vu « le curieux corps céleste », les Britanniques avaient vu quelque chose la veille, le caporal Durán avait pris dix diapositives en couleur, et « il n’y avait eu entre les bases aucune communication préalable susceptible d’induire une psychose de ce genre ». Le chef de la base, le commandant d’escadrille Mario Jahn Barrera, parla par radio à la presse de Santiago : « Notre observation n’était ni une hallucination ni une psychose collective… Je peux dire que ce n’était pas une étoile, car elle avait un mouvement très rapide et continu… rien de ce que je connais des engins fabriqués par l’homme n’en approche, par sa forme, sa vitesse et sa maniabilité dans les airs. » Le soir même, la Marine argentine publia un communiqué intitulé « Observation d’objets volants non identifiés dans l’Antarctique argentin ». Il décrivait « un objet volant de forme lenticulaire, d’aspect solide, de couleur à dominante rouge et verte, par moments avec des tons jaunes, bleus, verts, blancs et orangés », observé par un temps exceptionnellement clair sous une lune décroissante, silencieux, changeant de vitesse, parfois immobile, suivi par onze hommes pendant quinze à vingt minutes, « des photographies ayant été prises ». Un second bulletin, le lendemain, porta le nombre de témoins à dix-sept et exclut « un ballon-sonde, une étoile ou un avion ». Le journal du soir de Buenos Aires La Razón se demanda tout haut si les deux armées entendaient placer « trois milliards de Terriens » face aux preuves de visiteurs venus d’autres mondes.

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Un hiver de soucoupes

L’objet antarctique fit la une de tous les journaux argentins, et l’Argentine connut ce que Clarín appela, cinquante ans plus tard, une psychose collective qui dura tout l’hiver. Sept jeunes randonneurs virent un ovni près de Pilar ; des lumières furent photographiées au-dessus de Bahía Blanca ; le 1er août, les jumelles de l’hippodrome de Palermo quittèrent la piste pour un étrange globe dans le ciel, jusqu’à ce que les haut-parleurs annoncent le départ dans cinq minutes. L’officier chargé des ovnis au sein même de la Marine, le capitaine de frégate Omar Pagani, écrivit à NICAP en lui signalant deux autres cas : le 7 juillet, un poste de garde-côtes de l’île Gable, dans le canal Beagle, avait observé un disque argenté immobile pendant deux ou trois minutes, qui laissa un rayon brillant illuminant l’eau, et ses hommes, précisait Pagani, ne savaient rien des nouvelles de l’Antarctique ; le 8 juillet, la base Esperanza de l’Armée de terre signala un objet semblable à celui de la Déception. Les agences de presse diffusèrent l’histoire à l’étranger, où elle enfla en chemin ; un journal français évoquait « toute une flottille » de soucoupes rouges et vertes tournoyant pendant plus de deux heures. L’attaché naval américain à Buenos Aires envoya à Washington les traductions des quatre radiogrammes des bases et, en août, le département d’État demanda davantage à son ambassade.

Sources: El ovni que se paseó por la Antártida y disparó la psicosis argentinaTraduction des rapports officiels d’ovnis du ministère de la Marine argentinObjets volants non identifiés aperçus en AntarctiqueCorps céleste observé au-dessus de l’AntarctiqueLe Méridional, 8 juillet 1965Avistamientos OVNI en la Antártida en 1965

Dix diapositives dans le noir

Les photos argentines ne donnèrent rien. Le film lent de Stanich ne montrait, dit-il en 2006, « rien, absolument rien, tout au plus un point insignifiant qui aurait pu être n’importe quoi » ; Perissé déclara plus tard qu’ils avaient photographié de l’intérieur, à travers des doubles vitrages. Tout le monde attendait les dix diapositives en couleur de Durán, qu’on ne pourrait développer qu’à l’arrivée de l’équipe de relève chilienne. Quand l’équipe de relève rentra au pays en janvier 1966, ses membres dirent au chercheur chilien Pablo Petrowitsch que les photos étaient ratées parce que le photographe manquait d’expérience ; un récit ultérieur affirme que la force aérienne les déclara voilées. Jahn Barrera, des années plus tard, expliqua que les gens s’étaient imaginé des appareils spéciaux, « et nous n’avions que les nôtres, qui servaient à photographier les glaces et les phoques ». En 1969, le commandant Sergio Bravo, chef du service météorologique chilien, déclara au quotidien madrilène ABC qu’il avait interrogé l’homme qui avait vu la chose, « un de mes élèves. Mais il n’y a pas eu de photos ». Le projet Blue Book, l’enquête de la Force aérienne des États-Unis sur les ovnis, rangea les clichés chiliens parmi les images parues dans la presse mais jamais soumises. L’article anniversaire de Clarín résuma l’alternative : « Soit une conspiration, soit des clichés vides : choisissez votre propre aventure. »

