Retour aux rencontres
DOSSIER / 082 — 1980

L’agent Alan Godfrey et la rencontre de Todmorden

Vers cinq heures dix, par un matin pluvieux de novembre 1980, un agent de police de Todmorden à la recherche de vaches égarées vit ce qu’il prit pour un autobus, puis une chose tournoyante, percée de fenêtres, aussi large que la route, planant à cinq pieds au-dessus d’elle. Il était en train de la dessiner quand il se retrouva cent yards plus loin, l’objet disparu et des minutes envolées. Cinq mois plus tôt, il avait été l’un des premiers policiers appelés auprès d’un mort nommé Adamski, couché au sommet d’un tas de charbon.

Photographie de Burnley Road, à Todmorden, par un matin brumeux de fin d’automne : à gauche une rangée de maisons en brique rouge et un panneau « à vendre », deux voitures garées sur la chaussée mouillée marquée de hachures blanches, à droite des arbres dénudés et jaunissants, et des collines qui s’effacent dans la brume.
1980
Burnley Road le long de Centre Vale Park, à Todmorden, le 26 novembre 2016, deux jours avant le trente-sixième anniversaire de la rencontre. Les vaches égarées furent retrouvées dans le parc le lendemain matin. Photo : JThomas, CC BY-SA 2.0, via Geograph et Wikimedia Commons. Recadrée.

Un homme au sommet du tas de charbon

Zygmunt Jan Adamski (l’orthographe de son prénom varie d’une source à l’autre) était un mineur de cinquante-six ans de la houillère de Lofthouse, né en Pologne et citoyen britannique depuis la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1960, il vivait avec sa femme Leokadia, « Lottie », à Tingley, près de Wakefield. Atteinte de sclérose en plaques, elle se déplaçait en fauteuil roulant, et il avait demandé une retraite anticipée pour s’occuper d’elle ; le Coal Board la lui avait refusée. Le samedi 7 juin 1980, il devait conduire sa filleule à l’autel, et il avait rédigé son discours. Une cousine et son fils étaient venus de Pologne leur rendre visite. Le vendredi 6 juin, après des courses à Leeds et un déjeuner à la maison, il annonça vers 15 h 30 qu’il descendait à l’épicerie du coin acheter des pommes de terre, échangea quelques mots joyeux avec un voisin, et ne fut plus jamais revu vivant. Cinq jours plus tard, vers 15 h 45 le mercredi 11 juin, Trevor Parker, fils du propriétaire d’un dépôt de charbon longeant la voie ferrée à Todmorden, le trouva étendu au sommet d’un tas de charbon ; la Flying Saucer Review lui attribua vingt pieds de haut. Le dépôt était désert depuis 8 h 15 ce matin-là, heure à laquelle, assura Parker à la police, il n’y avait aucun corps. (En 2008, devant des enquêteurs, Parker raconta qu’il avait quitté le dépôt vers onze heures et qu’à son retour, à quatre heures, il avait trouvé l’homme face contre terre, à quelque dix pieds de hauteur sur un tas d’anthracite.) Deux agents de Todmorden arrivèrent à 16 h 10 : le PC (police constable, simple agent de police) Alan Godfrey et un collègue qui ne souhaitait pas être nommé. « Il était allongé sur le dos, les yeux ouverts, le regard droit vers le ciel, aucun signe de rigidité cadavérique », se souvint Godfrey en 2008. L’un des ambulanciers accueillit les policiers par ces mots : « Vous avez un meurtre sur les bras. » L’homme avait disparu depuis cinq jours mais ne portait qu’environ une journée de barbe et s’était manifestement alimenté ; sa chemise et sa montre manquaient (d’autres récits parlent de sa montre et de son portefeuille) ; et à l’arrière de sa tête, sur la nuque et les épaules, s’étendait une plaque irrégulière de peau brûlée, enduite d’une substance grasse, peut-être une pommade.

Sources: Death of a famous nameA Policeman’s LotThe mysterious death of Zigmund Adamski: a re-investigationZapper death sends UFO rumors flying

Un mystère insoluble

Le docteur Alan Edwards, médecin légiste consultant à l’infirmerie de Halifax, commença l’autopsie à la morgue de Hebden Bridge à 21 h 15 ce soir-là. Adamski était mort d’une défaillance cardiaque, qu’Edwards rattacha à ses troubles cardiaques et pulmonaires de longue date. La brûlure ne l’avait pas tué. Edwards la data d’environ deux jours avant la mort, ce qui signifiait qu’elle avait été infligée après la disparition d’Adamski, et aucun hôpital ni aucun médecin du West Yorkshire ou des comtés voisins ne semblait l’avoir soignée ; sa cause, un agent corrosif quelconque, ne fut jamais identifiée. L’heure de la mort est l’une des premières contradictions de l’affaire. Le rapport du coroner, tel que le MUFORA le lut en 1981, situait la mort huit à dix heures avant la découverte du corps, vers 7 heures du matin ; Jenny Randles, en 1983, donnait l’estimation d’Edwards comme comprise entre 11 h 15 et 13 h 15, ce qui, soulignait-elle, signifiait que le corps était resté trois ou quatre heures sur le tas, en plein jour, à côté d’une ligne très fréquentée. Edwards reconnut lors de l’enquête judiciaire que l’effort d’escalader le charbon avait pu à lui seul provoquer une crise fatale. La Flying Saucer Review rapporta que quelqu’un, à l’audience, avait qualifié la seule réponse évidente, « bien que ridicule », de dépôt du corps « par en haut ! ». Le coroner, James Turnbull, ajourna deux fois l’audience et, le 25 septembre 1980, rendit un verdict ouvert (open verdict, cause de la mort non déterminée), frustré, écrivit Randles, de ne voir aucune autre piste à explorer. La presse de Todmorden le cita parlant d’« un mystère insoluble », avec trois questions sans réponse : comment Adamski s’était fait cette brûlure, pourquoi il n’avait pas de chemise, et comment il était passé de Tingley à Todmorden, puis au sommet du tas de charbon. Lottie Adamski dit du corps de son mari qu’il « avait l’air effrayé », et s’accrocha à l’hypothèse de ravisseurs humains : il ne connaissait personne à Todmorden, disait-elle, et « c’est comme si quelqu’un l’avait emmené ». Un autre témoin déclara à l’audience : « Je pense qu’il est allé quelque part. … Je pense qu’il a été enlevé. » Quelques jours après la découverte du corps arriva une lettre du Coal Board. Il était revenu sur sa décision concernant la retraite. L’histoire resta locale (« Le calvaire de l’épouse en fauteuil roulant face à l’enquête sur la mort », titrait un journal), mais la Manchester UFO Research Association (MUFORA) la remarqua pour une raison précise : le mort portait le même nom que George Adamski, le plus célèbre contacté des soucoupes volantes des années 1950.

