Un vol du samedi vers les dernières lueurs
À 17 h 23, le samedi 21 octobre, Frederick Valentich déposa un plan de vol à vue nocturne de Moorabbin à King Island et retour, sous 5 000 pieds. Âgé de vingt ans, il possédait une licence privée, une qualification aux instruments de classe quatre et environ 150 heures de vol. Le Cessna 182L loué, VH-DSJ, fut rempli à 18 h 10. Neuf minutes plus tard, il décolla seul avec quatre gilets de sauvetage et environ cinq heures de carburant. Sa route filait au sud-ouest vers le phare reconnaissable de Cape Otway, puis au-dessus des eaux noircissantes du détroit de Bass.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)Programme des épaves aériennes submergées : Cessna 182L VH-DSJ
Cape Otway à sept heures
Valentich signala Cape Otway vers 19 heures et annonça qu’il poursuivait vers King Island. La reconstitution météorologique officielle décrit des vents faibles, une excellente visibilité et très peu de nuages bas ; le jour devait finir vers 19 h 18. Aucun écho radar ne fixa ensuite la position du VH-DSJ. La suite repose donc presque entièrement sur l’échange radio enregistré et l’itinéraire annoncé. À 19 h 06 min 14 s, il demanda au service de vol de Melbourne si un trafic connu évoluait sous 5 000 pieds. L’agent Steve Robey répondit que non.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)Dernière lumière : le mystère Valentich
Quatre lumières éclatantes
Valentich dit qu’un gros appareil semblait se trouver sous 5 000 pieds. Il ne pouvait en identifier le type ; il distingua d’abord quatre lumières vives, pareilles à des feux d’atterrissage. Puis il annonça que l’appareil venait de passer au moins 1 000 pieds au-dessus de lui. Robey demanda s’il était grand. Valentich ne pouvait l’estimer à cause de sa vitesse et demanda si un avion de l’armée de l’air se trouvait dans le secteur. De nouveau : aucun appareil connu. L’inconnu revint plein est et le survola, dit-il, deux ou trois fois « à des vitesses que je ne pouvais identifier ». C’était un pilote tentant de nommer ce qu’il regardait, non un récit composé après coup.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)La disparition de Valentich : une autre affaire ovni classée résolue
Une forme allongée qui tourne au-dessus
Robey confirma l’altitude de Valentich — 4 500 pieds — et redemanda une identification. Après une pause, le pilote répondit : « Ce n’est pas un avion. » Il décrivit une forme allongée passant trop vite pour livrer davantage de détails. Puis le mouvement apparent changea. Tandis qu’il orbitait, dit-il, la chose semblait immobile au-dessus de lui et tournait également. Elle portait une lumière verte et un extérieur métallique ou brillant. Elle disparut, puis revint du sud-ouest. La transcription conserve les hésitations et silences que les récits lissés éliminent ; la description évolua de simples lumières à un appareil inconnu, puis à une forme longue et réfléchissante.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)La disparition de Valentich : une autre affaire ovni classée résolue
Le moteur commence à tousser
À 19 h 11 min 52 s, Valentich signala que le moteur tournait irrégulièrement au ralenti. La pression d’admission était réglée sur vingt-trois ou vingt-quatre pouces, dit-il, « et la chose tousse ». Robey lui demanda ses intentions. Valentich voulait toujours rejoindre King Island. Quelques secondes plus tard, il annonça que l’étrange appareil stationnait de nouveau au-dessus de lui : « Il est en vol stationnaire et ce n’est pas un avion. » À 19 h 12 min 28 s, il appela « Delta Sierra Juliet, Melbourne », puis le micro resta ouvert dix-sept secondes. La transcription officielle ne qualifie pas le son. La presse et les récits ultérieurs parlèrent d’un raclement métallique, mais l’enquête n’en établit pas l’origine. Aucun Mayday, aucune position d’amerrissage, aucune autre voix.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)Dernière lumière : le mystère Valentich
La fréquence vide
Robey continua d’appeler le VH-DSJ. La phase d’alerte commença avec la perte de contact ; quand le Cessna n’arriva pas à King Island, la phase de détresse fut déclarée à 19 h 33. Avions, navires et équipes terrestres entamèrent les recherches. Un P-3 Orion de la RAAF et huit appareils civils examinèrent plus de 1 000 milles carrés — environ 2 600 km² — de mer. Une nappe d’huile au nord de King Island fut analysée sans être reliée au VH-DSJ. Aucune balise, aucun corps, aucun débris confirmé n’apparut. Les recherches intensives cessèrent le 25 octobre, ne laissant qu’un enregistrement, un plan de vol et un vide en forme d’avion au-dessus du détroit.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563VH-DSJ — avion léger en retard à King IslandDSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)
Une enquête sans portrait simple du pilote
Le ministère des Transports reconstitua le vol à partir des instructeurs, amis, proches, dossiers d’entretien, données météo, radar et bande sonore. Valentich rêvait d’aviation mais manquait d’expérience. Il avait échoué à plusieurs épreuves de licence commerciale et attiré l’attention pour des infractions aériennes. Il s’intéressait aussi aux ovnis avant ce vol — contexte pertinent pour la perception, mais non preuve d’invention. Même le motif du voyage resta incertain : il parla d’amis à récupérer aux agents et de langoustes à d’autres, sans qu’aucun projet soit confirmé. Le dossier ne transforma pas ces contradictions en preuve de canular ou de fuite organisée.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)Soucoupes volantes — réalité ou fiction ?