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Le commandant qui voulait voir

Au centre de l’histoire se tenait Daniel Perissé, qui n’avait pas encore trente ans en 1965 et qui, selon plusieurs témoignages, était déjà fasciné par l’inexpliqué. Avant les observations de juillet, il préparait avec l’Instituto Argentino de Parapsicología des expériences de télépathie entre la Déception et des volontaires à l’étranger. Peter Bird, écrivant à sa mère en novembre, le désigna comme l’instigateur de la « panique aux soucoupes volantes » de juillet et affirma que quelqu’un avait parlé d’une lumière colorée à Perissé pour lui faire une blague. Le rapport Condon, l’étude sur les ovnis de l’université du Colorado financée par la Force aérienne des États-Unis, citait le chef de la base britannique, David Walter, qui se rappelait que la seule observation britannique, celle du cuisinier, « était plutôt considérée comme une plaisanterie », et que les phénomènes des Chiliens étaient signalés au-dessus de la base argentine tandis que ceux des Argentins étaient situés au-dessus de la base chilienne. Pablo Justo, ingénieur et civil affecté à la station argentine, déclara à l’équipe de FOTOCAT qu’il n’avait rien vu du tout et que ceux qui avaient vu quelque chose étaient tous des subordonnés de Perissé. Perissé ne cessa jamais d’enquêter. Il siégea à la commission ovni de la Marine de 1966 à 1974, raconta l’histoire de la Déception au symposium du MUFON à Washington en 1987, et confia pourtant au chercheur Luis Burgos, en 1991, qu’à la lumière de la technologie moderne il ne pouvait plus affirmer qu’il s’était agi d’un ovni.

Sources: Avistamientos OVNI en la Antártida en 1965Preuves physiques indirectesObservations d’ovnis à l’île de la DéceptionDaniel Perissé1965: cuando los ovnis invadieron la Antártida

Le verdict du volcan

La Déception garda ses secrets. Le 4 décembre 1967, le volcan entra en éruption à l’intérieur de la baie ; la base chilienne fut évacuée et abandonnée le jour même, et les Britanniques se retirèrent. Une seconde éruption, en février 1969, envoya des coulées de boue à travers Biscoe House, à Whalers Bay, et la Base B ne fut jamais réoccupée. La station argentine devint un camp d’été. Les baraques en ruine rejoignirent les fantômes plus anciens de l’île : l’histoire du Survey écrite par Fuchs évoque le « fantôme de la Déception » du début des années 1960, une silhouette entièrement couverte de bandages qui n’apparaissait que dans le cimetière des baleiniers, ainsi que des pas dans un grenier vide, un soir où l’on se racontait des histoires de fantômes, avec le commandant argentin parmi les auditeurs. Des conteurs ultérieurs allèrent plus loin, parlant de bases extraterrestres sous la glace et d’une photographie d’un objet ovale au-dessus de l’éruption de 1967, que le journal de Corrientes El Litoral dit inédite et ne montre pas. La vie ultérieure du commandant chilien prit un tour plus sombre : Mario Jahn Barrera devint sous-directeur de la police secrète de Pinochet, la DINA, dirigea le musée aéronautique du Chili pendant dix-huit ans et, en 2012, un an avant sa mort, fut condamné pour un assassinat commis par la DINA en 1975.