Sources: Death of a famous nameShock, horror, UFO dramaA Policeman’s LotAll in the Line of Duty

Des vaches dans la cité HLM

En novembre 1980, Alan Godfrey avait trente-trois ans, il était marié et père de deux enfants, et il était le policier de proximité de Walsden, un village à flanc de colline en bordure de Todmorden. Ses collègues le décrivirent à Randles comme pratique, terre à terre et pointilleux sur les détails ; avant d’entrer dans la police, il avait conduit des bus au dépôt de Todmorden. Il ne portait plus de montre depuis que celle-ci, et lui-même, avaient été sérieusement abîmés lors d’une arrestation violente trois ans plus tôt. Pendant le service de nuit du jeudi 27 novembre, le premier appel arriva à une heure du matin : un troupeau de vaches errait, affolé, dans une cité de logements sociaux sur les pentes au-dessus de Burnley Road. D’autres appels suivirent, pour une vingtaine ou une trentaine de bêtes. Godfrey et un collègue sillonnèrent Burnley Road dans leur voiture de patrouille, une Ford Escort « Panda » blanche, puis grimpèrent la raide Ferney Lee Road jusqu’à la cité, plissant les yeux sous une pluie verglaçante, sans rien trouver. Peu après cinq heures, vers la fin du service, il repartit seul pour la dernière patrouille de routine. Devant l’hôtel de ville, il croisa le PC John Allen. « J’ai déjà fait la patrouille de la ville à pied », lui dit Allen, selon la reconstitution que fit plus tard le Sunday Express. « Tout va bien. » « Dans ce cas, répondit Godfrey, je vais voir s’il y a trace de ces vaches. » Les premiers récits, le rapport de Randles dans la Flying Saucer Review en 1981, son feuilleton dans le Yorkshire Evening Post en 1983 et les conférences de Godfrey lui-même, situent tous la suite aux premières heures du vendredi 28 novembre 1980. Des récits ultérieurs, dont celui de Randles elle-même en 2015, la déplacèrent aux premières heures du samedi 29.

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Pas un bus

Il ralentissait pour tourner à droite dans Ferney Lee Road quand il remarqua une lumière plus loin sur Burnley Road. La pluie avait cessé. Il pensa d’abord au bus d’usine qui passait par là quelques minutes plus tard chaque matin, et se demanda distraitement pourquoi il était en avance, et pourquoi il s’était arrêté. « C’était étrange, quelque chose m’attirait vers lui, dit-il. J’avais cru que c’était un bus, et normalement je ne serais pas allé regarder un bus. » Il continua et s’arrêta à une centaine de pieds de la chose. Elle flottait, dit-il plus tard, à l’endroit où l’entrée du parking de Mons Mill, une filature de coton de sept étages en retrait de la route, formait une large aire en dur. Dans le rapport de juin 1981, la chose avait la forme d’un dôme, le sommet plus aplati que la base, blanche, une lumière fluorescente jaillissant du haut et, en dessous, une rangée de « hublots » carrés et sombres, au nombre de cinq dans les récits ultérieurs. La moitié supérieure était immobile ; la moitié inférieure tournait, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre vu d’en dessous. Elle couvrait la largeur de la route, une vingtaine de pieds, et flottait à environ cinq pieds au-dessus de la chaussée entre deux lampadaires, son sommet à moins de deux pieds des lampes : environ douze pieds de haut selon cette première estimation, quatorze dans les suivantes. Elle ne faisait aucun bruit. Il alluma son gyrophare bleu et vit ses phares et la lumière pulsée s’y refléter ; quoi que ce fût, écrivit Randles, « cela avait une substance physique ». Les feuilles des arbres et des buissons du bord de la route tremblaient, alors qu’il n’y avait pour ainsi dire pas de vent, et la route détrempée était sèche par plaques sous l’objet. Il saisit sa radio portative. « Sowerby Bridge Control, ici 3981. » Trois fois, rien. Il essaya la radio de la voiture. « Alpha Bravo Trois à XB Control. J’ai un message pour Sowerby Bridge. À vous. » Pas même un grésillement, même si lui-même fit remarquer aux enquêteurs que la vallée était pleine de zones blanches radio. Alors il cala sa planchette contre le pare-brise et se mit à dessiner.