Ce que devinrent dix-sept secondes
Le bruit terminal devint l’artefact emblématique du dossier. Pourtant, le rapport primaire note seulement « 17 secondes de micro ouvert ». Des notes indiquent que Valentich gardait souvent le micro sur ses genoux, actionnait le bouton après ses messages et pouvait l’activer en bougeant ses longues jambes ou son siège. Une analyse spectrale ultérieure d’une copie jugea que l’actionnement rapide du micro constituait la comparaison la plus proche en cockpit, sans correspondre parfaitement. La bande opérationnelle originale fut réutilisée, laissant des copies et des souvenirs plutôt qu’un enregistrement intact à réexaminer.
Sources: DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)Dernière lumière : le mystère Valentich
Un volet blanc sur Flinders Island
En mai 1983, un volet de capot moteur blanc et corrodé s’échoua sur Flinders Island, à l’est du détroit. Les enquêteurs l’attribuèrent à une plage de numéros de série de Cessna 182 comprenant le VH-DSJ. Un laboratoire de la Marine jugea que les courants pouvaient transporter un tel débris jusqu’à l’île. Mais la pièce ne portait aucun identifiant unique et d’autres Cessna 182 existaient. Elle reste une possibilité fascinante, non une preuve récupérée : un élément compatible avec le modèle disparu, retrouvé cinq ans plus tard dans une mer où une dérive était plausible.
Sources: DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)Programme des épaves aériennes submergées : Cessna 182L VH-DSJ
La phrase qui ne referma pas l’histoire
Le résumé de l’accident fut approuvé le 27 avril 1982. Sous « Avis sur la cause », A. R. Woodward écrivit : « La raison de la disparition de l’appareil n’a pas été déterminée. » L’issue fut présumée fatale. Le dossier complet rejoignit ensuite les Archives nationales, exposant à la fois l’étrange transmission et la mécanique ordinaire d’une enquête : analyses d’huile, cartes météo, entretiens, limites du radar et lettres sans réponse. En 1979, une équipe de télévision refit la route et atterrit à Currie, demandant pourquoi Valentich n’y était pas parvenu. La question demeure parce qu’aucun lieu matériel n’y a répondu.
Sources: Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)À la « recherche » de ValentichDernière lumière : le mystère Valentich
Sources et entretiens
Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.
Rapport résumé d’enquête sur accident aérien 197802563Ministère australien des Transports / Australian Transport Safety Bureau · V116/783/1047 · approuvé le 27 avril 1982DSJ — Cape Otway à King Island, 21 octobre 1978 — avion disparu (Valentich)Archives nationales d’Australie · B1497, V116/783/1047, dossier 10491375 · enquête 1978–1992VH-DSJ — avion léger en retard à King IslandArchives nationales d’Australie · A4703, 1978/1205, dossier 11485989 · dossier contemporain de recherche et sauvetage maritimeSoucoupes volantes — réalité ou fiction ?Archives nationales d’Australie · présentation des archives officielles australiennes sur les ovnisProgramme des épaves aériennes submergées : Cessna 182L VH-DSJHeritage Victoria · Gouvernement de Victoria · registre du patrimoine maritimeDernière lumière : le mystère ValentichPatrick Stokes · ABC Radio National, The History Listen · 4 juin 2019 · entretiens avec Steve Robey et Rhonda RushtonLa disparition de Valentich : une autre affaire ovni classée résolueJames McGaha et Joe Nickell · Skeptical Inquirer 37(6) · novembre/décembre 2013À la « recherche » de ValentichKing Island News · 24 octobre 1979 · Trove, Bibliothèque nationale d’AustralieDossiers liés
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