Photographie de structures d’acier tordues et rouillées et d’un pilier de béton brisé dressés sur de la cendre volcanique noire au bord d’une baie grise, avec des collines coiffées de nuages de l’autre côté de l’eau.
Ce que l’éruption de 1967 a laissé de la base chilienne Pedro Aguirre Cerda, décembre 2016. Photo : Rob Oo, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Source de l’image · CC BY 2.0 · Rob Oo

Sources: Île de la DéceptionAvistamientos OVNI en la Antártida en 1965Un ovni visto sobre la AntártidaLes observations de l’île de la Déception en 1965Mario Jahn Barrera

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Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

Avistamientos OVNI en la Antártida en 1965Vicente-Juan Ballester Olmos, Manuel Borraz Aymerich, Heriberto Janosch González et Juan Carlos Victorio Uranga · Informe FOTOCAT no 3 · Achevé en décembre 2012 · 183 p., avec des conclusions en anglais · S’appuie sur les questionnaires de la Marine argentine, le dossier AIR 2/17982 des Archives nationales britanniques, des lettres du British Antarctic Survey et des entretiens avec des témoins survivantsObservations d’ovnis à l’île de la DéceptionDaniel A. Perissé, traduit par Willy Smith · Actes du MUFON 1987 International UFO Symposium, p. 142–154 · Le récit du commandant du détachement argentin lui-mêmeObjets volants non identifiés aperçus en AntarctiqueAttaché naval des États-Unis, Buenos Aires · Rapport d’information de renseignement du département de la Défense 5 804 0048 65 · 16 juillet 1965 · Traduction mot pour mot de quatre radiogrammes des bases argentines fournis par le Service hydrographique de la Marine · Numérisation via NICAPCorps céleste observé au-dessus de l’AntarctiqueAmbassade américaine à Buenos Aires · Airgram A-208 du département d’État, confidentiel · 4 septembre 1965 · Réponse à l’airgram circulaire CA-1887 · Copie via NICAPTraduction des rapports officiels d’ovnis du ministère de la Marine argentinCapitaine de frégate Omar R. Pagani, Marine argentine, lettre à NICAP du 9 juillet 1965 · Traduction de NICAP New York, 27 juillet 1965Un objet volant au-dessus de l’Antarctique n’a pas été identifiéClarín (Buenos Aires) · 7 juillet 1965 · Traduction de NICAP New York, 16 juillet 1965Entretien radio avec le commandant de la base Pedro Aguirre CerdaEl Mercurio (Santiago) · 7 juillet 1965 · Traduction de NICAP New York, 26 juillet 1965Des UAO au-dessus de l’AntarctiqueThe A.P.R.O. Bulletin · Juillet–août 1965 · Transcription via NICAPLe Méridional, 8 juillet 1965Patrick Gross · UFOs at Close Sight · Coupure de presse française reprenant la dépêche sur la « flottille de soucoupes »Preuves physiques indirectesRoy Craig · Scientific Study of Unidentified Flying Objects (rapport Condon), section III, chapitre 4 · 1969 · Sur les magnétogrammes d’Orcadas et la Base BAntarctique, 3 juillet 1965Francis L. Ridge · Répertoire des cas de NICAP · Avec le résumé de Richard Hall et les numérisations des documents de 1965El ovni que se paseó por la Antártida y disparó la psicosis argentinaClarín · Juillet 2015 · Article du cinquantenaire, republié sur Historia de la Flota de MarOvnis en la Antártida: a 50 años del avistamiento en la isla DecepciónLuis Emilio Annino · CEFORA · 2015Ovnis en la Antártida: hace 60 años los gobiernos de Argentina y Chile afirmaron haber avistado platos voladoresRubén Morales · Los Andes (Mendoza) · 20 juin 20251965: cuando los ovnis invadieron la AntártidaAlejandro Agostinelli · Factor 302.4 · 9 décembre 2012Les observations de l’île de la Déception en 1965Patrick Gross · UFOs at Close Sight · Page de cas avec références de presseLes officiels argentins et les ovnisPatrick Gross · UFOs at Close Sight · Citations rassemblées par Luis Burgos, de la Fundación Argentina de UfologíaUn ovni visto sobre la AntártidaEl Litoral (Corrientes) · 23 juin 2024Daniel PerisséWikipédia en espagnolMario Jahn BarreraWikipédia en espagnolIncident de l’île de la DéceptionWikipédia en anglais · L’enlèvement par les Britanniques, en 1953, des baraques argentine et chilienneÎle de la DéceptionWikipédia en anglais · Géographie, stations et éruptions de 1967–1970L’île en forme de fer à chevalNASA Earth Observatory · Image Landsat 8 du 23 mars 2018OVNIS en la ANTARTIDA | El evento de la Isla Decepción 1965Testigos de lo Oculto · YouTube · Récit en espagnol

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