Photographie d’une immense filature en brique rouge à plusieurs étages avec une tour carrée, par un matin brumeux, devant un parking rempli de voitures de la fin des années 1980, avec à gauche un bâtiment de pub en pierre.
Mons Mill, à l’origine Hare Mill, sur Burnley Road, photographiée par un matin brumeux d’août 1992. Godfrey situa l’objet au-dessus de l’entrée de son parking ; les sceptiques placèrent plus tard un bus à l’arrêt situé en face de la filature. La filature a depuis été démolie, à l’exception de sa loge d’entrée. Photo : Chris Allen, CC BY-SA 2.0, via Geograph et Wikimedia Commons. Source de l’image · CC BY-SA 2.0 · Chris Allen

Sources: A Policeman’s LotMystery lights in road centreHanging over a country lane, a suspicious object that baffled a policemanAlien contact: the Godfrey case

« Ce n’est pas pour vos yeux »

Ce qui se passa ensuite, selon les termes du premier rapport, c’est qu’« Alan se trouva soudain plus loin sur la route, au-delà de l’endroit où avait été l’objet ». Il regarda en arrière. Elle avait disparu. Le moteur tournait toujours et la voiture, en première, avançait au pas ; il n’avait aucun souvenir d’avoir passé la vitesse ni d’avoir roulé. Puis il entendit une voix, sourde mais distincte, qu’il crut être dans sa tête, sans pouvoir en être sûr. Dans la Flying Saucer Review, avec son pseudonyme à la place de son nom, elle disait : « Vous ne devriez pas voir ceci. Ce n’est pas pour vos yeux, Davies. Vous l’oublierez. » Il la décrivit plus tard comme « très semblable à sa propre voix intérieure », parlant sur un étrange ton monocorde. Dans les récits ultérieurs, un éclair vient d’abord. « J’ai commencé à dessiner l’objet quand il y a eu un très grand éclair de lumière blanche, bien plus brillant qu’une ampoule de flash, raconta-t-il à Randles. Il m’a aveuglé. Quand l’aveuglement est passé, je me suis retrouvé plus haut sur la route et l’objet avait disparu. C’est tout ce dont je me souviens consciemment. » La distance parcourue varia, elle aussi : une centaine de yards dans les premiers récits, trente yards dans un article de journal de 2014 et, lors d’une conférence en 1994, plusieurs centaines de yards, assez loin pour voir le pub Hare and Hounds, la voiture tournée vers la ville. Il repassa devant l’endroit désormais vide pour rentrer en ville, prit un collègue (deux, dans sa version de 1994 : John Allen et Malcolm Agley) et retourna sur les lieux. Au poste, il constata qu’il était 5 h 30. Sa mémoire consciente couvrait environ quatre minutes du trajet ; les enquêteurs estimèrent donc la lacune à une dizaine de minutes. Au fil des ans, elle passa à quinze, puis à une demi-heure.

Photographie d’un pub en pierre à deux étages portant « HARE & HOUNDS » en lettres blanches sur un bandeau sombre en façade, avec des bacs à fleurs, des tables de pique-nique, des parasols et un large parvis pavé sous un ciel nuageux.
Le Hare and Hounds sur Burnley Road, à côté du site de Mons Mill, en août 2013. Lors de sa conférence de 1994, Godfrey déclara qu’en reprenant ses esprits il voyait le pub depuis l’endroit où sa voiture s’était arrêtée. Photo : Dr Neil Clifton, CC BY-SA 2.0, via Geograph et Wikimedia Commons. Source de l’image · CC BY-SA 2.0 · Dr Neil Clifton

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Celui de Halifax

Ses collègues lui dirent qu’il avait dû voir la « flying squad » (la brigade volante), et il décida de ne pas faire de rapport officiel. Plus tard, il se sentit mal à l’aise dans ses bottes. La gauche était fendue, et il avait sur le cou-de-pied gauche une petite plaie qu’un médecin diagnostiqua comme une infection cutanée, peut-être provoquée par le choc ; Randles photographia plus tard la botte, avec « une longue fente, comme si on l’avait traînée de côté ». Les vaches, des bouvillons en réalité, réapparurent le lendemain matin de l’autre côté de la route, dans Centre Vale Park. (Lors de sa conférence de 1994, Godfrey ajouta que leurs traces se limitaient à un seul endroit et que le fermier les fit ensuite abattre.) Quand il reprit son service la nuit suivante, l’ambiance avait changé. Après son départ, un automobiliste qui roulait de Burnley à Littleborough était venu signaler une lumière d’un blanc bleuté serpentant le long de la vallée près de Todmorden vers 5 heures du matin. L’inspecteur convoqua Godfrey. « Racontez-moi ce que vous avez vu. » Il le lui raconta, et l’inspecteur ne rit pas. « Je veux que vous appeliez Bradford, dit-il, et que vous fassiez un rapport abrégé. Ils le transmettront par télex au ministère de la Défense. » Quand Godfrey téléphona au quartier général, la réponse fut : « Alors ce n’est pas celui de Halifax. » Trois policiers de Halifax, que Randles nomma en 1983, John Porter, Howard Turnpenny et l’agente (WPC) Julie Baxter, qui fouillaient la lande entre Halifax et Hebden Bridge à la recherche de motos volées près du barrage de Cold Edge, avaient observé à 4 h 49 une boule de lumière bleu acier au-dessus de la lande, au nord. Quand ils descendirent de voiture, elle devint plus grosse que la pleine lune, « pulsant d’une pulsation lente et rythmée », et se déplaça dans le ciel en arcs et en zigzags avant de disparaître en direction de Todmorden : vingt minutes avant la rencontre de Godfrey, du moins c’est ce que raconta l’histoire pendant trente ans. « C’était complètement étranger à ce que je pouvais comprendre », déclara Porter en 2008. Dans la première version publiée, il y avait quatre policiers, trois hommes et une femme, qui se baissèrent lorsqu’une boule éclatante fondit sur leur voiture, et l’appel fut enregistré à 4 h 53. Un gardien d’école d’une soixantaine d’années, qui s’apprêtait à allumer les chaudières d’une école sur une colline dominant la ville, signala une boule de lumière blanche « teintée de bleu » s’élevant du sol vers 5 h 45 et filant au loin ; il vint au poste pendant que Godfrey était interrogé par ses supérieurs. Une semaine après la rencontre, encouragé par ses supérieurs, Godfrey raconta son histoire au journal local sous son propre nom : « Amazing encounter in Calder Valley » (« Rencontre stupéfiante dans la vallée de la Calder »).

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Le PC Alan Davies

Le MUFORA repéra l’affaire parmi une série de signalements provenant de la vallée de Rossendale, à la frontière du Lancashire et du Yorkshire, et deux membres dotés de métiers fort utiles s’en chargèrent : Norman Collinson, inspecteur au CID (la police judiciaire), et Harry Harris, un solicitor (avocat) de Manchester qui conseillait gratuitement Lottie Adamski et s’était procuré une copie du rapport du coroner. Collinson et Mike Sacks interrogèrent Godfrey pendant que Harris filmait les entretiens. Randles avait un lien personnel : sa famille venait de la ville filatrice voisine, Bacup, et sa cousine avait épousé le sergent de Godfrey. Les enquêteurs ne trouvèrent aucun livre sur les ovnis chez lui ; il semblait, écrivirent-ils, « plus amateur de musique que de lecture ». Leur rapport, rédigé en juin 1981, parut dans la Flying Saucer Review en août sous le titre « A Policeman’s Lot » (« Le lot d’un policier »), au sujet d’un certain « PC Alan Davies, 33 ans », qui, disait-il, avait demandé l’anonymat. Randles admit des mois plus tard qu’il ne l’avait pas demandé ; le pseudonyme visait à garder la maîtrise de l’histoire, et son vrai nom avait de toute façon paru dans le journal local en novembre précédent. L’article s’ouvrait sur la mort au tas de charbon et terminait son accroche par un effet de manche : « le nom du mystérieux mort était Zygmund Jan Adamski ! » Il soulignait aussi à quel point la rencontre faisait écho à l’affaire de Herb Schirmer en 1967, un patrouilleur américain seul qui était parti vérifier des vaches au comportement étrange, avait rencontré un « camion » sur la route et perdu une vingtaine de minutes. Le témoin, notait le premier résumé, affirmait n’en avoir jamais entendu parler. Davies, disait le rapport, hésitait à se soumettre à l’hypnose, mais un hypnotiseur qualifié était prêt. Le groupe admettait ne pas être convaincu que l’hypnose produise des données valables.

Sources: A Policeman’s LotShock, horror, UFO dramaAll in the Line of DutyProgress in West YorkshireFlappy Valley: Part One

Yosef, le chien et les robots

Les séances commencèrent à l’été 1981, aux frais de Harris, huit ou neuf mois après la rencontre. Un portrait de Harris publié dans la presse en 1997 nomma les hypnotiseurs : le Dr Joe Jaffe et le psychiatre consultant Dr Robert Blair, tous deux morts à cette date ; Randles décrivit le psychiatre qui mena la régression comme éminemment qualifié et plutôt sceptique. Godfrey n’avait jamais vu l’hypnose que comme un numéro de music-hall et refusa d’abord. Mike Sacks, présent dans la pièce, dit que l’atmosphère était « électrique ». Selon la transcription d’une partie de la première séance, imprimée après la conférence de Godfrey en 1994, il commence ainsi : « C’est un bus. Pas un bus ! » Puis : « Soucoupe volante… Grande… Pas peur… tourne… Lumière sur le dôme. » La voiture refusait d’avancer ; il y avait une lumière ; puis le noir, quelque chose qui le tenait, et une pièce avec une table et « un lui » : « 6 pieds, un homme, un drap blanc sur lui, une barbe, une calotte, un long nez, mince. » Et d’autres : « Ils sont horribles… On dirait des petits, comme des gamins de 5 ans… Environ huit… ils me touchent. » « Des têtes comme une lampe… N’arrêtent pas de me toucher, font des bruits comme “mi mi mi mi mi”. » Le nom du grand homme, Joseph, lui « est juste venu dans la tête ». « Ce sont des robots, pas des humains, ce sont des robots. Il y a un foutu chien là-bas, horrible, à peu près de la taille d’un berger allemand… Poil noir. » Prié de monter sur la table, qui était un lit, il répondit : « Pas question, bon sang ! », puis y monta quand même ; l’homme parlait sans remuer les lèvres. « C’est dans ma tête ! » Il était si agité qu’on interrompit la séance ; le moniteur cardiaque, selon le compte rendu, montrait un pouls plus élevé que celui d’un marathonien. Ailleurs sur les bandes, telles que la presse les décrivit plus tard, il parla de bracelets fixés à son bras droit et à sa jambe gauche, de questions qu’on lui posait et d’une sonde électrique fixée à la plante de son pied. En regardant les bandes plus tard, il dit à la femme de Harris, Susan : « Il ne s’appelait pas Joseph, il s’appelait Yosef », et Harris, qui était juif, y vit un argument de plus : « Alan Godfrey a dit que nous étions les premiers Juifs qu’il ait jamais rencontrés. » Godfrey ne s’est jamais porté garant de ce récit. Entre la rencontre et les séances, confia-t-il à Randles, il avait lu par curiosité quelques textes sur les ovnis et de science-fiction, et il admet qu’ils ont pu les influencer. « La version sous hypnose est ce qu’elle est. Ce pourrait être un récit fidèle de ce qui s’est passé, ou un mélange de souvenirs conscients et d’autres souvenirs fictifs. Qui sait laquelle est la vraie, parce que moi, je ne le sais pas. »

Sources: Shock, horror, UFO dramaAlien contact: the Godfrey caseHarry Harris and the UFO evidenceEditorial: The Aftermath of a Controlled LunacyCritique : la série de Firefly sur les rencontres rapprochées britanniquesAn Audience with Alan GodfreySaltaire’s fresh look at flying saucersThe Night That Changed His LifeFlappy Valley, Part 3

« Stupéfiante énigme d’une mort liée aux ovnis »

En septembre 1981, un passionné d’ovnis du West Yorkshire qui avait lu l’article de Flying Saucer Review livra à un journaliste local une version déformée d’un « enlèvement d’Adamski ». Le 27 septembre, le Sunday Mirror l’étala à la une sous le titre « AMAZING UFO DEATH RIDDLE » (« Stupéfiante énigme d’une mort liée aux ovnis »), signé John Sheard et Stewart Bonney, en situant à tort la rencontre de Godfrey le jour où le corps avait été découvert. L’auteur de la fuite se révéla être un représentant du groupe CONTACT, qui la qualifia de « plus grande histoire d’ovni depuis des années ». Les supérieurs de Godfrey tinrent les journalistes à l’écart. À l’étranger, une dépêche de l’agence AAP se demandait si l’« Éventreur du Yorkshire » n’avait pas été remplacé par un « Foudroyeur du Yorkshire » venu de l’espace, et citait Turnbull : « C’est de loin la mort la plus mystérieuse sur laquelle j’aie enquêté en 12 ans de coroner. J’ai tendance à croire qu’il existe peut-être une explication simple. J’admets toutefois que l’incapacité des experts de la police scientifique à identifier la substance corrosive qui a causé les brûlures de M. Adamski pourrait donner un certain poids à la théorie de l’ovni. En tant que coroner, je ne peux pas faire de suppositions, mais je dois avouer que si je traversais la lande d’Ilkley demain et qu’un ovni se posait, je ne serais pas surpris. Je serais peut-être terrifié, mais pas surpris. » Un porte-parole de la police fut plus pince-sans-rire. « Nous n’avons pas pu mener d’enquêtes sur d’autres planètes, dit-il. Nous avons assez d’ennuis ici-bas. » Randles, dont l’affaire gâcha les vacances dans les montagnes du pays de Galles, qualifia l’affirmation de la presse selon laquelle l’agent s’était souvenu d’un contact le jour de la mort d’Adamski de « PURE INVENTION ». Mais le mal était fait. « On agite l’Official Secrets Act », écrivit-elle, la loi sur les secrets d’État ; tout contact entre le témoin et le MUFORA dut cesser, et les séances d’hypnose s’arrêtèrent « en plein milieu ». En octobre, le Todmorden News rapporta que la police avait abandonné son enquête sur Adamski et interdit aux agents de parler à la presse. Puis, selon le récit de Godfrey, le 29 novembre 1981, une seconde exclusivité du Sunday Mirror signée Sheard porta sur les bandes d’hypnose. Godfrey dit que son propre inspecteur principal et son commissaire l’avaient pressé de parler. Le lendemain, raconta-t-il, il fut convoqué devant le chief constable, le chef de la police du comté, à Wakefield. Peu après, sa voiture Panda fut remplacée par une bicyclette, il revint de vacances à Majorque pour se découvrir muté à Halifax, on lui ordonna de dissoudre la Todmorden UFO Society qu’il avait fondée avec un ami, Jim Reynolds, et il apprit dans son pub qu’on lui avait interdit l’accès au commissariat de Todmorden.

Sources: Shock, horror, UFO dramaZapper death sends UFO rumors flyingEditorial: The Aftermath of a Controlled LunacyProgress in West YorkshireClose encounters of the Todmorden kindAn Audience with Alan Godfrey

Chassé de la police

Le MUFORA projeta les vidéos des séances d’hypnose lors d’un séminaire dans le centre de Manchester le 15 mai 1982, et en 1983 Randles bâtit un livre autour de l’affaire, The Pennine UFO Mystery. En août 1984, à trente-cinq ans et après une série d’opérations de l’aine, Godfrey quitta la West Yorkshire Police à la retraite pour raisons médicales. « J’ai été chassé de la police, déclara-t-il à la presse. La raison officielle, c’est que j’étais médicalement inapte. En réalité, je crois que j’étais devenu gênant pour la police. Ils voulaient simplement se débarrasser de moi. » Un porte-parole de la police répliqua que « la retraite pour raisons médicales n’intervient qu’après mûre réflexion ». En octobre de la même année, Harry Harris était annoncé pour projeter la vidéo d’hypnose à une conférence sur les ovnis au Victoria Hall de Saltaire. La même année, dans l’émission Breakfast Time de la BBC, un présentateur sportif nommé David Icke compara le récit de Godfrey à celui de Betty et Barney Hill. En 1989, Godfrey raconta au Todmorden News que ses supérieurs l’avaient envoyé passer des examens médicaux pour démontrer qu’il hallucinait, « mais les médecins m’ont tous déclaré parfaitement sain d’esprit » ; que la perte de son emploi lui avait coûté sa maison ; et que « la police a même fait une descente à mon pot de départ pour contrôler les buveurs après l’heure de fermeture ». Les cachets de la télévision n’étaient pas une consolation : « Il y a un barème pour les interviews, et je suis vraiment tout en bas de l’échelle ! » Surveillait-il encore le ciel ? « Je ne regarde pas. S’il y en avait un qui se posait juste devant moi, je ferais demi-tour et je m’enfuirais. » Deux ans plus tôt, il avait déclaré au Sunday Express : « Quand on a vécu une rencontre comme la mienne, cela change toute votre vision de la vie. Pas au sens religieux, mais on est complètement et totalement changé. » Et : « Tout ce que je peux dire, c’est que je sais ce que j’ai vu. »

Sources: Editorial: The Aftermath of a Controlled LunacyPC ‘drummed out of force’Saltaire’s fresh look at flying saucersThe Alan Godfrey Abduction Case, 1980The Night That Changed His LifeHanging over a country lane, a suspicious object that baffled a policeman

Vénus depuis un fauteuil

En 1987 vint une explication de l’enquêteur écossais Steuart Campbell, qui avait déjà soutenu que des mirages se cachaient derrière de nombreux signalements d’ovnis. Dans le Journal of Transient Aerial Phenomena, il nota que sur la photographie de Godfrey sur les lieux publiée dans le livre de Randles, l’agent se tenait du côté nord-est de Burnley Road, ce qui, selon Campbell, signifiait que sa voiture était tournée vers le sud-est, en direction de la ville, quoi que Godfrey ait dit de son virage vers Ferney Lee Road. Dans cette direction, à 5 h 15, Vénus se levait, éclatante à la magnitude −3,8 et à deux degrés au-dessus de l’horizon ; à 5 h 26, elle se trouvait exactement dans l’axe de la route. Ce que Godfrey avait vu, conclut Campbell, était un mirage de Vénus, agrandi et déformé par une inversion de température. Les agents de Halifax avaient vu Vénus se lever (ou, s’ils regardaient vraiment vers le nord, les étoiles Véga ou Deneb), et Vénus était « presque certainement » aussi la lumière du gardien. L’enlèvement sous hypnose « ne peut avoir aucun fondement dans les faits ». Randles répondit par une lettre furieuse. Campbell n’avait jamais téléphoné à Godfrey ni visité la route. Sous hypnose, Godfrey avait décrit avoir mis son clignotant pour tourner à droite dans Ferney Lee Road ; il roulait donc vers le nord-ouest, à l’opposé de Vénus ; en regardant vers la ville, des rangées de maisons masquaient toute vue sur l’horizon ; et c’était elle-même qui l’avait placé de ce côté de la route, pour son appareil photo, car sinon elle « se serait retrouvée contre un mur ou dans un ruisseau ! ». Campbell avait en outre utilisé sa photographie, protégée par le droit d’auteur, sans autorisation. « Les théoriciens en chambre, c’est très bien, écrivit-elle. Mais il semble y avoir une surabondance de fauteuils au pays des chimères. »

Sources: The Todmorden UFO ExplainedCorrespondance : réponse à Steuart Campbell

Une semaine trop tôt

La réévaluation la plus dévastatrice vint pour le trentième anniversaire, dans un article en deux parties de Fortean Times signé Peter Brookesmith, David Clarke et Andy Roberts. Clarke avait retrouvé le rapport des agents de Halifax dans un dossier du ministère de la Défense versé aux National Archives en 2007, et il ne disait pas ce que disait l’histoire. Le signalement d’« une lumière clignotante bleu acier très brillante » était daté du 21 novembre 1980, et sa lettre d’accompagnement, émanant du quartier général de la West Yorkshire Police, du 24 novembre, quatre jours avant la rencontre de Godfrey. « Cela démolit l’une des affirmations clés du récit de Godfrey », écrivirent-ils : à savoir que les trois agents avaient vu quelque chose la même nuit. Roberts ajouta que personne d’autre n’avait rien signalé sur l’une des principales routes transpennines, bordée en 1980 de filatures qui tournaient jour et nuit et changeaient d’équipe à six heures. Les auteurs proposèrent ensuite leur propre réponse. Un agent fatigué, en fin de service de nuit, sous la bruine, voit quelque chose à l’arrêt de bus en face de Mons Mill et croit que c’est un bus, ce qu’il dit d’abord sous hypnose. Il glisse dans un état de conscience modifié, et le bus devient un ovni, construit à partir d’un repère local : le Futuro, une maison préfabriquée en fibre de verre en forme de soucoupe volante, fabriquée sous licence par Waterside Plastics, de Todmorden, et utilisée comme centre d’information pour l’anniversaire de la charte de la ville en 1971, qui, selon les auteurs, se dressa le long de Burnley Road à divers emplacements jusqu’au début des années 1980. Les gaz d’échappement du bus auraient agité les feuilles, et sa chaleur et l’abri qu’il formait auraient laissé la tache sèche. Ils notèrent que Godfrey avait déjà signalé des hallucinations et du temps perdu : une boule de lumière dans sa chambre d’enfant et, en 1965, une femme fantôme avec un chien qui avait surgi devant sa voiture, après quoi deux heures avaient disparu. Les tests d’épilepsie des médecins de la police s’étaient révélés négatifs, notèrent-ils, mais ils ignoraient à quel point ces tests avaient été poussés. Leur réexamen, concluaient-ils, suggérait que « l’“enlèvement” le plus célèbre du Royaume-Uni était en grande partie une création des ufologues ».

Sources: A Policeman’s Lot: Part 2The Alan Godfrey Abduction Case, 1980Critique : la série de Firefly sur les rencontres rapprochées britanniques

Le tourbillon de Bob

Fin 2014, le maire de Todmorden persuada Godfrey, alors âgé de soixante-sept ans, de donner sa première conférence publique depuis quinze ans, une soirée de bienfaisance à guichets fermés au Todmorden Hippodrome. « C’était un engin bien matériel, pas une illusion de l’esprit, dit-il au public. Je jurerais sur la Bible qu’il venait d’ailleurs. » À la suite de quoi un homme contacta Randles. « Bonjour Jenny. J’étais sur cette route à 5 heures du matin… au moment même où cela arrivait à Alan Godfrey. » Bob, comme l’appela Randles, conduisait ce matin-là un Fleetline à impériale de West Yorkshire, ramassant les chauffeurs inscrits aux premiers services du matin, et, insistait-il, aucun autre bus ne circulait sur cette route. Si Godfrey avait pris quelque chose pour un bus ce matin-là, raisonna Randles, c’était forcément Bob qui le conduisait. Vers 4 h 55, selon son estimation, le parc sur sa gauche et l’Ukrainian Club sur sa droite, il vit devant lui les détritus et les brindilles « tourbillonner comme dans une tornade ». « Plus haut dans les arbres, rien ne bougeait. » Il s’arrêta en plein milieu d’un cercle où la route mouillée avait été séchée en tourbillon, baissa sa vitre et tendit la main. « Le courant ascendant était incroyable. Ce n’était pas un vent qui soufflait sur moi, comme un jour de tempête. Le courant montait de la route vers le ciel. Mais il ne montait qu’à environ quatre pieds. » Il ne vit ni Godfrey ni aucun objet, et quand il repassa une dizaine de minutes plus tard, les phénomènes avaient disparu. « Je veux que ça se sache. Il s’est passé quelque chose de foutrement bizarre. » Il avait aussi, apprit-on, fabriqué des panneaux pour la maison Futuro. Randles examina les horaires et conclut que le bus de Bob et la Panda de Godfrey n’avaient pas pu se croiser à Mons Mill, tout en reconnaissant les points forts de la théorie : une aspiration ascendante jusqu’à quatre pieds, un tourbillon de débris qui aurait pu masquer le niveau inférieur, et certains Fleetline de West Yorkshire au toit arrondi et à cinq fenêtres à l’étage, un peu comme le dessin de Godfrey. Godfrey n’en voulut rien savoir. « La théorie du bus a tellement de trous qu’elle en est risible. Pour que cela marche, il aurait fallu que le bus soit en travers de la chaussée pour que je voie cinq fenêtres à l’étage. » Et : « J’ai conduit ces mêmes bus que j’aurais soi-disant confondus. Je sais à quoi ils ressemblaient. Ils étaient en plus de couleurs vives. J’en aurais reconnu un. » Randles penchait pour une troisième lecture : quelque chose de réel et d’atmosphérique, un rare vortex stationnaire, s’était trouvé au-dessus de la route ce matin-là.

Sources: Former policeman’s story of a close encounter with a UFO pulls in crowdsFlappy Valley: Part OneFlappy Valley, Part TwoFlappy Valley, Part 3

Who or What Were They?

L’histoire avait depuis longtemps quitté la vallée. Dans « Gone Tomorrow », un épisode de la série policière d’ITV Heartbeat diffusé en octobre 1995, l’agent Alf Ventress perd une demi-heure après qu’une lumière est descendue sur sa voiture de patrouille ; Randles attribue à l’affaire l’inspiration de l’épisode. En 1991, le scénariste de Poltergeist, Michael Grais, réalisa pour CBS une reconstitution d’une heure, Visitors From The Unknown, figurant le tas de charbon par un amas de pierres peintes en noir à la bombe, et vint à Todmorden préparer un long métrage qui devait être tourné dans la ville. London Weekend Television tourna dans la ville en 1993 le pilote de Strange…But True?, où Turnbull déclarait que, s’il s’avérait que des ovnis étaient en cause, il « ne lèverait qu’un demi-sourcil ». En juillet 1994, Harry Harris réunit à l’affiche de Scaitcliffe Hall Godfrey et le colonel Charles Halt, de Rendlesham Forest. Lors d’une conférence de bienfaisance à Halifax en 2002, filmée pour l’émission Inside Out de la BBC, Godfrey dit qu’il n’avait « pas eu peur, juste été sidéré », et dans une série télévisée de 2013, l’enlevé Travis Walton vint à Todmorden avec le musicien Shaun Ryder pour l’entendre parler d’Adamski. Godfrey lui-même ne relia jamais le mineur mort à sa propre rencontre, comme l’avaient fait les tabloïds. « Godfrey n’a jamais cru que les deux étaient liés », écrivit Randles en 1983, et en 2008 il fut plus catégorique au sujet d’Adamski : « C’est un vrai mystère, mais il y a une chose que je sais, c’est que ça n’avait rien à voir avec des extraterrestres. Ce sont des sornettes. » En octobre 2017, un an ou deux après être tombé malade, il publia son propre livre, Who or What Were They?, avec un dernier chapitre de Randles qualifiant l’affaire de « plus grande énigme du XXe siècle ». Sa dernière partie décrit ce qu’il considérait comme une campagne destinée à briser sa carrière, avec l’Official Secrets Act, l’URSS et un « homme du ministère » : « pas tant des hommes en noir, comme le dit Randles dans un entretien publié avec lui, que des hommes en costume gris ». Trente-sept ans plus tard, sa position n’avait pas bougé d’un pouce par rapport à ce qu’il avait dit au Sunday Express en 1987. « Je ne sais pas ce qui m’est arrivé et je n’ai jamais prétendu le savoir. Je sais ce que j’ai vu, en revanche. Et ce n’était rien de ce que certains ont essayé de dire – comme un bus ou la vision d’un prototype de maison futuriste fabriqué dans la région. Ni l’un ni l’autre ne peut voler. Cette chose, si ! »

Sources: That Time Heartbeat Did an Alien AbductionWho or What Were They? · Questions-réponses entre Jenny Randles et Alan GodfreyClose encounters of the Todmorden kindUFO Epicentre!An Audience with Colonel Charles HaltEx-policeman relives UFO close encounterShaun Ryder on UFOs · Sightings and Strange CasesShock, horror, UFO dramaThe mysterious death of Zigmund Adamski: a re-investigation

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Sources et entretiens

Les sources conservent leur langue d’origine ; leurs titres et descriptions sont traduits.

A Policeman’s LotJenny Randles pour le MUFORA · Flying Saucer Review 27(2) · Août 1981 · p. 3–6 · Le rapport UFOIN du 3 juin 1981 et son post-scriptum du 11 juin, où le témoin est appelé « PC Alan Davies » · via l’Internet ArchiveAll in the Line of DutyNorthern UFO News 85 · sous la direction de Jenny Randles, NUFON · Juin 1981 · Le premier résumé de l’affaire, où le témoin est « Alan D » · via l’Internet ArchiveEditorial: The Aftermath of a Controlled LunacyJenny Randles · Northern UFO News 89 · Octobre 1981 · Sur l’article du Sunday Mirror et la fin des séances d’hypnose · via l’Internet ArchiveProgress in West YorkshireJenny Randles · Northern UFO News 91 · Décembre 1981 · Sur le pseudonyme, l’interdiction officielle et le second article du Sunday Mirror · via l’Internet ArchiveComptes rendus d’observations : Walsden, 30 novembre 1980Northern UFO News 95 · sous la direction de Jenny Randles, NUFON · Juin 1982 · L’observation de la famille de fermiers deux jours après la rencontre · via l’Internet ArchiveAlien contact: the Godfrey caseJenny Randles · The Unexplained (Orbis) 78 · v. 1982 · p. 1546 · via l’Internet ArchiveDeath of a famous nameJenny Randles · The Unexplained (Orbis) 151 · 1983 · p. 3009–3013 · La disparition d’Adamski, l’autopsie et l’enquête du coroner · via l’Internet ArchiveShock, horror, UFO dramaJenny Randles · The Unexplained (Orbis) 153 · 1983 · p. 3058–3061 · Le MUFORA, les séances d’hypnose et le Sunday Mirror · via l’Internet ArchiveZapper death sends UFO rumors flyingAAP depuis Londres · The Herald, Melbourne · 2 octobre 1981 · Avec les commentaires du coroner James Turnbull · reproduit dans UFO Newsclipping Service 147 · via l’Internet ArchiveMystery lights in road centreJenny Randles · Yorkshire Evening Post · 29 septembre 1983 · Quatrième volet d’une publication en feuilleton de The Pennine UFO Mystery, qui nomme les policiers de Halifax · reproduit dans UFO Newsclipping Service 172 · via l’Internet ArchivePC ‘drummed out of force’Alastair Taylor · Presse nationale britannique · Août 1984 · reproduit dans UFO Newsclipping Service 182 · via l’Internet ArchiveSaltaire’s fresh look at flying saucersTelegraph & Argus, Bradford · 1er octobre 1984 · Sur la projection de la vidéo des séances d’hypnose par Harry Harris · reproduit dans UFO Newsclipping Service 183 · via l’Internet ArchiveHanging over a country lane, a suspicious object that baffled a policemanRalph Barker · Sunday Express · 22 novembre 1987 · reproduit dans UFO Newsclipping Service 223 · via l’Internet ArchiveThe Todmorden UFO ExplainedSteuart Campbell · Journal of Transient Aerial Phenomena 5(1) · Septembre 1987 · p. 9–13 · L’hypothèse du mirage de Vénus ; le titre de l’auteur, « The Todmorden UFO Report Explained », perdit un mot à la fabrication · via l’Internet ArchiveCorrespondance : réponse à Steuart CampbellJenny Randles · Journal of Transient Aerial Phenomena 5(2) · Mars 1988 · p. 56–58 · Lettre datée du 17 octobre 1987 · via l’Internet ArchiveThe Night That Changed His LifePat Swift · News & Advertiser, Todmorden · 10 février 1989 · Transcription ParaNetClose encounters of the Todmorden kindJohn Greenwood · News & Advertiser, Todmorden · 31 mai 1991 · Michael Grais prépare un film · reproduit dans UFO Newsclipping Service 266 · via l’Internet ArchiveUFO Epicentre!Amanda Harry · News & Advertiser, Todmorden · 21 mai 1993 · Sur le pilote Strange…But True? de LWT · reproduit dans UFO Newsclipping Service 288 · via l’Internet ArchiveAn Audience with Alan GodfreyJonathan Dillon · UFO Times (BUFORA) 32 · 1994 · La conférence de Godfrey au Lions Social Club de Todmorden, le 27 mai, avec la transcription d’une partie de sa première séance d’hypnose · via l’Internet ArchiveHarry Harris and the UFO evidenceJewish Telegraph · Début 1997 · Nomme les hypnotiseurs et rapporte la remarque sur « Yosef » · reproduit dans UFO Newsclipping Service 332 · via l’Internet ArchiveEx-policeman relives UFO close encounterKelly Thornham · Evening Courier, Halifax · 28 novembre 2002 · reproduit dans UFO Newsclipping Service 407 · via l’Internet ArchiveThe mysterious death of Zigmund Adamski: a re-investigationJohn Hanson, Dawn Holloway et David Sankey · UFOdata 14 · Mars/avril 2008 · Avec l’entretien accordé par Godfrey en 2008 sur le corps · via l’Internet ArchiveCritique : la série de Firefly sur les rencontres rapprochées britanniquesSteve Johnson · UFOdata 16 · Juillet/août 2008 · Résumé des entretiens avec Godfrey, John Porter, Andy Roberts et Mike Sacks · via l’Internet ArchiveDEFE 24/1564 · UFO reports, August–December 1980The National Archives, Kew · Dossier enregistré du ministère de la Défense, ouvert le 21 février 2007 · Notice du catalogueA Policeman’s Lot: Part 2Peter Brookesmith, David Clarke et Andy Roberts · Fortean Times 270 · Janvier 2011 · p. 46–49 · La date du dossier du ministère de la Défense et l’hypothèse du bus et de l’état de conscience modifié · via l’Internet ArchiveFlappy Valley: Part OneJenny Randles · Fortean Times 325 · 2015 · Le récit de Bob, le chauffeur de bus · via l’Internet ArchiveFlappy Valley, Part TwoJenny Randles · Fortean Times 326 · 2015 · La chronologie du bus et de la voiture de patrouille · via l’Internet ArchiveFlappy Valley, Part 3Jenny Randles · Fortean Times 327 · 2015 · Les réponses de Godfrey à la théorie du bus, et la botte fendue · via l’Internet ArchiveFormer policeman’s story of a close encounter with a UFO pulls in crowdsJonathon Dillon · Lancashire Telegraph · Fin 2014 · La conférence de bienfaisance de Godfrey à l’Hippodrome de TodmordenWho or What Were They? · Questions-réponses entre Jenny Randles et Alan GodfreyOuter Limits Magazine 11 · Fin 2017 · Sur le livre de Godfrey (Oz Factor Books, 5 octobre 2017) · via l’Internet ArchiveThe Alan Godfrey Abduction Case, 1980We Are the Mutants · 23 août 2017 · Sur la maison Futuro de Todmorden et l’apparition de Godfrey dans Breakfast Time en 1984An Audience with Colonel Charles HaltJonathon Dillon · UFO Times (BUFORA) 33 · Janvier/février 1995 · Halt et Godfrey réunis à l’affiche à Scaitcliffe Hall, Todmorden, le 29 juillet 1994 · via l’Internet ArchiveShaun Ryder on UFOs · Sightings and Strange CasesFiche d’épisode TVmaze · Saison 1, épisode 4 · Première diffusion le 1er décembre 2013That Time Heartbeat Did an Alien AbductionBlog d’auteur sur Goodreads · Sur l’épisode « Gone Tomorrow », ITV, 22 octobre 1995

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